‹ Archéologie égyptienne (volume 2)Chapitre 30 sur 68 · DD · texte numérisé non relu

DD

JW

Op

sî ^ '2' k 9

Os.

St

CD

SS

Le savant Commentateur, en donnant son tableau synoptique suivant, dit que ce ableau ,, comprend la classification exacte des écritures égyptiennes d’après le texte ,de Clément d’Alexandrie. “

31a. Letronne sur les anaglyphes, 111

L’analyse exige la leçon : AvayQccqovoi A IA TI2N AN A rAY CPI2N. Et, en lisant l’exemple fourni par l’auteur des Stromates: Tovç yovv xwv (iamkùov èuuivovç d'toXoyoïnitvoiç avd-oiç n açadiâovxeç , avayqàqovoi A IA TQN ANATA Y- A>S2N, on acquiert la conviction des faits suivans :

1 °. Que les louanges des souverains étaient rédigées en caractères dits tropiques ou figurés, et comprenant des emblèmes mythologiques.

2°. Que, pour les transmettre à la postérité (naoaè lôovtcq) on inscrivait ces louanges (ènaivovç avayçâyovoiv') sur les monumens.

3 °. Que les inscriptions qui perpétuaient ces louanges, étaient sculptées en bas-reliefs (ô'ià xwv àvayXvipwv).

Mr. Letronne, persistant dans son opinion, a établi un parallèle entre la première méthode hiéroglyphique, que Clément a désignée par les mots: KvQioXoyixi) âià xwv tcqwxwv coiydwv — et la seconde méthode, que Mr. Letronne désigne, dans son tableau synoptique, par les mots: Tçotxlxxj (dià xwv âvayXvqwv).

Je le répète, cette leçon est vicieuse; elle fausse le texte de Clément qui a dit àvayQctqovoi ôiù xwv àvayXvqwv. D’ailleurs les parenthèses de Mr. Letronne ne sauvent point l’arbitraire, vu que Tqotux t] ôta xd)v dvayXwpwv n’offre aucun

sens à l'analyse; et admît-on même l'acception que lui prête le Commentateur en faveur de la doctrine de l’Egyptologue, la leçon demeurerait toujours incorrecte; car, les troi-es étant, dans cette doctrine, les élémens du Système anaglyphique, les anaglyphes en seraient les résultats, et non le moyen: /I [A rwv àvayXvrpiov ; ainsi, en bonne analyse, on dirait que les anaglyphes sont formés avec des tropes, et non pas, que les tropes soient formées avec des anaglyphes, par la raison que je viens de dire: que, dans le système de Mr. Champollion, ce sont les tropes qui sont les élémens des anaglyphes: ,, Il était , „ dit-il, de l'essence des anaglyphes desefor- „mer presque toujours par la combinaison de ,, plusieurs images tropiques, “(i)

La leçon rigoureuse qui résulte du texte de Clément pour la méthode tropique, et qui peut servir de pendant à la première méthode, dite Kyriologiquc , c’est: Toojzr/.ij à'ià pEvay(oyrjç ymï /LiETCcd'tneœç, y.ar è^aXXayrjv y.al fievao/rjuavLOpov — et voilà pour la méthode. Or, comme dans la donnée en question, il s’agit non de la méthode tropique, mais tout simplement d'une application , — Clément donne pour exemple

(1) Précis, page 350. !\o. 64. de la seconde édition.

Mr. Letromne sur les anaglyphes. 113

les louanges mythiques des souverains, inscrites ex bas - reliefs sur les monumens.

La connaissance approfondie de la langue grecque, dont les travaux du savant Helléniste offrent de si brillants témoignages, nous permet de 'croire que c’est moins par conviction que par entraînement, qu’il a adopté la leçon que j’analyse. Rendu attentif par les observations judicieuses de Mr. de Sacy, Mr. Letronne, dans son nouveau Commentaire, sans plus qualifier

LES ANAGLYPHES de BAS-RELIEFS ALLÉGORIQUES ,

fait, à leur sujet, les réflexions suivantes:

,,Je voudrais, dit- il, (i) pouvoir définir ce ,, que fauteur entend par anaglyphes , qui ser- „vaient, comme on voit, pour l'expression „ tropique ou figurée : dans la rigueur, ajoute ,, Mr. Letronne, la première espèce comme la ,, seconde, devait se composer de figures aux- „ quelles convenait également le nom d axagly- ,, p h es lorsqu'elles étaient sculptées sur les mo- „numens. Pourquoi donc Clément d’Alexandrie ,, borne-t-il les anaglyphes à l’écriture symbolique figurée? Il faut qu’il entende par-là une ,, espèce partiadière de figures sculptées, ser- ,,vant toutefois comme écriture. On peut voir

(1) Précis, 2. éditiou page 382.

,, à co sujet les judicieuses observations «le* Mr. ,, Silvestre de Sacy. i(

Ou est d'autant plus surpris de voir Mr. Letronne se référer aux observations de Mr. Silvestre de Sacy, (pie l’honorable Orientaliste a protesté d’une manière formelle contre l’assertion tendante à établir une théorie exclusive sous le nom dè anaglyphes ; etMr. Letronne a grandement tort de se demander : „ pourquoi Clément „ d’Alexandrie borne-t-il les anaglyphes à l’é- „ criiure symbolique figurée ? i( et de supposer, comme il le fait, que : ,, il faut que Clément en- „ tende par anaglyphes une espece particulière „ de figures sculptées , servant toutefois comme „ écriture. “ ( 1 )

Jamais Clément d’Alexandrie n’a borné les anaglyphes à l’ écriture symbolique figi rée ; jamais il n’a entendu par-là une espèce particulière de figures sculptées.

One la conviction du savant helléniste n’est point intime à cet égard, nous en trouvons la preuve dans l’observation qu’il fait lui-même, en disant que : ,, dans la rigueur, la première ,, espèce comme la seconde, devait se composer „ de figures auxquelles , dit-il, convenait égale-

(1) Voyez la page précédente.

Mr. Letronne sur les anaglyphes. 115

,, ment le nom d ’ anaglyphes lorsqu’elles étaient „ sculptées sur les monumens.f< Jamais Clément, ni aucun autre écrivain, n'ont prétendu le contraire; et, en parcourant leurs ouvrages, on voit que les élémens des inscriptions monumentales portent, indépendamment du nom de IeQoylvqc/.à , ceux de rivcpà, Glyphes, comme chez Diodore de Sicile, d’ AvâyXvipa , Ayaglyphes , comme chez Strabon et Clément d’Alexandrie , de Jiâylvutia , Diaglyphes , chez Aristophane, enfin le nom d ' Eyylvya, Eyglyphes , intciilles , employé par Diodore et toujours par Hérodote, sous la forme d’un verbe ou d’un participe : ZwtDv et xvmov èyyeyXvupévcuv. Or, comme ces écrivains parlent de monumens et d’inscriptions, on ne saurait admettre l’hypothèse qu’ils eussent confondu et employé ces termes indistinctement si l’un d’eux eût été effectivement consacré, comme le suppose Mr. Letronne, à une espèce particulière de figl res sculptées. La seule différence admissible porte sur les procédés de sculpture , laquelle, soit anaglyphique , soit DIAGLYPHIQl E , Soit ENGLYPHIQUE , offrait toujours des bas - reliefs plus ou moins surbaissés ou sculptés sur une surface creuse, (i)

(1) A la page 309. de son Précis (2. édition) Mr.

On peut conclure de ces faits que le savant Helléniste se serait abstenu d’exprimer le désir „de pouvoir définir ce que St. Clément d’Alex- ,, andrie entend par a.xaglypi/es “ si, entraîné par l’autorité de l’Egyptologue, il n’eût point cru que ce terme exprimait en effet une méthode distincte et séparée du système hiéroglyphique. Mais il se présente ici une réflexion bien simple : Si les atyaglyphes eussent été ,

(Jhainpollion dit: ,, Les sculpteurs exécutaient les ,, hiéroglyphes purs de trois manières : 1" en bas- -relief très - surbaissé , surtout dans l’intérieur

— des édifices, 2° en bas-relief dans le creux,

— méthode propre à l’art Egyptien, et dont le but

— principal fut la conservation des caractères : cette

— seconde manière est, dit-il, la plus générale. “

— — — Fresque tonies 1rs Jigures hiéroglyphiques ,, de quelque nature qu’elles soient, sont, dit Mr. ,, Quatreiner deOuincy, sculptées en renj'oncement.

— Celles qui ne sont que des signes, ne présentent ,, qu'un creux, et leur forme est dans leurs con- ,, tours. Mais les autres sont des reliefs plus ou

— moins sailtans , arrondis et conformés dans l’in-

,, térieur du contour; et pour les rendre tels que ,, les bas-reliefs usités, il suffirait d’enlever l'é- ,, paisseur de la pierre, laissée à l'entour et dans ,, laquelle ils sont taillés. <e Il y en a aussi

,, qui sont en relief découvert, et les exemples ,, en subsistent dans les ruines de l'Egypte, ainsi ,, que dans les musées. “ de l’Architecture Egyptienne, page 163.

Mr. Letronne sur les anaglyphes. 117

comme le prétend Mr. Champollion, des élémens d’un système essentiellement distinct de celui des hiéroglyphes , Clément d’ Alexandrie qui, de l'aveu de Mr. Champollion, était, bien plus que tout autre, en position d’être bien instruit de la chose, aurait-il cité les axaglyphes dans un exemple qui regarde exclusivement la seconde espece des symboles hiéroglyphiques? Et si, selon la doctrine et le langage de l Egyptologue , les anaglyphes eussent été , en effet, des symboles tropiques , et vice-versâ,

LES TROPES , des sigllCS ANAGLY P NIQUES , faute U I*

des Stromates aurait-il confondu ces tropes et ces anaglyphes au point d’en former exclusivement la seconde espèce de la méthode hiéroglyphique? Enfin, parce que Clément d’Alexandrie a dit ([lie les louanges des Souverains , rédigées en caractères tropiques , étaient inscrites en anaglyphes , s’ensuit- il logiquement ou grammaticalement, que les anaglyphes étaient des élémens d’un système particulier ? que ce système était, comme l'enseigne l’Egyptologue, essentiellement distinct de celui des Hiéroglyphes? et, j’en appelle encore une fois au jugement du savant Helléniste : la donnée de St. Clément d’Alexandrie peut-elle rigoureusement signifier autre chose sinon que : les louanges

tropiques des Souverains étaient sculptées es BAS -RELIEFS?

En nous occupant de la distinction entre les diverses méthodes graphiques, établie par Mr. Champollion , nous étudierons spécialement ses données sur les signes tropiques qui forment chez lui les élémens des asac.lyphes. — Examinons maintenant la donnée de St. Clément sur les Enigmes.

Page 1