CHAPITRE II
que Râma fût banni et exilé dans la forêt. Cet exil dura douze années. Râma avait supplié sa femme Sîtâ de ne pas l’accompagner, mais elle refusa de l’abandonner. Lask' mana, second fils du roi, se joignit à eux, et tous trois se réfugièrent dans une grotte. Des démons (sanscrit ; ràksasa) infestaient cette forêt de Dandaka ; Râma en tua quatorze mille. Râvana, roi de Lanka, pays des démons, furieux du massacre, résolut de se venger en enlevant Sîtâ. Pour éloigner Râma il usa de subterfuge. Un de ses compagnons, Mâritcha, prit la forme d’une gazelle couleur de feu et excita le désir de Sîtâ. Râma, sur les instances de sa femme, s’élança â la poursuite de l’animal et le transperça d’une flèche. Mâritcha frappé à mort reprit sa forme humaine et appela à grands cris Laksmana qui, croyant son frère en danger, partit aussitôt à son secours. Sitâ restait seule dans la grotte. Râvana déguisé en ascète se présenta devant elle et essaya, mais en vain, de la séduire. Alors, furieux, il prit une forme démoniaque et l'enleva dans un char aérien. Un vautour nommé Jatâyus, ami de Râma, fond sur le ravisseur pour l’arrêter, Râvana le blesse mortellement. Cependant Lakshmana et Râma ne trouvant plus Sita sont pris d’inquiétude, et partent à sa recherche dans la forêt. Ils rencontrent le vautour expirant qui leur révèle le crime de Râvana et la direction qu’il a prise. Les deux frères s’élancent à la poursuite de leur ennemi. Ils font bientôt la connaissance de Hanumat, général de l’armée des singes et de Sugrîva, prince simien qui avait été détrôné par son frère Rali. Râma désirant les entraîner dans sa lutte contre Râvana les aide d’abord à combattre Bali. Celui-ci est tué d’une flèche lancée par Râma. Sugrîva reconnaissant entre en campagne contre Râvana avec l’armée des singes tout entière. D’abord Hanumat est chargé de s’assurer que le roi de Lankâ a bien amené sa captive dans son palais. D’un bond, le fils du vent franchit le bras de mer qui sépare l’Inde de l’île de Lankâ. Il rencontre Sîtâ la nuit dans les jardins, lui remet l’anneau de Râma et lui annonce qu’on va
l’iconographie VICHNODiTE
la délivrer. Il se précipite ensuite à travers les rues de la capitale une torche enflammée atlachée h sa queue, et il incendie toutes les maisons ; puis d’un seul élan il retourne dans rinde. Hanumat se présente devant Rama et lui dit: « J'ai vu Sitâ ». — Ràma, Lakshmana, Sugrîva et Hanumat se préparent à attaquer Lankâ, .Avec des blocs de rochers, l’armée des singes construit un pont sur le détroit. De nombreuses batailles sont livrées entre les singes et les Râkshasas. Enfin Râma, dans un combat singulier, est vainqueur de Ràvana, le géant aux dix têtes.
Ràma (dont on commémore la naissance par la fêle Sri- Râma-Noami) est représenté (PI. XXI, A) comme un guerrier. II tient de la main gauche un arc (en tamoul, villou) qui porte les noms de Sàranga (en sanscrit, Çârriga) et de Kôdanda(aussi le Dieu est appelé Sàraiigapàni etKôdandaràma), de la main droite il lient une flèche (ambou) ; un carquois (amoratoni) est accroché à son épaule droite ; sa tête porte la tiare (kridam) et ses pieds sont chaussés de sandales de bois (sadhâ). Sa couleur est toujours verte. A ses côtés se trouvent Sîtâ son épouse, qui tient à la main une fleur de lotus, Latchoumana (en sanscrit : Laksmana), son frère, qui porte un arc et une flèche et le singe Hanoumân (en sanscrit : Hanumat).
Hanouman est, lui aussi, de couleur verte. On représente ce fils de Pavana (le vent) tantôt les mains jointes (Koumoudougouradou, anjali) tantôt assis sur sa queue enroulée en hélice (codicambon), tantôt portant Sandjivi pour guérir Ràma et Latchoumana. La légende est la suivante :
La plante appelée Moulligaï a la propriété de guérir les malades et de ressusciter les morts. Elle croît sur la montagne d’Imayaguiri. Hanouman ne pouvant reconnaître celle plante au milieu des autres, enleva la montagne tout entière (PI. XXXI, R).
Beaucoup d’épisodes du Ràmàyana sont traités par l’iconographie moderne. Les principaux sont :