‹ Archéologie du sud de l'IndeChapitre 23 sur 85 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L’exploit de Poulléar est d’avoir combattu le géant Guedjé- Mougâchoura (Gajamukhâsura) le démon à tête d’éléphant. Ce dernier avait obtenu le privilège de n’être vaincu ni par un animal, ni par un homme, ni par un Dieu, ni par un démon. Poulléar n’étant rien de tout cela, puisque c’est un être mi dieu, mi-éléphant, pouvait seul le combattre victorieusement.

Fig. 10. — Poulléar dansant.

Le géant brisa la défense droite du Dieu, mais celui-ci se servant de sa défense comme d’un javelot transperça Gajamukha qui se transforma en rat (yéli) et devint la monture (vâhana) de Poulléar.

Le Dieu est ordinairement représenté assis (fig. 9), mais quelquefois debout et dansant (fig. 10), et alors il

L ICONOGKAPHIE SIVAITE

porte le nom de KuKâdam-Pillaiyàr. Lorsqu’il est monté sur le rat, on l’appelle Akhuralha ou akhuvàhana. Son corps est obèse ; il est blanc sans doute à cause de la cendre de bouse de vache ; un serpent lui sert de ceinture, des grelots sont attachés à sa trompe et à ses oreilles. 11 a quatre bras ; d’une main droite il porte l’insigne appelé angoucham (ankusa) ; cet emblème n’est pas spécial au Dieu à tête d’éléphant, c’est un insigne sivaïte ; il est porté quelquefois par Siva et presque toujours par Pârvatî. Une des mains gauches tient la corde « pâcham » (pâça). Aussi Poulléar est ap[)elé Angousébachamêndi (celui qui porte angoucham et pacham).

La seconde main droite tient sa défense (en tamoul, tandam, du sanscrit danta) brisée par Gajamukha.

Enfin, la seconde main gauche porte un gâteau blanc fait de farine de riz (arizioundé), car le Dieu est friand de ces gâteaux, d’où son nom de Môdakapriyan.

L’extrémité de la trompe de Poulléar est toujours posée sur ce gâteau de riz.

Historique. — Les images de Poulléar ne sont pas extrêmement nombreuses dans les temples Pallavas. A Mavalipuram il n’y en a pas une seule. A Trichinopoly et à Vallam, il existe deux bas-reliefs sculptés sur des temples monolithes datant du vu® siècle et représentant ce Dieu. A Trichinopoly une grande image de Poulléar se trouve dans la cave qui est dépourvue d’inscriptions. 11 est représenté debout ; des Ganas l’entourent. Ses insignes sont peu visibles, car la pierre est elfritée et l’un de ses bras est brisé. Il est à côté de Soubramaniar près du sanctuaire de Siva.

A Vallam (PI. XVI, B), il est assis. Sa trompe est inclinée vers sa droite et non pas vers sa gauche comme de nos jours. 11 ne porte pas les insignes modernes u pâcham » et « angoucliam 0 ; il tient quelque chose d’imprécis qui est peut-être sa défense. Dans ces deux images il n’est pas accompagné de

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