CHAPITRE PREMIER
Viagrapadar ( Vyâghrapdda). — C’est un petit Dieu à pieds (padar) de tigre (viagra) (fig. 14). Le haut du corps est identique à celui de Padanjéli.
11 avait pour mission d’aller cueillir des fleurs pour Nadarâja ; afin qu’il ne soit pas piqué par les épines, les insectes, les serpents, etc.. Nadarâja lui donna des pieds de tigre.
Historique. — C’est peut-être Vyâghrapâda qui se trouve à droite du 1 6® bas-relief à l’extrémité est de la face sud de la cour du temple de Kâïlàsanâtha à Kanchîpuram (Voir A. Rea, P allav a Architecture, plate XXXVI, fig. 1).
Fio. 14. — Nandikêsvara, Padangéli, Viagrapadar, Briiigui.
Bringui-Maharouchi. — Ce Richi a le haut du corps pareil à ceux de Padanjéli et de Viagrapadar ; mais il est de bien plus haute taille ; ses cheveux sont nattés et relevés en touffes, son front porte les trois raies blanches de Siva, il a une barbe en pointe, il est orné de chapelets de grains de Hudrâksa (fig. 14). Souvent ses mains sont jointes dans la pose appelée Koumoudougouradou (en sanscrit anjali) ; mais souvent aussi il tient un bâton.
l’iCONOGBAPHIE SIVAÏTE 57
Le caractère distinctif de Bringui, c’est qu’il est très maigre et qu’il a trois jambes pour la raison suivante :
Bringui voulait adorer Siva, mais non point Pàrvatî. Celleci furieuse lui enleva toute sa chair, (1). Siva voyant que Bringui, n’ayant que des os, ne pouvait plus rester debout, lui donna une troisième jambe pour le soutenir.
Historique. — Dans aucune sculpture ancienne nous n’avons vu de personnage ayant trois jambes (2).
Karikal-Amméi. — On voit quelquefois dans l’entourage de Siva une femme extrêmement décharnée. Ce n’est pas, comme on pourrait le croire, la femme de Bringui. Elle s'appelle Karikal-Ammeï.
Karikal-Ammeï, déesse adorée à Karikal, portait le nom de Pounnidavadiar (Punîtavatî) et était la femme d’un brahme commerçant appelé Paramadattan.
Elle donna un jour à un mendiant une mangue qui était destinée à son mari. Quand celui-ci réclama le fruit, elle lui en donna plusieurs qu’elle obtint miraculeusement. Son mari, devant le prodige, vit en elle une Déesse et cessa de la considérer comme son épouse. Celle-ci, de désespoir, pria le ciel de lui enlever sa chair.
A Karikal, on commémore cette légende, au mois de juin, par la fête des mangues.
Nandikeçvara. — Nous avons dit qu’il ne faut pas confondre Richaba et Darmadévé, le taureau qui est accroupi devant le Lingam et celui qui sert de monture à Siva, avec Nandikeçvara. Ce dernier n’a que la tête du taureau : le reste du corps est humain. Il a quatre bras ; les bras d’arrière portent
(1) Il est admis que le corps humain est formé de deux substances ; la chair, qui est la partie féminine et l’ossature, qui est la partie n)asculine.
(2) On trouve souvent à Ellora (notamment dans la cave « Rameçvaram »)et à Radami (Cave n“ 1, bas-relief représentant ArdhanArî : Voir Fl. III, Rj un personnage, quelquefois accompagné de sa famille, complètement dépourvu de chair. Ce squelette, car il n’a que la peau sur les 08, n’est autre que Rringui.