AVEC LES MOTS
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ET
METAZXHMA TIZONTE2.
Selon Mr. Letronne , les idées de transposition et de changement de forme, qu’il devine devoir être exprimées par les mots /usvâyovzeç et fiexazid'tvzeç qu’il dit être synonymes , ,, doivent „ être expliquées par les mots t^aU.âzzovzzç et ,, uÆzaoy rjpazi^ovzeç qui les suivent et qui lui paraissent s’entendre l’un, d'une modification de „ forme — l’autre, d'un changement total ou ,, de transformation. ((
Mr. Letronne essaie dans sa note d’établir grammaticalement son assertion : que les deux premiers mots doivent être expliqués par les deux derniers : „ L’absence de régime devant „les deux premiers, montre bien , dit le savant ,, helléniste, que les deux seconds , devant les- ,, quels sont les régimes zà âè , ne font çu’ex- „ pliçuer leur signification. i( Cette induction grammaticale n’est point exacte : les deux
régîmes, roc fît, rattachent les deux derniers mots aux deux premiers, de manière que les deux derniers mots déterminent les limites de ceuxci dans l’expression de leurs résultats respectifs — mais les dits régimes n’établissent ni logiquement, ni grammaticalement la leçon de Mr. Letronne : „ que les deux seconds verbes
,, NE FONT Çü’eXPLIQUER LA SIGNIFICATION des
,, deux premiers. (e
Cette assertion de Mr. Letronne est souverainement contradictoire A la valeur des mots qu’il considère. Je le demande en effet : n’est-ce pas la transposition partielle d’un objet sur un autre qui modifie , qui change, qui altère celuici? Et peut -on dire vice -versa , que ce soit a l’aide d’une modification, d’un changement , d'une altération, qu’on transpose un objet sur un antre? Cette proposition serait vide de sens. On dira bien que c’est pour modifier, pour altérer, pour changer qu’on transpose; mais ce sera toujours, dans la question présente, la transposition d’une figure, d’une image, d’un signe, quel qu’il soit, sur un autre, qui causera , qui produira la modification , l’altération , le changement du signe sur lequel aura lieu cette transposition. Or, la transposition est la cause, et le changement est l'effet. Est-ce
QUESTIONS SUR 1ES TROPES. 67
donc l’effet qui explique la cause? ou bien, la cause qui explique V effet? Comment donc le mot è^alXavovieç qui n’exprime, selon Mr. Letronne, qu’une modification déformé , peutil expliquer les deux mots pazâyovraç et pezavid-Évreç qui désignent ici la transposition d’un signe sur un autre? D’ailleurs, la modification dune figure ne peut être relative qu’à ses proportions et ne saurait supposer un agrégat ou combinaison bizarre, hétérogène ; — mais la transposition d’ime figure sur une autre produit ime monstruosité , un grylle , une chymère. L’assertion de Mr. Letronne, qui enseigne que le mot è^aXlavTovTeç , exprimant selon lui une modification déformé , explique les mots paxâyovveç et perazid'évvaç — cette assertion n’est donc admissible sous aucun rapport.
J’en dis autant du quatrième et dernier mot en question : fiazao-p]imzi'Ço vxeç , le quel, comme s’exprime Mr. Letronne ,, parait s’entendre d'un » changement total ou de transformation. “ (i )
(1) II doit y avoir ici faute typographique, et je pense qu’il faut lire : ou d’une transformation. La phrase telle qu’elle est, équivalant ellyptiquement à celleci : ,, s’entendre d’un changement total, ou d’un ,, changement de transformation. “ On conçoit en effet combien le mot changement serait déplacé
Admettons en effet pour arbitre de la question présente un helléniste qui n’aurait jamais vu des hiéroglyphes, et n’aurait dès- lors aucune idée de leur monstrueuse combinai son', et puisque Mr. Letronne dit que ce sont les deux derniers mots tÇaXXâvTovTEÇ et [itTaoxrjpaTiÇovteç qui expliquent les deux mots uEvccyorreç et uexaxi^vTf Ç qui les précèdent, supprimons ces mots -ci et demandons à f helléniste, notre arbitre, quel sens il attache aux mots è^aXXâvxovvEÇ et ptr o.op]fiaxLÇovitç ? Il nous dira bien qu’il s'agit ici de changement dans les formes soi t partiel : IÛtvovveç, soit total : Ucroo^uar/Çorreç; mais pourrait-il jamais inférer de ce texte la question de savoir : de quelle maniéré ont lieu ces changemens ? pourra-t-il établir , sur le sens de ces deux mots, que ces changemens s'opéraient par
devant le mot transfomnation , celui - ci offrant à lui seul l'idée d’un changement total de forme : idée complexe et précise à laquelle, par conséquent , ne sauraient équivaloir les deux mots du commentaire : changeaient total; vu qu'on ne sait de quel changement il est question ? D'où il résulte, qu’en admettant même l'hypothèse d'une faute typographique , l'explication de Mr. Letronne, n’en demeurerait pas moins incorrecte, par l’inexactitude de l'équipollence des mots gratuitement admise dans ce commentaire : ,,d'un changement „ total OU d'une iransformation.i‘
OUESTION S SUR LES TROPES
superposition de signes? Enfin, le mot ptrao^r]iiu.i'iQb) , qui offre une idée si complexe, puisqu’il désigne un changement total déformé , signifiet-il autre chose que le passage dune forme à une autre : une transformation ? et une transformation, une métamorphose , expriment-elles, supposent-elles le moins du monde une monstruosité pareille à celle qui résulte nécessairement de la superposition des sigues dans les tropes ? Voilà ce que Mr. Letronne ne pourra jamais prouver, soit qu il s’attache au sens de ces mots dans leurs rapports à la question présente, soit qu’il veuille les considérer hors de la question. Et, loin de pouvoir se ranger à son avis, la critique sera forcée de reconnaître , en dernière analyse , que ce sont les mots pevayovvEÇ et juaraTid'évreç , qui servent d'explication à è^aXkâvToi’TEÇ et utzaoy rj— uaztÇovztç — puisque ceux-là seuls expriment la maniéré dont s’opère l'altération partielle ou le changement (èÇctkkazzovzeç) et l’altération totale ou la transformation ( ut zaoy rji i,a r tZo vze.ç) , cette maniéré ayant lieu par transposition. Soutenir , dans le sens de Mr. Letronne , que c’est la transposition qui a lieu par changement ou altération , c’est renverser les faits et confondre les perceptions les moins équivoques. On ne peut donc que regretter de voir que le savant
helléniste n’ait offert, dans sa démonstration grammaticale, aucun moyen de concilier ses contradictions.
§. III
EXAMEN
DU NOMBRE D OPÉRATIONS ou