‹ Archéologie du sud de l'IndeChapitre 40 sur 85 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

la série des dix avatars ne se trouve représentée sur les temples antérieurs au xif siècle (1).

D’après la légende, les incarnations : Matchia, Courma, Varâgha, eurent lieu dansl’àge Krêtâyuga ; Narasimha, Vàmana, Parassurâma et Râmachandra dans l’âge Trétayuga ; Balarâma et Krichna dans l’âge Dvâparayuga ; enfin Kaliki aura lieu dans l’âge Kâliyuga.

1" Matchavataram (en sanscrit: Matsyaj. — Légende tamoule ; Les guerriers Madougadaïvar, habitant la région appelée Pâdàllalôgam, située au-dessous des eaux, avaient volé les 4 Védam de Brahmâ. Ce dernier ne pouvant aller les chercher au fond de l’eau, Vichnou s’incarna en poisson, vainquit les Madougadaïvar et rapporta les Védam (2).

(1) A Ellora dans la cave des « avatârs » et dans le Kaïlâsa on trouve des séries de bas-reliefs qui sont consacrés exclusivement à Vichnou. Or, on n’y voit jamais que quatre incarnations : Varâgha, Narasihma, Vâmana et Krichna.

(2) Bhàgavata Puràna, Liv. VIII, chap. XXIV. Traduction de Burnouf.

8. Pendant que le Créateur, désireux de se reposer, cédait au sommeil que lui amenait le temps, le puissant Hayagrlva ravit les Vèdas, qui, sortis de la bouche du Dieu, se trouvaient près de lui.

9. Le bienheureux Hari, qui est le Seigneur, connaissant ce que venait de faire le chef des Dânavas, Hayagrlva, revêtit la forme du poisson nommé Çapharî.

10. En ce temps-là, un certain Richi d’entre les rois, nommé Satyavrata, grand et tout dévoué à Nâràyana, accomplissait une pénitence qui consistait à ne se nourrir que d’eau.

11. C’est le même qui, naissant dans le Mahâkalpa actuel en qualité de fils de Vivasvat et sous le nom de Çrâddhadêva, fut élevé par Hari au rang de Manu.

12. Un jour que plongé dans la rivière Krîtamâlâ, il faisait ses libations, il arriva qu’un poisson de l’espèce dite Çapharî, se trouva dans l’eau que contenaient ses mains.

13. Satyavrata, qui était roi du Dravida, relâcha dans le fleuve le poisson qui était venu se jeter entre ses mains, en même temps qu’il y versa l’eau qu’il avait puisée.

14. Le poisson dit d’une voix lamentable au roi qui était doué d’une grande compassion : Comment, ô roi, qui as pitié des malheureux, m’a-

l’iconographie vichnouïte

On rencontre assez rarement la représentation de Matchia (fig. 23). La partie supérieure du corps du Dieu a gardé

Fig. 23. — Matchia et Gourma.

son aspect habituel, la partie inférieure seule a pris la forme d’une queue de poisson. Nous n’avons jamais vu cette image sur les temples anciens.

2° Courma (en sanscrit; Kûrma). — Le barattement de la

bandonnes-tu ainsi, pauvre et timide, dans l’eau du fleuve, me livrant aux gros poissons qui dévorent ma race ?

15. Ignorant que c’était un Dieu, qui, pour lui témoigner sa faveur, avait pris plaisir à revêtir la forme d’un poisson, le roi ne songea qu’à sauver le petit animal.

16. Il n’eut pas plutôt entendu sa prière lamentable que, touché de compassion, il le plaça dans beau de son vase, et le transporta dans son ermitage.

17. L'animal y prit un tel développement en une seule nuit, que ne trouvant plus de place dans le vase, il parla ainsi au roi de la terre :

18. Je ne puis plus rester ainsi misérablement enfermé dans ce vase ; prépare-moi une habitation plus large, pour que j’y puisse demeurer à l'aise.

19. Le roi l’en retira pour le placer dans l’eau que contenait une jarre ; dès que le poisson y eût été introduit, il grandit de trois coudées dans l’espace d’une heure.

20. Cette jarre, ô roi, n’est pas assez large pour que j’y demeure à mon aise ; donne-moi une place plus vaste puisque j’ai cherché un asile auprès de toi...

23. Le roi, d’après cet avis, le porta successivement dans les lacs

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