Chapitre Premier
Théorie des Signes Figuratifs.
Après avoir examine dans ses détails la doctrine de Mr. Champollion concernant les trois genres d’écriture égyptienne, je vais exposer ses préceptes sur les origines des Caractères figuratifs et symboliques (i), afin de préparer le lecteur a l’examen de la distinction qu’apporte le savant Egyptologue entre les trois espèces de signes de la méthode dite
(1) Le lecteur est averti encore une fois, que j’emploie les mots symboles et symboliques, non clans le sens générique qu’ils présentent dans le texte de Clément d’Alexandrie, mais dans l’acception que leur donne Mr. Cliampoilion , qui entend par signes symboliques les signes idéographiques qu’il appelle indistinctement signes tropiquesy allégoriques , symboliques ou énigmatiques.
hiéroglyphique , savoir les signes figuratifs, les signes symboliques et les signes phonétiques.
,, On a dit, il y a long-tems, dit Mr.
,,Champollion , (1) que les CARACTERES II- ,, GURATIFS avaient été la première écriture ,, des peuples; mais cette idée, vraie, sous „ certains rapports , devient d’une fausseté ,, évidente par la trop grande extension qu’on „ a voulu lui donner. (i
,, Il est indubitable, poursuit l’investigateur, „ qu’un des premiers moyens qui se présentèrent ,, à l’esprit de l'homme, soit pour perpétuer le ,, souvenir d’un objet, soit pour communiquer ,, certaines idées à ses semblables , fut de tracer „sur une matière quelconque, une grossière „ image des objets dont il voulait conserver la ,, mémoire, ou sur lesquels, quoique absens, ,, il voulait fixer l’attention d’autres individus de „ son espèce. Mais cette méthode si simple ne „ saurait, dit -il, jamais être rigoureusement „ appliquée qu’à la notation seule de quelques ,, idées isolées, et ne peut, dans aucun cas et ,, sans un secours étranger , exprimer les nombreux rapports de l’homme avec les objets „ extérieurs, ni tous les divers rapports des
(I) Précis , page 327. No. 38.
Théorie symboliçue de Ch.
dont les signes expriment „ des idées çui
„NE TOMBENT POINT SOUS LES SENS ? et CeS
idées tout -abstraites, sont -elles propres à être imitées?
Poursuivant ses aberrations , le savant archéologue continue de qualifier d’écriture idéographiçue les premiers essais d’un sy stème formé, selon lui, de signes purement figuratifs des objets matériels , essais auxquels, en abordant la question des signes figuratifs, le savant Egyptologue refusait même le nom d’écriture, en déclarant que l’idée d’une semblable écriture est d’une fausseté évidente, vu qu’elle est incapable d' exprimer la proposition la plus simple, et qu’elle n’est, a proprement parler, „que la
,, PEINTURE DANS SA PREMIERE ENFANCE. (Sliprà
page 183.) et c’est cette même peinture dans
sa première enfance que Mr. Champollion
honore, par la suite et sans cesse, du titre fastueux d’écriture ideographioue !
„Les langues comme les Écritures idéogra- ,, phiques , poursuit Mr. Champollion, épuisent „ bientôt la série des objets qu’il leur est possible „et commode d’exprimer: celles-là par une ,, imitation directe des sons, et celles-ci par „une imitation directe des formes: les unes et
„ les autres ont alors recours, dit l’Egyptologue, ,, a une imitation indirecte. tf(i)
Nous voyons ici encore une fois Mr. Champollion reconnaître aux écritures idéographiques la possibilité d’exprimer commodément les objets PAR une imitation directe de leurs formes! et ce n’est que dans leur épuisement qu’elles ont recours À une imitation indirecte!
Cette imitation indirecte, considérée dans les langues, consiste, selon Mr. Champollion, dans ,, une certaine similitude entre les qualités ,,des objets de certaines idées et les qualités des ,,sons par lesquels on les exprime, similitude, ,, qu’il dit ne pouvoir cependant être absolument ,, exacte. “(2)
,, De la même manière, poursuit Mr. Cham- „pollion, les Écritures hiéroglyphiques, ,, 11’ayant plus le pouvoir de donner aux signes ,, de certains objets les formes mêmes de ces ,, objets, s'efforcent de les peindre par l'image ,, d'autres objets physiques, dans lesquels on „ croit trouver les qualités analogues à celles ,, de l’objet qu'il s’agit d’exprimer. Ces caractères, dit l’Egyptologue, ont reçu le nom
(1) Page 335. No. 48.
(2) Ibidem.
Théorie symbolique oe Ch. 183
„ objets entre eux. Les circonstances de temps, „ parties intégrantes des objets de nos idées, et ,, comprises dans tous nos rapports avec ces „ objets, ne sauraient être indiquées figura- ,, tivement. C’est donc à tort, conclut Mr. „ Champollion , qne l’on voudrait donner le ,, beau nom d’écriture a une méthode purement „ représentative, incapable surtout d’expri- „mer à la rigueur la proposition la plus simple, „el qui n’est , « proprement parler , que la
„ PEINTURE DANS SA PREMIERE ENFANCE. i(