CHAPITRE II
11 semble que le culte de Rama se répandit dans le Sud de rinde à l’époque de Bijanagar et peut-être sous l’influence des princes de ce royaume. Le singe-Dieu Hanoumân est, de nos jours encore, la divinité protectrice de la cité de Bijanagar.
8“ Balapatren (sanscrit : Balabhadra) ou Balarâma. — Vichnou s’incarna en même temps dans les deux fils de Vasudêva et Dêvakî : Balarâma l’aîné, et Krichna le cadet.
Balaràma n’est donc qu’une portion (ansa) de divinité.
Son principal exploit est d’avoir vaincu le géant Vroutarassourer.
Nous n’avons jamais rencontré son image dans les temples antérieurs au xiii® siècle. De nos jours on ne le représente que dans la série des incarnations.
Fig. 27. — Balarâma et Kaliki.
L’emblème distinctif de ce Dieu, c’estla charrue (en tamoul, Kalapé) (fig. 27). Aussi Balarâma porte-t-il les titres de : Râma-Lângalî (qui tient une charrue), Haladhara (qui porte
époque.
Sur la face méridionale du Kaïlàsa se trouvent deux bas-reliefs dont le sens est clair ; l’un représente un combat de singes, où il faut voir la lutte des deux frères Bali et Sugrîva ; au-dessous on voit la mort de Bali,et deux personnages peuvent être identifiés avec Ràma et Lakshmana, Râma n’apparaît ici que comme un simple héros. L’autre a pour sujet l’enlèvement de Sîtâ ; Ràvana emporte dans l’espace un char où se trouve Sltâ. Le vautour (Jatâyus) se précipite à sa poursuite et le géant
l'iconographie VICHNOU'lTE gS
un soc de charrue), Kalâyoudha (qui a fait son arme d’un soc de charrue), Sankarshana (qui laboure les armées).
A la place de Balapatren, on cite parfois comme 8® incarnation de Vichnou tantôt Bahouda (qui n’est autre que Gautama), tantôt Veguttva avatâra (la pluralité des incarnations) qui combattit les ja'inas et les bouddhistes avec l’aide des Pannirandu Ajvâr (les douze apôtres) dont nous avons parlé précédemment.
9° Krichna. — Le héros du Mahâbhârata n’est pas moins connu que celui du Bâmayana. Krichna (en tamoul Kirouchna, du sanscrit Krsna, le noir), de race Yàdava (descendant de Yadu), eut pour père Vasoudêva et pour mère Dévégui (en sanscrit, Devakî). Son oncle Concha (en sanscrit, Kaniça) voulait le faire périr, mais il fut sauvé miraculeusement et échangé contre la fille d’Assoda'i (en sanscrit, Yasodà) (1), épouse du berger Nanda.
se retourne pour frapper l’oiseau d’un coup mortel (PI. XXXII, B).
Ce bas-relief est très remarquable par la particularité suivante : Le géant qui enlève Sitâ sur un cbar aérien n’a qu’une seule tête. Est-il donc permis de dire que c’est le même personnage qui, au-dessous du Ka'ilâsa(Pl. XIV, A), est toujours représenté avec dix têtes et vingt bras ?
(1) Brâgavata Purâna (traduction Eugène Bournouf), liv. X, chap. I. — 27. Il y avait autrefois à Matliurâ un chef des Yadus, nommé Çûrasêna, qui fit de cette ville sa résidence et qui régnait sur le pays des Mathuras et sur celui des Çûrasênas.
29. Or il arriva que V^asudêva, fils de Çûra, y vint prendre femme. 11 était monté sur son char et il allait partir avec Dêvaki, sa nouvelle épouse.
30. Lorsque Kamsa, fils d’Ugrasêna, voulant être agréable à sa sœur, prit les guides en main au milieu d'une escorte de plusieurs centaines de chars d’or.
34. Chemin faisant, pendant que Kamsa tenait les rênes, il entendit une voix mystérieuse qui lui dit : le huitième enfant de celle que tu conduis là te mettra à mort, ô insensé !
35. A insi dit la voix, et le méchant, le pervers Kamsa, opprobre de la famille des Bhôdjas, se précipitant sur sa sœur pour la tuer, brandissait déjà son épée d’une main, et la tenait de l’autre par les cheveux.
30. Lorsque, pour apaiser ce prince impitoyable, éhonté, prêt à com-