‹ Archéologie du sud de l'IndeChapitre 63 sur 85 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

« Chap, XVI. 4. Kâliya occupait dans le Kâlindî (la Yamunâ un lac dont le feu de son venin faisait bouillonner les eaux, et où tombaient les oiseaux qui s’aventuraient au-dessus.

« 6. Krichna, qui descend ici-bas pour châtier les méchants, voyant l’énergie, les effets foudroyants, irrésistibles du poison dont le serpent souillait la rivière, monta sur un kadamba très élevé, et de là, défiant le monstre et se ceignant les reins, il plongea dans l’eau empoisonnée.

« 9. Pendant que le beau et jeune héros, aussi gracieux que le nuage, paré du Çrîvatsa, vêtu d’une robe jaune, et le visage épanoui par le sourire, se jouait avec insouciance en agitant ses pieds pareils au calice du lotus, le serpent le mordit de rage aux sources de la vie et le couvrit de ses anneaux.

(' 24. Comme le corps de Krichna, en se gonflant, causait des souffrances atroces au serpent qui le tenait enveloppé dans ses replis, celui-ci, lâchant prise et hérissant ses crêtes avec fureur, se mit à siffler en dirigeant sur Hari le fluide empoisonné de ses narines, ses yeux fixes, pareils aux trous d’une poêle à frire, et sa gueule où brillait un tison ardent.

«25 H promenait sa langue fourchue sur les deux coins de sa gueule et tenait tout grands ouverts ses yeux d’où jaillissait un feu empoisonné, pendant que Krichna le harcelait de tous côtés, en se jouant comme fait le roi des oiseaux. Le serpent, s’agitant en tous sens, cherchait à le surprendre.

« 26. Quand Kâliya eut épuisé ses forces à tourner ainsi, le (Purucha) primitif, pesant sur les nuques renflées du monstre, se dressa sur ses larges crêtes, et, colorant d’un rouge ardent le lotus de ses pieds divins au contact des pierreries innombrables des têtes du serpent, il se mit à danser en maître consommé dans tous les arts.

» 28. Chaque fois qu’une tête du monstre aux cent têtes proéminentes refusait de se courber, le héros armé du châtiment contre les méchants l’écrasait sous ses bonds, ô roi, tandis que le serpent, se roulant en tous sens, à demi-mort, et rendant des flots de sang par les gueules et par les narines, tombait dans le trouble le plus profond.

L’iCONOCaAPHIE VIGHNOUÏTE

« 29. Chaque tête qu’il redressait en vomissant le poison par les yeux et en poussant avec rage un sifflement aigu, Krichna la faisait ployer, la maîtrisait sous le mouvement cadencé de ses pieds ; tel l’antique Purucha que les hommes honorent ici-bas par des pluies de fleurs.

« 30. Lorsque sous les bonds effrénés de sa danse merveilleuse il eut mis en pièces les crêtes du serpent, pareilles à une ombrelle, et brisé ses membres, celui-ci, ô roi, rejetant des flots de sang par toutes ses gueules, se souvient du précepteur des mondes mobiles et immobiles, de l’antique Purucha, de Nârâyana, et il recourut à lui par la pensée.

« 66. Après qu’il eut ainsi honoré le maître des mondes et qu’il se fut concilié le Dieu qui a nom Garuda pour symbole, il tourna autour de lui, le salua avec joie.

«67. Et, suivi de ses femmes, et de ses fils, il se rendit avec sa permission, dans l’île de Ramanaka. Au même instant, les eaux de la Yamunâ cessèrent d’être empoisonnées et prirent la douceur de l’ambroisie.

Gopïkâ-Y aslrâpaharanam (enlèvement des babits des bergères), — Scène appelée aussi Jala-Krîdâ (les jeux de l’eau) (PI. XXXV, B).

Bhâgavata Purâna (Traduction deBurnouf).

« Chap. XXII. 1. Çuka dit: Durant le premier mois de l’hiver, les jeunes femmes du Parc de Nanda célébrèrent en l’honneur de Kàtyâyanî (Durga) de pieuses observances, pendant lesquelles elles ne vécurent que de graines sauvages.

» 2. Elles se baignaient dans les eaux de la Kâlindî (la Yam unà) et, dès les premières lueurs du soleil, faisant au bord de l’eau une image de la Déesse avec le sable de la rive, elles l’adoraient, ô roi !

« 8. Le bienheureux Krichna, le maître des maîtres du Yogâ, approuvant leur pensée et voulant leur assurer le fruit de leur sacrifice, se rendit à cet endroit avec ses camarades.

« 9. 11 enleva les vêtements des jeunes femmes, monta <i la hâte sur un arbre nîpa, et, tout en échangeant des sourires avec ses amis, il dit en plaisantant :

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