EXCLUSIVEMENT TROPIQUE OU FIGUREE
Le savant Commentateur, voulant indiquer le cas où les bas-reliefs allégoriques étaient considérés comme une sorte d écriture symbolique , dit qu’ils étaient considérés tels ; ,, en ce „sens qu'ils exprimaient des idées par des ,, actions. “
Mais cette définition de Mr. Letronne n'embrasse-t-elle pas, 11e confond-elle pas dans ses limites tous les bas-reliefs , toutes les peintures , tous les tableaux de la vie publique ou privée des Egyptiens , figurant des scenes historiques,
RELIGIEUSES, CIVILES OU MIL1TA1RI.S, SCCIieS que
Mr. Champollion le jeune a eu tant de soin de distinguer d'avec ses anaglyphes?
Je dirai plus : tous les bas-reliefs ou tableaux grecs, étrusques et romains, voire même les nôtres, et représentant des scenes quelconques, 11e rentrent-ils point rigoureusement dans le cas défini par Mr. Letronne, qui les ,, consi-
Mr. Letronne sur les anaglyphes. 105
,, (1ère comme une sorte d'écriture allégorique ,, en ce sens : (NB.) qu'ils expriment i>es idées
jj PAR DES ACTIONS ?“
Quel contraste maintenant entre cette fluctuation d'idées et la simplicité de la donnée de Zoega qui , voulant distinguer les peintures et bas-reliefs égyptiens, d’avec les textes hiéroglyphiques, dit : ,jNeque scalpturae, pictu- ,j raeque aegyptiae, qua efiguris cictione aut disy,positione inter se junctis et connexis , factum ,j aliquod exprimunt, sive iiistoricum, sive jjMYTHicuM, sive allegoricum, magis sunt ,, scriptura appellandae , quarn Graecorum ana- ,, glypha et tabulae pictae , a quibus nulla alia j, re différant quam ea quae est Aegyptiam inter ,,et graecam artem diversitas. “(t)
Nous voyons ici que le savant Danois n'emploie le mot anaglyphes que comme un terme d'art exprimant des bas-reliefs , quel qu’en soit le sujet; de manière que, tout en distinguant les bas-reliefs historiques , d'avec ceux qui représentent des scènes mythiques et allégoriques , il comprenait tous ces bas-reliefs sous le nom
grec d’ ANAGLYPHES.
Voici une autre observation de Mr. Letronne.
(1) De origine et usu Obeüscorum, pag. 438.
PREMIERK PARTIE.
„ A la suite de sa définition des anaglyphe* „ou bas-reliefs allégoriques, exprimant t „ selon lui, des idées par des actions, le Com- „mentateur nous dit que : cela lui explique ,, l'impression qu'il avait tirée de l’examen des ,, sculptures égyptiennes, et qu’il a rendue, dit— „ il, en ces termes dans ses Considérations histo- „riques sur l'élat des arts , etc. depuis Cambyse ,, jusqu’au siècle des Antonins. t(
„ La peinture et la sculpture ne
„ furent plus, dit Mr. Letronne, qu’un langage „dont la grammaire et le dictionnaire furent ,, fixés sans retour : de là vient, ajoute-t-il, que „ certains bas-reliefs paraissent n'êlre que des „ HIEROGLYPHES EN GRAND, et que Certains HIE- ROGLYPHES semblent être de la sculpture ,, REDUITE À DE PETITES DIMENSIONS. Oïl dirait
„ souvent deux idiomes qui se confondent et se „ font des emprunts mutuels. u
Cette observation , présentée sous l’égide accoutumée de l’ apparence , paraîtra non moins singulière aux yeux de ceux qui voient dans le tableau synoptique déduit du texte de Clément par Mr. Letronne :
1° Que les symboles tropiques ou figurés ne sont qu’uNE espece du genre hiéroglyphique.
Mr. Letronne sur les anaglyphes. 107
II0 Que, conséquemment au dit tableau synoptique de Mr. Letronne, on doit considérer, de la manière la plus obligatoire , la plus rigoureuse, non pas
,, — Certains bas-reliefs seulement, qui lui „ paraissent n’être que des hiéroglyphes en „ grand et vice versa , certains hiéroglyphes ,, qui lui semblent être des bas - reliefs en mi- „ niature — (i mais au contraire —
Tous les objets peints ou sculptés (en grande ou petite dimension, qu’importe!) pour des hiéroglyphes proprement dits.
Pour faire la part qui me revient dans cette controverse, je renverrai le lecteur à la page 19 de mes Opuscules Archéographiques , où, partageant les erreurs de l'Egyptologue, j'ai cru sur la foi de sa doctrine , que le mot lAvâylvya exprimait effectivement les symboles tropiçues ou figurés. Un examen plus attentif m’a bientôt fait reconnaître ma méprise, et je 11e puis qu’être étonné de la persévérance avec laquelle le savant helléniste soutient une leçon aussi vicieuse et, la reprenant sous oeuvre dans son nouveau Commentaire, cède aux préventions de l’Egyptologue, au lieu de l’éclairer sur son erreur!
§• III-
E X A Al E X
DU NOUVEAU COMMENTAIRE DE Mit. LETRONNE,
RELATIF
A L’EXEMPLE TROPIQUE DE St. CLÉMENT OU IL KST QUESTION
n 'ANAGLTP H ES.
Dans mon examen des mots âiù ziov àvayXvyoiv, j’ai cité l’assertion de l'Egyptologue qui prétend que ,, les bas - reliefs allegori- „ qi'ES ri appartiennent point à V Écriture iiié- ,, ROGLYPHiqvE , et que les anciens ont particulièrement désigné ces bas - reliefs sous le nom d 'axaglyphes^
Le célèbre Orientaliste français, dans son Analyse de la première édition du Précis du Système hiérogly phique de Mr. Champollion, a vainement essay é de relever cette erreur de l’Egy j»tologue. „I1 me semble bien difficile, dit Mr. „ Sylvestre de Sacy,(i) de lui accorder que le „ terme an agly pues , employé par cet écrivain ,,(St. Clément) désigne là une chose étrangère „ à l’écriture. Je conviens, dit-il, avec Mr. Le- ,,tronne, qui a fourni à Mr. Champollion une „ traduction littérale , et une discussion très-lumi-
(1) Journal des Savans , Mars 1825. page 151. et s.
Mr. Letronne sur les anaglyphes. 109
„ neuse de ce texte de l’écrivain ecclésiastique, „ que cette partie du passage, r ovç yovv vüv „fta(uXtcov trccdvovç d'EoXoyovfitvoiç fivfroiç naoa- ,, ôîÔovteç, àvayqâcpovOL dià xo>v ccvayXvcp o) r,
,, est fort obscure ; mais toutefois , il me parait „ certain, ajoute Mr. de Sacy, que les ana- ,, gly piles de l’auteur grec sont une partie du „ Système graphique. u Abordant ensuite l’observation de Mr. Letronne , que nous avons rapportée plus haut : „ N’est -ce pas, dit Mr. de ,, Sacy, un peu abuser des termes de Clément „ d’Alexandrie , que de substituer au mot aya- ,, glyphes , comme un équivalent, celui de bas- „ reliefs allégoriques , et de supposer que ce ,, n’était qu’accidentellement, et par une sorte ,, d’exception, que les ayaglyphes étaient ad- ,, mis dans le système d’écriture ? “
Ces considérations judicieuses n’ont rien changé à la manière de voir de l'Egyptologue. La classe monstrueuse des symboles mythiques , séduisait trop son imagination pour qu’il abjurât les mystères que lui révélait le mot anaglyphes , appuyé qu’il était par le nouveau Commentaire de Mr. Letronne, inséré dans la seconde édition de son Précis. (1)
(1) page 381. et suiv.
synoptique de la première édition du Précis. Or, j’ose dire que cette nouvelle leçon de Mr. Letronne : Tqotuxi) (J IA TFlN AN AF A Y<PI2N) est arbitraire.
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