DONNÉE DE CLEMENT SUR LES ENIGMES
§. Iï.
EXAMEN
DES DEUX EXEMPLES ÉNIGMATIQUES de St. Clément d Alexandrie.
Tov ô'è YMTCC zovç A INIT M OYXE tçItov EÏâovç âdyua ëçco rode' và pèv yàg tmv akltov d g qojv, ôià xi]v noqdav xrjv XoÇrjv, ocpecov üio/accolv ànEWaÇov , tov âè HXlov^ x 6 tov xav- A d o o V èneiârj xvxlovegèç èx t rjç (jodaç ovlèov oyvjua nl.aoÔAicVoç , dvTiTCQoowTroç xvXlvâei ' (pâoi âè xai tÇdjirjvov fièv vno yrjç. dccvEÇov âè tov etovç xpijpa, to Çwov tovto imèg yrjç âiaiTàodca ’ onegpaiVElV TE EIÇ TÏ]V OLpaïçav , XO’X yEVVO.V Xttl XhjXijv xâvd'agov lu) yivEod'ai. (i)
Comme St. Clément d’Alexandrie n’a donné aucun développement au sujet des procédés de cette troisième et dernière espèce (dâoç) de la méthode symbolique, nous pouvons en inférer que , dans l’esprit de son texte , les deux exemples qu’il a fournis doivent servir de type à tons les autres ; parce que, tout laconique qu’il est, il ne laisse pas de caractériser chacune des deux premières espèces de la méthode symbolique, en précisant la nature de leurs signes respectifs.
(1) I. c. page 657. et suiv.
Ainsi nous apprenons que la première espèce comprenait les images propres des objets de l'ordre 'physique : ij u.tv xvqiokoyeliou y. ai a uiiirjoiv; ce qui répond à ses exemples: HAION yovv y naïf 'ai ftovkousvoi , KYFC AON noiovoi — 2EAHNIIN ôl, ZXHMA MIINOEUES.
La seconde espèce de la méthode symbolique nous offre au contraire les images compliquées, et les métamorphosés des symboles dits tropiques OU FIGURES.
Restent les signes de la troisième et dernière espèce qui forment les Énigmes , et dont la simplicité offrait aux yeux le seul moyen de les distinguer d'avec les signes monstrueux de la méthode dite tropique ou figurée. Or, cette distinction était essentielle , puisque St. Clément d’Alexandrie nous donne les signes énigmatiques comme formant une classe particulière, une espèce distincte et séparée.
Pour nous en tenir donc au sens rigoureux du texte, nous devons reconnaître que les signes énigmatiques se distinguaient
1 0 des signes tropiques — par leur simplicité, et
2° des signes propres ou mimiques — par leur objet , tout autre que celui qu'ils figu-
raient.
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La simplicité d’une image, destinée a servir d’ÉNiGME , semble en effet d'autant plus propre à son objet , que, généralement parlant, envoyant une image simple et naturelle , personne ne se doute qu’il soit question d’un mystère ; et quant aux énigmes hiéroglyphiques, (O leurs signes donnaient le change d’autant plus qu’il était impossible de les distinguer d’avec les signes directs des objets physiques, constituant la première espèce des symboles, qui désignaient la chose même quils figuraient.
Le célèbre Warburton cite donc a faux le texte des Stromates , lorsque , pour asseoir son principe concernantles symboles Énigmatiques, il prétend que : „ on peignait un scarabée avec ,, UNE BOULE RONDE dailS SCS pattCS. (2) St. Clément dit: èn eiârj xvxloTEQtç èx r rjç ftodaç ov&ov o/jjua TÛ.aoâfici'oç. Or, cet èntLÔi] sert,
(1) Mr. de Palilen, dans sa Lettre sur les hiéroglyphes (page 6.) observe fort judicieusement que les signes représentatifs se rapportent aux sens — les signes tropiçttes , à l’ imagination — et tes signes énigmatiç ues , à la réjlexion.
(2) „ D’autres fois ils peignaient un scarabée avec une „ boule ronde dans ses pattes , ce qui était , comme „nous l’avons vu par Clément d’Alexandrie, un „ symbole du genre énigmatique. <f Essaî sur les Hiéro6ltphes , page 132.
comme on voit, à motiver le choix cjue I on fit du scarabée pour exprimer énigmatiquement le soleil; ce qui ne veut pas dire (jue Ion représentait le scarabée avec la houle ronde dans ses pattes. Et celui que l’on voit, par exemple, sur la table dite Isiaque , et qui n’est du reste que le diagramme phonétique des propriétés nu soleil, doit, par la complication même de ses faux attributs, rentrer dans la catégorie des symboles TRonoues ou figures, sous peine de détruire la définition des tropes donnée par St. Clément d’Alexandrie.
Mr. Champollion, en traitant la question des Énigmes, reproduit les deux exemples de St. Clément, qu’on retrouve parmi les hiéroglyphes d' Horapollon, auxquels il en ajoute un troisième qu’il emprunte à ce dernier:
,, Une foule de signes symboliques étaient, ,, dit Mr. Champollion, (1) de véritables Énig- ,, mes , — les objets dont ces caractères présentaient les formes, n’ayant que des rapports ,, excessivement éloignés et presque de pure ,, convention avec l’objet de l’idée qu’on leur ,, faisait exprimer. C’est ainsi que le scarabée ,, était le symbole du monde , de la nature mule
(1) Précis pag'e 340. 4 °.
CONFUSIONS DE Cïl. SUR LES ENIGMES, 127
„ou de la paternité; le vautour , celui de la ^nature femelle et de la maternité ; un serpent „ tortueux figurait le cours des astres; et Ton „peut, dit l’Egyptologue , voir dans Horapollon „et dans Clément d’Alexandrie, les raisons cpii ,, déterminèrent les Egyptiens à choisir ces êtres „ physiques pour signes de ces idées, si diffé- „ rentes et si éloignées de leur nature. ((
Ayant ainsi payé son tribut a l'auteur des Stromates, le célèbre Egyptologue se jette immédiatement après dans les divagations les plus arbitraires, et, confondant sans scrupule les monstruosités des symboles tropiques avec la simplicité des symboles Énigmatiques , il attribue à ces derniers ce que Clément d’Alexandrie enseigne exclusivement au sujet des tropes qui forment comme on l’a vu, une méthode distincte et séparée de celle des Symboles Énigmatiques.
Yoici la leçon du savant français.
,, On doit, dit Mr. Champollion, principale- ,, ment comprendre parmi les signes symboliques ,, énigmatiques ceux qui, dans les textes égyptiens, tiennent la place des noms propres des „ différentes divinités , caractères dont la valeur ,,est déjà connue d’une manière certaine. “ (1)
(l) Précis page 341. ad 4m-
PREMl K HE PARTIE.
Cette assertion si dogmatique est -elle soutenable aux yeux de ceux qui savent que, selon le texte des Stromates , les images des divinités égyptiennes étaient des symboles plus ou moins monstrueux de la méthode tropique, destinés a transmettre a la postérité les louanges des souverains égyptiens sous des emblèmes de mythes théologiques? vovç xo)v fiaoiXtwv ènuivovç 0JEO- A OrO YMENÜLE MYOOIZ nuqadidovztç.
Ainsi Mr. Champollion confond à son gré les monstruosités des symboles tropiques avec la simplicité des signes Énigatatiques , et contredit de la manière la plus péremptoire l’autorité du texte qu'il invoque a son appui !
Ces confusions arbitraires se rattachent toutefois à un motif : Ne considérant les tropes et les Énigmes que dans leur objet, Mr. Champollion n’a trouvé, entre ces deux especes du genre hiéroglyphique , aucune différence essentielle : les unes comme les autres lui olFraient également un sens plus ou moins détourné : il trouvait partout allusions, allégories et aiétaphores : Il a donc jugé inutile d’admettre la distinction établie par St. Clément entre les deux espèces des Symboles : la tropique et l’énigmatique. Mais, en contrevenant ainsi aux indicacations du texte grec, Mr. Champollion s’est
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dépouillé du droit de prétendre, comme il le fait, cpie ,, St. Clément d’Alexandrie développe ensemble et les détails de tout le système ,, graphique des Egyptiens sous le même point ,, de vue que lui. “ ( i )
Je viens de dire que Mr. Champollion n’a considéré les tropes et les énigmes que dans T objet de leur expression .(2) Mais la distinction établie par St. Clément d’ Alexandrie entre la méthode tropique et celle des énigmes , loin de porter sur leur objet , n’est rigoureusement fondée que sur la différence figurative de ces symboles. Ainsi, dans le texte des Stromates, les tropes se distinguent des énigmes, non par leur objet , mais par leurs images. Ce fait ne souffre aucune objection; car, en parlant des tropes, Clément d’Alexandrie dit : T q on ixw ç &è xaz oixELozzjza pezàyovzeç xai pevav ixéévvEÇ, zà ô? ê£aX- Xàzzovzzç , zà ât noXXayùq pez aoyrjpaz i- 'ÇovzcÇ yaq âzz ov o iv. Or, le mot psz aoyrjpaz ÎLovz eç, joint à ceux qui précèdent, prouve sans réplique qu’il est question ici d'images , et qu’ ainsi la distinction établie par St. Clément, entre les symboles tropiques et les symboles énigmatiques, porte, comme je viens de le dire,
(1) 1. c. page 399. (2) suprà, page 12S.
non sur V objet de ces symboles, mais exclusivement sur leur forme emblématique.
Me réservant d’examiner la forme emblématique des symboles dans mon travail sur la distinction DES SIGNES HIEROGLYPHIQUES, je (lois, avant de quitter ces analyses, m’arrêter à la question de Y objet que les tropes et les Énigmes expriment sous leurs formes emblématiques. Or, cette question est celle de la langue sacree des Egyptiens , appelée également dialecte sacre, et qui n’est, à proprement parler, que le LANGAGE MYSTIQUE DU SACERDOCE,