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CHAPITRE II

« 10. Femmes, venez ici, et que chacune prenne, comme elle voudra, les vêtements qui sont à elle. C’est sérieusement que je parle, je ne plaisante pas, car vous êtes exténuées par le jeûne.

« 12. A ces espiègleries de Krichna, les bergères, dont le cœur débordait d’amour, honteuses et se regardant entre elles, souriaient sans sortir de l’eau.

« 13. Pendant que Gôvinda parlait ainsi, les jeunes femmes, dont ses plaisanteries avaient ravi les cœurs, plongées dans | l’eau froide jusqu’au cou, lui dirent en frissonnant:

« 14. Allons, pas d’inconvenances ! Nous savons qui lu es, ô enfant ! lu es le fils chéri du berger Nanda, et tous chantent tes louanges dans le Parc. Donne-nous nos vêlements ] nous greloKons.

« 15. 0 toi dont le teint foncé relève la beauté, nous sommes tes esclaves, et ce que tu as dit, nous voulons le faire. Donne- | nous nos vêtements, loi qui connais le devoir; sinon nous porterons plainte au roi.

« 16. Bhagavat dit: Si vous êtes mes esclaves, si vous | voulez faire ce que j’ai dit, venez prendre vos vêlements, ô belles au pur sourire. !

« 1 7. Alors toutes les jeunes femmes, frissonnant de froid, 1 sortirent de l’eau en couvrant leur nudité des deux mains et i en se ramassant sur elles-mêmes sous l’impression du froid. t

« 18. Le Bienheureux, voyant qu’elles avaient été légèrement blessées fut gagné par la pureté de leurs sentiments, il I mit leurs vêtements sur une branche et il leur dit avec un t sourire affectueux : j

U 19. Vous avez offensé les Dieux en descendant toutes | nues dans l’eau pendant le temps de vos observances pieuses ; j pour effacer votre péché, joignez les mains sur vos têtes et J inclinez-vous profondément et emportez vos robes. ■

K 21. Alors les voyant prosternées devant lui, le bienheu- ^ reux fils de Dêvakî, touché par celte marque de soumission, j leur rendit leurs vêtements avec bonté. >

l’iconographie vichnouïte

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« 22, Il s’était grossièrement moqué d’elles, il leur avait fait dépouiller toute pudeur, il s’était joué d’elles, les faisant mouvoir comme des marionnettes et leur enlevant leurs vêtements ; cependant elles ne lui en surent pas mauvais gré, tant leur bonheur était grand d’être si près du bien-aimé.

« 23. Elles revêtirent leurs robes et, prêtes à s’unira l’objet de leur amour, le cœur occupé de lui seul, elles ne bougeaient pas et tenaient leurs yeux fixés sur lui avec pudeur. »

Govardanaguiri. — (Krichna supportant la montagne Govardhana).

Bhâgavata Puràna (Traduction Bournouf).

« Cbap. XXIV. 1. Pendant que Bhagavat résidait dans le Parc en compagnie de Baladêva, il vit un jour les bergers occupés aux préparatifs d’un sacrifice en l’honneur d’Indra.

K 2. Bhagavat savait bien ce qu’ils faisaient, étant l’âme universelle et Celui qui voit tout ; s’inclinant avec respect devant Nanda et les autres vieillards, il leur adressa cette question :

« 3. Dis-moi père, pourquoi l’agitation qui règne parmi vous ? Quel en doit être le fruit ? A quelles prescriptions obéissez-vous? Avec quoi célébrez-vous ce sacrifice?

« 8, Nanda dit : Le Bienheureux Indra est le Dieu de l’orage, et les nuages sont ses formes sensibles ; ce sont eux qui répandent sur les êtres l’eau qui les fait vivre et respirer.

<* 12. Ainsi parlèrent Nanda et les autres habitants du Parc. Après les avoir entendus, Kêçava, qui voulait pousser Indra à bout, dit à son père :

« 13. Qu’importe Indra aux êtres de ce monde, puisque chacun y subit l’influence de ses œuvres, puisque Indra ne peut rien changer au lot que le Naturel assigne aux hommes?

« 1 7. Si la créature s’unit à des corps d’un ordre inférieur ou d’un ordre su|)érieur, si elle les quitte, c’est en vertu de l’œuvre. L’œuvre est pour elle l’ennemi, l’ami est l’indiflérent, c’est le gourou, c’est Içvara.

« 18. .^insi c’est l’œuvre que doit honorer la créature qui se fait â elle-même sa destinée eu obéissant au Naturel. La

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