‹ Archéologie du sud de l'IndeChapitre 5 sur 85 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

guirlandes d’une sorte de jasmin, appelées en tamoul zambac, ou mougri (du sanscrit mudgara).

Siva est très favorable à ceux qui fleurissent le Lingam :

1 origine de la tète de Siva-ràttry (nuit de Siva) en est une preuve.

Le boya (chasseur) Sivagossariar avait tué dans les bois une telle quantité d’oiseaux que la difficulté de transporter un si lourd lardeau l’avait empêché de regagner la ville de Varanachy avant la nuit. Pour ne pas être dévoré par les bêtes féroces, il monta avec son gibier dans un arbre vépou (margousier) .

Sivagossariar dormit mal, car c’était la nouvelle lune du mois palgouna (mars) et la nuit était froide. En s’agitant dans l’arbre, il fit tomber des fleurs, des feuilles, des fruits et des gouttes de rosée sur un Lingam qui se trouvait au pied de l’arbre.

C’est à cause de celte circonstance fortuite que des grâces surnaturelles lui furent accordées (1).

Tirouanècaval. — Dans le temple de Jambukeçvara on vénère l’image de l’adoration du Lingam par un éléphant (PI. II, A). Au pied d’un arbre, l’éléphant arrose <à l’aide de sa trompe un Lingam que Pârvatî orne de fleurs.

Rdma-Lingam. — Lorsque Râma, Sîtâ, Laksmanà et Hanumat, traversèrent l’ile de Ramegvaram après la défaite de Râvana, ils adorèrent le célèbre Lingam appelé Râmanada-Souami (Dieu de Râma), qu’Hanumat avait rapporté du Gange, et l’ornèrent de guirlandes de fleurs (PL 11, R) (2).

Rïslorïque. — Nous n’avons jamais vu Râma-Lingam re-

(1) Le Musée Guimet possède un panneau de char qui représente cette scène.

(2) Le sanctuaire de Rameçvaram est un lieu de pèlerinage très illustre. Certains « pandarams y appelés « Kàchi-caoris » font le voyage de Rameçvaram pour y porter, avec une dévotion toute particulière, un peu d’eau du Gange.

L ICONOGRAPHIE SIVAÏTE

présenté sur aucun temple ancien. Il est probable que c’est une légende locale qui ne doit pas être antérieure au xm® siècle.

Siva sortant du Lingam. — La présence réelle de Siva dans le Lingam est établie par plusieurs légendes dont les deux plus célèbres sont ; celle de Kan nappa et celle de Markârida.

Kannappanayanar-Pourânam. — Le chasseur Tinnèrie, poursuivant un jour un sanglier, arriva au bord de la rivière Ponnémogaliar. Un petit temple de Siva était bâti sur une colline, près de cet endroit. Tinnène accompagné de Kàddène, un autre chasseur, visita ce temple. Ayant toujours habité la forêt, il ne connaissait rien des choses de la religion, et lorsque son ami Kaddène lui eût expliqué que la divinité était incarnée dans le Lingam, Tinnène sentit naître en lui une piété ardente. Tous les jours qui suivirent il offrit au Dieu de l’eau, des fleurs, et même de la viande, puisqu’il ignorait les règles du culte. Un jour il vit que des gouttes de sang coulaient d’un œil du Dieu (1 ). Le jeune Tinnène pensant que des méchants l’avaient crevé, arracha un de ses propres yeux pour remplacer celui que Siva avait perdu.

Le lendemain Tinnène vit que des gouttes de sang coulaient du second œil. Alors il voulut, à l’aide d’un couteau, enlever Tunique œil qui lui restait. Mais ses deux mains étaient nécessaires pour cette ablation, et comme après avoir perdu la vue il n’aurait pu retrouver sur le Lingam la place de Tœil pour y mettre le sien, il plaça son pied chaussé à cet endroit. 11 allait enfoncer le couteau dans son œil (fig. 2) lorsque Siva, sortant du Lingam, lui arrêta le bras.

Dans la suite Tinnène fut comblé de bénédictions et reçut

(1 ) Le visage de Siva est quelquefois dessiné sur le Lingam.

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