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CHAPITRE IV

x\oiis ferons tout d’abord une constatation importante : l’i- j conographie prouve qu’au vu® siècle dans le sud de l’Inde, | l’hindouïsme formait une religion unique.

On pourrait croire, par exemple, qu’à l’époque Pallava, i la religion était exclusivement sivaïte, etque le vichnouïsme i ne s’est introduit que plus tard dans le sud de l’Inde.

piliers sont ornés de slaLues d’hommes et de femmes qui servent de consoles et de cariatides.

Or la cave appelée Rameçvaram à Ellora a sa façade ornée de pilieis très analogues.

Comme d’autre part la cave « Rameçvaram » paraît être une des plus anciennes des caves brahmaniques d’Ellora, nous pensons qu’elle doit dater du vi® siècle, (t’est probablement à la même époque qu’a été ! sculptée la cave « des Avatars » et la cave « cendres de Râvana » (Ra- i van-ka-khai).

Les bas-reliefs d Ellora nous permettent de savoir assez exactement l’état de Thindouïsme à cette époque. Il y a en effet certains sujets qui <

sont répétés à satiété. La piété du sculpteur lui fait perdre te souci de i

la variété. Aussi est-il facile de connaître quelles sont les légendes fon- ji

damentales. |

A Ellora le sivaïsme est prépondérant ; le Lingam occupe presque ii;

tous les sanctuaires. Les quatre sujets suivants : Siva dans le Kaïlàsa, |

au dessous duquel se trouve Râvana, mariage de Siva et de Pârvatî, j|

Siva se couvrant de la peau de l’éléphant, Siva dansant — sont les |

grands leit motiv d Ellora On voit souvent les mères assises en longue rangée ainsi que Rringui Maha-Rouchi et sa femme ; Poulléar portant une fleur et une hache, et plus rarement les légendes suivantes ; Siva sortant de la colonne, Siva sortant du lingam, Siva sur son char, Siva et Ganga, enfin Kâli et Mahichasura. Certains sujets sivaites fréquents dans les temples Pallavas ne se voient nulle part à Ellora : par exemple Soumaskanda et Bitchandi (Siva mendiant).

II n’y a guère qu’une cave qui soit dédiée à Vichnou (cave n® 27), et ■ elle est peu importante. Les légendes de Vichnou sont cependant représentées dans les caves sivaites.

Ces sujets sont les suivants : Varâga, Vâmana, Narasimha, Ranga- ij nada, Vichnou monté sur Garouda, et Kricbna seulement dans les k

deux légendes de la montagne Goverdhana et du serpent Kalinga. Ces sujets sont les seuls de la légende de Vichnou. Il semble donc que les autres sujets vichnou'ites étaient inconnus ou considérés comme d importance secondaire.

HISTOIKli DK LA KELIGIO.% D Al’ilKS L IGOAÜGKAPHIE 101

Nous admettrons au contraire que depuis quatorze siècles les hindous, en manifestant, selon les cas, une préférence pour telle ou telle divinité, vénèrent cependant tous les Dieux.

11 est vrai que dans les temples de Vichnou les images sivaïtes sont plutôt rares, et réciproquement, mais cela revient à une question de préséance, de hiérarchie, et il s’agit seulement de savoir qui de Vichnou ou de Siva doit être considéré comme Dieu suprême.

L’iconographie nous montre que depuis le vu® siècle on trouve les images de Siva, Vichnou, Indra, Brahma, etc. , non seulement sur le même monument, mais dans un même basrelief.

La disposition des sculptures dans la cave sans inscription de Trichinopoly peut donner à notre avis une idée de l’état de la religion dans le Carnatic au vu® siècle. La tigure 38 montre le plan de cette cave.

Des deux côtés de l’entrée se trouvent deux sanctuaires qui sont placés vis-à-vis l’un de l’autre et qui sont précédés d’un petit péristyle : le sanctuaire de gauche est consacré à Siva et celui de droite à Vichnou.

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