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CHAPITRE V

COSTUMES. ~ STATUES, - CHARS, etc.

§ 1. — Le cordon brahmanique.

De nos jours, les brahmes et la plupart des Hindous qui sont dits « castés », portent en bandoulière, une sorte de cordon formé de plusieurs (ils, qui entoure le corps : il est soutenu par l’épaule gauche et pend au-dessus de la hanche droite.

Ce cordon est formé de plusieurs fils (avant le mariage, il est composé de trois ficelles formées chacune de 9 fils, et après le mariage 9 ficelles formées chacune de 9 fils) qui sont pour les brahmes des fils de coton tressés à la main.

A la hauteur du cœur, ces fils sont réunis par un nœud appelé Brahmâmoudi (nœud de Brahmâ)

On l’appelle en tamoul, pounoul; — en sanscrit, upavita.

Quelle est la signification du pounoul ?

L’abbé Dubois a écrit: « Les brahmes et les autres personnages qui ont droit de porter ce cordon y attachent plus de prix et s’en montrent certainement plus fiers que ne le font en Europe les grands que leur naissance ou leurs services autorisent à porter des décorations analogues à celle-là, quant au nom générique. »

On confère le pounoul aux enfants âgés de 7 à 9 ans.

La cérémonie de l’investiture du triple cordon, appelée oupanayana est décrite longuement dans l’ouvrage de l’abbé J. -A. Dubois [Mœurs des peuples de l'Inde, H® partie, chap. 1®Q.

COSTUMES. — STATUES. — CHAHS, ETC. iSg

On peut se demander quelle est l’histoire du cordon brahmanique d’après les anciennes sculptures hindouistes.

L’examen attentif des bas-reliefs datant des époques de Madura, de Bijanagar, Pandya et Chola permet d'énoncer un principe rigoureux. Depuis le x® siècle jusqu’à nos jours, les divinités brahmaniques qui sont représentées sur les temples portent toutes le pounoul d’une façon à peu près identique à la manière actuelle ; c’est un cordon, qui, posé sur l’épaule gauche, tombe sur la hanche droite. A la hauteur du cœur on voit le nœud de Brahma.

11 suffît d’examiner les statues qui ornent les temples Cholas (Tanjore, Gangaïcondapuram) pour s’assurer qu’aux X® et XI® siècles le pounoul n’était pas sensiblement différent de ce qu’il est aujourd’hui.

Il n’en est pas de même dans les temples Pallavas du vu® siècle ; à Trichiuopoly, à Mavalipuram.

Nulle part on ne voit ce pounoul qui pendant dix siècles d’iconographie, c’est-à-dire du x® siècle à nos jours, est un cordon, un simple « (il ».

Quelquefois le cordon est remplacé, soit par un large ruban, soit par une écharpe. Mais le cas le plus général est le suivant: un rouleau souvent assez gros est posé sur l’épaule gauche et tombe vers la droite, quelquefois sur la hanche, mais le plus souvent sur le bras droit, à la hauteur du coude.

La figure B, planche XLIII, est un exemple de ce dernier cas, qui est extrêmement fréquent dans les sculptures du vu® siècle. Le personnage représenté sur la figure a le bras levé, et on voit nettement que ce rouleau tombe sur le bras et non pas sur la hanche.

Nous ferons l'hypothèse suivante : « ce rouleau n’est autre que le pounoul », et pour légitimer cette assertion, nous ferons remarquer que ce rouleau présente toujours un étranglement à la hauteur du cœur, précisément aux lieu et place du nœud de Brahma.

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