‹ Archéologie égyptienne (volume 2)Chapitre 18 sur 68 · AUX MOTS · texte numérisé non relu

AUX MOTS

METAT0NTE2 et META TI G EN TES.

Mr. Letroime dit : „la synonymie des deux „ premiers mots : pevccyorveg xai uezaziQ'tvicÇ , est „ difficile, et le sens est obscur-, mais on devine „ qu’il s’agit de transposition , comme serait ,, telle partie d'un objet transportée sur un autre, „et de changement de forme. “

Je dois croire , sans trop de présomption , que les mots ,,on devine ,“ font allusion à la note dont j’ai accompagné le mot du texte : égvJldzzovzeç, et au sujet duquel j'ai dit, qu ilnous donne Vidée d’une alteration partielle, comme celle de l image d'un homme à tête d oiseau. (1) Or, si je n’eusse pas vu une telle image et autres semblables tirées des monumens Egyptiens, comment aurais -je pu deviner , sans la présente des mots fiezâyorzzg y.a) utzariÜévzcÇ , que le mot èÇalXârv ovtsç, qui n’exprime qu’une altération ou changement quclconrjue , se rapporte, dans

(1) 0|>usc. Arcliéogr. page 4. note 2.

Questions sur les tropes. 6 J

le passage de Clément , à la transposition partielle d’une figure sur une autre ?

Du reste , quelle que soit la concision de ce passage , remis en discussion par Mr. Letronne, on concevra difficilement que le sens des deux premiers mots, ptzayovveç et uezazid'évzeç , eût pu être obscur a ses yeux, et qu’il eût besoin de le deviner , conséquemment à ma note, si, dans ce travail obligé , il eût soumis la question a ta sagacité cpii règne dans tous ses travaux spontanés. Las de revenir pour la troisième fois sur ce passage, le savant helléniste s’est arreté à la surface des expressions; cette conjecture esi la seule qui puisse explicfher ses incertitudes et rendre raison des inconséquences peu communes qui résultent de son Commentaire , mis en contact avec sa nouvelle version du passage des Stromates.

Est-il vrai d’abord, que les mots pezayovzeç et fiexazid'tvzeç offrent une synonymie , et que leur sens soit obscur et difficile , ainsi que l’affirme Mr. Letronne, qui se plait à deviner ce dont il s’agit P Et , s’il est de fait que le thème ayoi est susceptible de plusieurs acceptions , ne doiton pas , en bonne critique , y chercher celle qui peut éclairer la question, au lieu de soutenir que Clément d’Alexandrie ait été assez maladroit

pour employer, dans un exposé aussi succinct, deux mots synonymes qui n’auraient servi qu’à rendre la question plus obscure ? de placer ainsi cet archéologue dans l’étrange attitude d’avoir été diffus dans une donnée aussi laconique !

J’aborde les acceptions du thème ayiu avec ses variantes grammaticales.

a. "Ayo) signifie avant tout : conduire, mener,

AMENER, EMMENER, EMPORTER, ENLEA ER ; SCS

autres acceptions ne sont que secondaires et conséquentes à ces acceptions directes.

b. Aywyrji action de conduire, d’AMENER, de TRANSPORTER, etc.

c. Et chez Hésychius , r ç 6 n o ç , âvaççoq)?] — odoç , TToqeta: ces deux dernières acceptions se référant directement ad b , et les deux premières offrant une acception secondaire. Or, xqôtioç , mis en contact aA^ec dvaçqoyij, et pris ici pour TQoni ), signifie l’action de détourner , de changer', conversion , mutation, de même que le mot âvaçQoq>')\ qui le suit immédiatement — et, dans Hésychius, le mot zqotit] est expliqué par âlloiMOLÇ, changement%

d. /uexaywyi): action de transférer, transport, comme àycoyr ) (ad b.)

e. fjLEzayw: faire passer, transporter.

Je donne toutes ces acceptions pour faire en-

QUESTION SUR LES TROPES

trevoir à la critique que, si elle ne voulait s’attacher qu'à celles qui sont secondaires , les quatre verbes de la donnée de Clément pourraient n’offrir, tous quatre, qu’une synonymie. En effet, aywyrj, donné par Hésychius, comme identique de tqojioç (pour TQOJirf) et âvaççocpi), qui signifie conversion et changement, se confondraient nécessairement avec nevdd-eoiç , qui signifie aussi transposition et changement. Or, les termes âyojyi], r no ni), aXloiaioig (chez Hés jchius), nous ramèneraient à èÇaXloio ui, qui signifie altérer, rendre autre, changer, dénaturer — acceptions identiques à celles du troisième mot du passage: èçaXlâvT co, lequel mot se confondrait avec le dernier terme fievao y rj y, az i'Ç ai, plus explicite par son thème o y y fia, forme , figure , mais équivalant aux trois premiers mots génériques qui le précèdent dans la donnée en question; de manière que les quatre mots de cette donnée : fitxàyovxfç et fucavi d'tvtcç — t^aXXdvrovTeç et fiexaoyrjuaTÎ^ovTeç , viendraient s’identifier et se confondre avec le mot r çénto, signifiant aussi changer, métamorphoser: d’où il résulterait nécessairement que les quatre mots en question, destinés à expliquer les procédés figuratifs exprimés par le mot roonoç, trope, (formé de TQtnio) n’offriraient qu'une tautologie:

une seule et même idée, exprimée par quatre mots dilférens!

Cette conséquence, intolérable dans son application au texte de Clément, résulte néanmoins du Commentaire de 3Ir. Letronne, qui, admettant la synonymie dans les deux premiers mots futâyovvfç et invaud'évu-ç „ devine qu’il s'agit de ,, transposition et de changement de forme. “ Or, ces deux acceptions doivent être communes aux deux premiers mots, puisqu’ils sont synonymes. Mais l’idée de changement ue forme n’est-elle pas rigoureusement exprimée par les deux derniers mots : tÇalkccvTovTcÇ et uEvaoyrj/ia- TÎLovvfç? Voila donc tous les quatre mots de la donnée de Clément, ramenés à la même idée de changement de forme. De sorte que, ce qui paraissait inadmissible dans la conséquence de ma première déduction des idées identiques, est devenu ici une conséquence rigoureuse, résultant de l’explication que 3Ir. Letronne luimême a donnée des deux premiers termes en question.

L’examen qui ya suivre fera ressortir mieux encore la méprise du savant Commentateur à l’égard de la prétendue synonymie de ces termes, et de f obscurité de sens , qu’il dit en résulter dans cette partie de la définition des tropes.

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