CHOSES LE NOM DE CELLES QUE REPRÉSENTAIENT LES
,, figures hiéroglyphiques. Par exemple, Yk signifiait un serpent dans la langue Egyptienne; et la „ figure d’un serpent, dans les Hiéroglyphes, marquait ,, un roi; Yk signifia un roi dans le dialecte sacré, ,, comme Manéthon vient de nous le dire. C’est ainsi
„qiie LEURS HIÉROGLYPHES DEVINRENT UN FONDS POUR „ UNE NOUVELLE LANGUE TOUTE ENTIERE. il
II est impossible (le s’exprimer en termes generaux avec plus de justesse que ne le fait ici le savant Warburton, dont toutes les considérations sur la question hiéroglyphique étaient d’ailleurs et ne pouvaient être qu’à priori. Peut-
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on, en effet, définir mieux la nature de la langue sacree , qu’en disant que cette langue s’est formée en donnant aux choses (qu’on voulait exprimer d’une manière occulte) le nom de celles que représentaient les Jigures hiéroglyphiques ? — Le savant anglais a consigné dans son Essai d’autres aperçus non moins lumineux, et que j’aborderai plus tard. Je passe maintenant à la doctrine de Mr. Salvolini.
§. IV
DOCTRINE DE Mr. SALVOLINI SUR LA LANGUE SACRÉE DES ÉGYPTIENS.
Dans la Notice, que le savant investigateur a publiée , sur le Manuscrit hiératique de Mr. Sallier, relatif a la campagne de Ramsès le grand , notice remplie d’élémens d’une doctrine nouvelle, on lit, depuis la page 89, les considérations suivantes :
,, Quant aux expressions symboliques, les Egyp- ,, tiens sont allés bien plus loin que tous les autres „ peuples. Voici un fait qui n’a pas encore été constaté : ,,On sait bien que telle image d'objet a pu servir dans ,,1 'écriture sacrée comme signe tropique de telle idée; ,,mais personne n’a encore fait observer, que je ,, sache, que V expression phonétique du nom propre ,, meme de cet objet, tel qu'il était usité dans la „ langue parlée, représentait quelquefois tropi- ,, quement , dans la langue écrite , la même idée ,
,, dont V image isolée de T objet était autrefois le ,, symbole. Telle est, suivant moi, l’origine de la ,, signification de force, que reçoit souvent dans les ,, textes le mot UHDUUj , cuisse de boeuf. C’est par ,, une foule d’exemples que j’ai été conduit à celte ,, conclusion, poursuit l’investigateur. Je me contenterai, „ dit-il, d’en citer un seul. On sait, par le texte ,, d’Horapollon , que le vautour e'tait en Egypte l’em- ,, blême de la victoire; le nom de cet oiseau , tel ,, qu’on le trouve dans les inscriptions, s’écrit, dit-il, ,, toujours c’est le copte Or très-
,, souvent ce même nom a été employé, soit dans le ,, Rituel funéraire, soit dans d’autres textes, pour expri- ,,mer Vidée vaincre ou victoire, seulement dans ce ,, dernier cas, ce nom reçoit, dit Sir. Salvolini, un ,, second déterminatif, le bras tenant le casse-tête , qui ,, accompagne ordinairement les substantifs ou les verbes „ exprimant des actions violentes. L’image entière du ,, vautour est souvent remplacée par synecdoche , au ,, moyen de la tête seule de V oiseau. (Page 90.)
Mr. Salvolini cite la page 1 1 du liv. I. d'Horapollon et le Panthéon Egyptien de Mr. Champollion, sans indication du No. du texte qui accompagne les planches. Or, c’est le No. (> quater ; mais ce n’est point le vautour , ce sont les palmes qu’il tient dans ses serres, que Mr. Champollion dit être les insignes de la victoire. La citation de Mr. Salvolini ad Horapollon est également inexacte, car c’est I’epervier, iéoat, et non le vautour que cet écrivain donne pour sy mbole de la victoire. Ces inexactitudes ne
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sont pas des symptômes trop favorables à ses déductions.
Il y a, dans les données de Mr. Salvolini, un tel accent de certitude, que s'il n’entraîne pas la conviction de ses lecteurs, il les dispose à une foi implicite : c’est un talent contre lequel il faut nous mettre en garde, d’autant plus que Mr. Salvolini est une puissance dans le domaine hiéroglyphique, et que le meme accent d’autorité domine dans toutes les données de cet archéologue , de manière que la vérité s’y confond avec ses erreurs.
Quant à l’observation sur le fonds de la langue sacrée , c’est à tort que ce savant assure que personne ne l’a faite jusqu’à lui; et la différence qui existe entre ses données et celles de Warburton, est toute à l’avantage de l’archéologue anglais; car celui-ci généralisé son principe: il dit que: „ les hiéroglyphes de- „ vinrent un fonds pour une nouvelle langue ,, toute entière, u tandis que Mr. Salvolini ne parle que „ d’un certain nombre de
,, MOTS SYMBOLIQUES. c(
Si les tâtonnemens de la question hiéroglyphique ne permettent point de croire, que le savant investigateur parle de la langue sacrée avec une pleine connaissance de cause, je puis,
sinon avec certitude, du moins avec quelque présomption, entrevoir dans ses développemens mêmes , je ne dirai pas le motif, mais les vestiges, ou plutôt la circonstance qui aura pu donner lieu à la restriction de son principe, qu’il n’offre, du reste, que comme le premier jet de son opinion.
,, Qu’il me suffise, dit Mr. Salvolini, d’avoir indi- ,,qué cette opinion, qui demande à être mieux éclair- ,,cie. Je me résume par quelques exemples. Je crois, „ dit-il, que les mots tels que 2>Y\U> roi , modérateur , ,, G\ / Jils, \AÏYÏY0 r jeune, etc., n’appartiennent qu’à ,, cette langue ou partie de la langue que Manéthon „ appelle sacrée: il sera, ajoute l’investigateur, toujours inutile de chercher ces mots dans les diction- ,, naires coptes. “ (L. c. page 910