CHAPITRE II
des éléphants, ami de Vichnou, passant près de l’étang fut retenu prisonnier par le crocodile qui lui saisit la patte entre ses dents. Mais le Seigneur descendit du Vaïkunthasur les épaules de l’oiseau Garouda, et frappant le crocodile avec le disque « chakram », il délivra le roi des éléphants (1).
(1) Bhàgavata Purâna. Traduction de Burnouf, Livre Vtll, chap. II.
1.. . It y avait une bette montagne, célèbre sous le nom de Trikùla...
2.. . ses trois sommets, l’un d’argent, l’autre d’airain, le troisième d’or, illuminaient la mer et les points de l’horizon.
b. Ses vallons étaient fréquentés par les Siddhas, les Tachâranas, les Gandharvas, les Vidyâdliaras, les Maliôragas, les Kinnaras et les Apsaras, qui s’y livraient à leurs ébats.
7. De nombreuses troupes d’animaux sauvages y remplissaient les vallées, des oiseaux à la voix harmonieuse y peuplaient les jardins des Dieux formés d’arbres de toute espèce.
14. Là se trouvait un lac étendu sur lequel se balançaient des lotus d’or...
19. Un jour, le chef d’une troupe d’éléphants, habitant des vallées de cette montagne, s’y promenait avec ses femelles...
22 Souffrant de la chaleur, accompagné d’autres éléphants et de leurs femelles, suivis de leurs petits...
2.3.. . il se précipita rapidement vers le beau lac, suivi de sa troupe qui souffrait de la chaleur.
24. S'y étant plongé, il but avec joie, en la puisant au moyen de sa trompe, cette eau pure, semblable à l’ambroisie et parfumée par la poussière des nymphæas et des lotus d’or, et il se délassa en y baignant son corps.
26. Un puissant crocodile, envoyé par le Destin, le saisit avec rage par le pied ; tombé ainsi par hasard en un danger pressant, l’éléphant robuste se défendit de toutes ses forces.
29. Enfin, cette longue lutte porte une rude atteinte au courage, aux forces et à la vigueur du roi des éléphants qui, entraîné par son ennemi, s’enfonça dans l’eau, tandis que les forces du crocodile ne faisaient que s’accroître.
30. Quand le roi des éléphants se vit ainsi tombé, sans s’y être attendu, dans une telle extrémité, perdant toute espérance et incapable de se délivrer lui-même...
Chap. III — 2. Le roi des éléphants dit : « Adressons notre adoration à Bhagavat... »
31. Ayant reconnu sa détresse et entendu sa louange, le Dieu dont l’univers est la demeure s’était dirigé en toute hâte vers l'éléphant; monté sur Garuda dont les hymnes védiques forment le corps, il portait
l’iconographie vichnouïte
Hutorique. — 11 est possible que ce sujet soit représenté dans un bas relief du VaïUuntha Perumal (A. Rea, Pallava Architecture^ plate LXXXIV, fig. 1) (1).
Les avatârs. — On appelle ainsi les descentes (avatàra signifie descente) de Vichnou sur la terre. On en compte dix principales :
Matchia, Courma, Varàgha, Narasimha, Vàmana, Parassourâma, Râma-Chandra, Bala-Râma, Krichna et Kaliki.
Ce n’est probablement que vers le xn® siècle qu’un certain nombre d’exploiis légendaires ont été groupés, catalogués et attribués à Vichnou. Cette classification méthodique des légendes fut très favorable au développement du vichnouïsme. 11 y a environ cinq de ces incarnations qui seraient demeurées presque inconnues des artistes, qui ne songeraient pas à les représenter, si elles ne faisaient pas partie delà série classique. Ce sont les avatars : Matchia, Courma, Parassouràma, Bala-Râma, Kaliki.
Les cinq autres peuvent se diviser en deux groupes : Varàgha, Narasimha et Vàmana occupent le premier rang dans l’iconographie des temples anciens. Les temples modernes sont couverts des sculptures se rapportant aux légendes de Krichna et de Râma-Chandra.
Quoi qu’il en soit, c’est un fait incontestable, que jamais
le ïchakra, et était suivi des Dieux qui le célébraient.
.S2. V^oyant en 1 air Hari monté sur Garuda, tenant le Tchakra et levant celle de ses mains qui portait le lotus, le malheureux animal, entraîné dans le lac par le monstre puissant, s’écria en ce danger : O Nàràyana, précepteur de l’univers, O Bbagavat, adoration à toi !
33. Hari, l’être incréé, voyant sa détresse, descendit aussitôt, et dans sa miséricorde il le retira du lac avec le monstre : puis fendant avec son Tchakra la gueule du crocodile, il délivra l’éléphant à la vue des Dieux.
(I) On le voit sur le côté nord du temple de Deogarli dans le district de Lalitpur ( Proviiices-Unies) (Rurgess. A ncicnls monuments of India, t. II, fig. 2o2). Mais dans cette sculpture c'est un serpent et non pas un crocodile qui retient prisonnier l'éléphant.
Remarquons enfin qu'il y a quelque ressemblance avec l’adoration de Bouddha par l’éléphant Nalagiri.