‹ Archéologie égyptienneChapitre 10 sur 46 · UE LA · texte numérisé non relu

UE LA

THÉORIE DE Mr. SlLrOLIM COXCERX AXT LES OKU, l X ES PlIOXÉTIQl ES.

DONNÉES DE Mk. SALVOLINI.

Le savant archéologue, dans sa Notice sur te manuscrit hiératique égyptien , relatif à ta campagne de Ramsès le grand , a consigné, à l’occasion de la valeur phonétique du lièvre , les considérations suivantes:

Champollion, dans son alphabet , placé a „la suite du Précis du système hiéroglyphique , „ donne à limage du lièvre la valeur de C; ,,mais évidemment il faut rectifier cette déter- „mination.“ (Page 29).

SalVOLUM tUK L ES ORIGINES PHONET. 7t

,, Je n’ignore pas les motifs qui avaient induit „ Champollion à croire que ce signe exprimait ,,un C- Aucun nom propre grec ou romain ,, ne le lui avait révélé; conduit tout simplement „par le principe général de l’écriture phonétique „ égyptienne ; chaque signe représente telle , , voyelle ou consonne par laquelle commençait , ,, dans la langue parlée , le nom de l'objet dont il était l'image , Champollion avait comparé ,, seuîepienl le nom égyptien du lièvre (C\\a\- „ (SüJtySUJ ) avec quelques données que les y, textes lui avaient fournies. Quant à la valeur „piionÉtioüe 0%, que je viens au contraire d'assigner au signe en question , elle se raty , tache à une circonstance qui rentre également y, bien dans le principe général de l'écriture yy alphabétique égyptienne ; c’est là au moins „mon opinion, et elle repose sur les considé- „ rations suivantes. (Pages 29, 30.)

Telles sont les considérations qui préludent aux données nouvelles, que Mr. Salvolini expose comme autant de faits positifs et indubitables, yy qu'il dit devoir être en conséquence ,, ajoutés à tous les principes généraux, déjà ,, établis par Mr. Champollion. (i

Pour apprécier l’exactitude de ces données, il importe de les examiner dans leurs détails.

SFXONWK l’AK Tl K.

Voici le premier fait capital > dont le savant continuateur de Mr. Cliampollion dit avoir puisé la démonstration dans ses études comparatives des textes hiéroglyphiques, indépendamment du principe générateur des signes phonétiques, le seul reconnu par Mr. Charnpollion et qui tient aux initiales des noms des objets physiques.

„ L’examen attentif de la longue et importante ,, série de variantes que j’ai eu occasion de tirer ,, de l’étude comparative de l’exemplaire com- „ plet du grand rituel funéraire de Turin avec j, d’autres exemplaires de ce meme texte, m’a ,, fourni la démonstration d’un fait capital qu’il „est nécessaire d’ajouter à tous les principes ,, généraux que Mr. Champollion a déjà établis. „Ces variations de signes et cet échange per- ,, petuel de caractères qui avaient lieu dans le „ courant d’un texte quelconque, n'apportant „ aucun embarras dans la lecture, ni aucune ,, incertitude sur le son exprimé, les Egyptiens „ se laissèrent conduire par les conséquences de „ ce fait au moment même où ils adoptèrent une ,, écriture alphabétique. Parla ils sont arrivés j, non seulement jusqu’à employer connue signe

Salvolini suk les origines PIIONET. 73

„ phonétique , un caractère qui pouvait aussi ,, être employé si/mboliquement, comme représentant soit de la même idée exprimée par le ,,mot dont il fait partie, soit d’une autre quelconque, mais ils ont très-souvent alfecté tel ,, SIGNE SYMBOLIQUE de la Valeur PHONETIQUE „p«r laquelle commençait , dans la langue ,, parlée, le mot qui exprimait, non pas „ l'idke de l’objet qu'il représente , mais celle „ DONT NOTRE SIGNE EST LE SYMBOLE. Telle est , „ ajoute l’investigateur, V origine de la valeur ,, phonétique donnée à un certain nombre de ,, signes hiéroglyphiques, entre autres, celui du

,, lièvre. (1) En adoptant une pareille

,, exagération , les Egyptiens n'ont fait que ,, pousser un peu plus loin les limites du principe qui présida constamment à leur système „phonéti(pie, sans toutefois lui porter aucune „ atteinte. Et Mr. Salvolini assure, que ce fait ,, de la plus grande importance pour l'étude ,, de leur méthode graphique, lui a été con- „ frmé par toutes les conséquences générales ,, qu'il lui a été permis de tirer de l'examen des „ textes; et une circonstance qu'il 11e faut pas

(j) L. c. page 31. Je supprime ici les preuves que ("examinerai à part.

SKCOMJE PARTIE.

„ négliger , dit -il, c’est qu'il parait avoir eu ,, lieu dès la création meme de t alphabet ,, hiéroglyphique. “ ( 1 )

En signalant comme un fait positif cette nouvelle découverte , Mr. Salvolini prétend ,, quelle ne porte aucune atteinte au principe ,, qui présida constamment au système phonétique des Egyptiens. “ Il est ù regretter qu’en avançant un nouveau fait, qu’il signale d’ailleurs comme étant de la plus grande importance, Mr. Salvolini n’ait tenu aucun compte de la doctrine que Mr. Champolliou a établie au sujet des origines phonétiques , doctrine où il a essayé de démontrer le principe exclusif de ces origines, lequel consiste dans l’emploi des initiales des a oms des objets physiques , et d'écarter le paradoxe de ceux qui voudraient chercher ces origines, entre autres, dans l'expression des hiéroglyphes symboliques. (2)

Je ne conçois donc pas comment , en voulant réaliser ce paradoxe, Mr. Salvolini peut nous assurer, que sa découverte 11e porte aucune atteinte ù l’intégrité du principe phonétique de Mr. Champolliou.

(1) L. c. Page 31. 32.

(2) Supra, page 54

SaLVOLINI SUR LES ORIGINES PHONET. 75

Au lieu do nier a priori la possibilité d’un fait, digne sans doute de l’astuce des hiérogrammates, je m’attacherai pour le moment à examiner si les preuves sur lesquelles Mr. Salvolini croit l’avoir établi dans son écrit, sont propres a détruire l’umte du principe phonétique, consacré par Son illustre maître.

Je passe donc aux démonstrations tendantes à prouver l’erreur de l'Egyptologue cpii, dans son alphabet harmonique , donne à l’image nu lièvre la valeur du C Copte, que, selon Mr. Salvolini, il faut évidemment rectifier.

Pour preuve le savant italien cite ,,/e nom „ du loup (en Copte ,) inscrit audessus

„de l’image de l’animal, et orthographié ,,A Bénihassan, (tombeau de Rôti, cf. Mon. „de V Egitto , etc. de Rosselini 2 Vol.)É<

„Apart le nom du loup que je viens de citer, „ dit-il, parmi les mille et un faits qui ne „ permettent pas de douter que la véritable „ valeur de ce signe soit celle de % ou O’S, qu’il „me suffise, dit Mr. Salvolini, de renvoyer le ,, lecteur à une citation sur laquelle j’aurai occasion de revenir plus tard dans le courant de „cet écrit; elle consiste dans la transcription „ grecque que l' antigraphon de Gray porte „du nom égyptien de la nécropole de Thébcs

SECONDE PARTIE

» Owuftovvovv. Le ou, OX de ce nom, tel qu’il „est orthographié, dit-il, dans les inscriptions „ qui couvrent cette nécropole ( 'rxu - ft - nçla est exprimé par le lièvre. “(i) En revenant sur ce mot à la page 104, Mr. Salvoliui indique ,,le contrat Casati du cabinet des ,, antiques où le mot Ovvaftovvovv <ffe l’inscription ,, démotique est écrit en toutes lettres par fi fi\t£i 0Xfm“ ainsi que Mr. Salvolini le transcrit ù la PI. II No. 70 de sou Essai.

Comme cette assertion est purement secondaire , et que le contrat Casati n'est point sous mes yeux, je me borne ù citer le lait par manière d acquit, et abordant la démonstration principale, je vais examiner si ,, la circonstance , ,, à laquelle se rattache , au dire de Mr. Salvo- ,, lini , la valeur phonétique OX, qu'il assigne ù ,, l’image du lièvre, rentre effectivement, ainsi „ qu'il l'assure, dans le principe général de ,, V écriture alphabétique égyptienne. “ (2)

,, Horapollon nous a appris, dit Mr. Salvolini, ,, que ce quadrupède (le lievre) exprimait dans ,, l’écriture symbolique avoihv, apertum , pro- „palulum , en Copte 0X0f\, et en effet, ajoute ,, l’investigateur, son image se rencontre souvent

(l) Page 20.

(2) Supra, page 7t.

Salvolini sur les origines phon et. 77

plans les textes hiéroglyphiques , employée eu „ union avec le déterminatif un ballant de porte ,

„ soit isolément, soit accompagnée de la consonne ce qui, dit-il, donne alors le mol 0>i0VW „ que je viens de citer comme égyptien. Evi- „ demment , dit Mr. Salvolini, c’est-là l'origine „de la valeur phonétique (O’S) donnée primi- ,,tivement au lièvre, “(i) Et l’investigateur ajoute en note d’autres exemples: „J’airemar- ,, qué, dit-il, dans les textes hiéroglyphiques, ,,que l’initiale du mot qui dénote

,, l'existence, a été constamment exprimée par „le lif.vre; il en est de même, ajoute Mr. Sal- „volini, du mot O'StttVS, heure , lux,

„et de quelques autres. Je crois, dit-il, que, ,,dans tous ces cas, la préférence constante „ donnée au lièvre, parmi tous ses homophones, tient à quelque idée métaphysique. “ Je cite encore cette note, pour ne rien omettre des données de Mr. Salvolini ; mais l’indication de l'investigateur portant sur les textes en général, il m’est impossible d'en constater la réalité. Quant au mot principal par lequel Mr. Salvolini rend 1 idée symbolisée par le lièvre, idée qu’il traduit par

(l) Page 3t.

SECONDE PARTIE

apertum, propalutum , le savant investigateur s’est chargé lui-même de fournir les faits subversifs de ses nouvelles origines phonétiques. Ces faits longuement déduits par l'auteur, se lisent dans le même écrit depuis la page 10‘J jusqu’à la page 1 10 inclusivement. Voulant établir l’existence dans les textes hiéroglyphiques des mots O)"!, O’i, oor^, ovx, ou ovr~x, qui manquent dans les dictionnaires Coptes, et qu’il traduit par illustre , en latin ciarus , Mr. Salvolini s’attache à démontrer à la page 1 1 4, que ces formes ne sont que les thèmes radicaux des mots Coptes „C0\^, COOT et cU)^x,(i) ,, qui avaient, dit-il, dans l’ancienne langue ,, égyptienne un sens transitif, celui d'illustrer , „ rendre illustre. “ Mr. Salvolini ajoute immédiatement après, que „Mr. Champollion „ avait consigné dans sa grammaire hiérogly- „phique un fait dont il désespéra, dit-il, de „ trouver une preuve quelconque dans le Copte: ,, il avait observé, poursuit Mr. Salvolini, que ,, les textes hiéroglyphiques offrent de nom- „ breux exemples d’une forme de verbes rcla- „tive ou transitive , qui consiste dans la simple „ addition du signe recourbé, C, placé en

(l) Indiqués à la page 113, 114

Salvolini sur les origines phonet. 79

„ initiale îles verbes attributifs exprimés soit 9f phonétiquement , soit symboliquement. Ainsi, ,,par exemple, dans les textes en écriture „ sacrée, un verbe qui s’écrit £&AK, être ,, joyeux, prend la signification de réjouir , „ rendre joyeux, par l’addition de la lettre C, „ précitée: CgSAK; — UDtvy,, vim'c , devient ,, OMJüttV), vivifier, etc. Ainsi, dit-il plus loin, ,,le mot , manere, prend la forme transitive C&SLft, lorsqu'il doit exprimer l’idée de ,, constituer ; — de même le mot K5v ou KOI), „ placer, devient G\\\, faire placer, “(i)

Apres plusieurs pages de développemens sur ces formes lexiques , Mr. Salvolini se résume et dit que „ce principe grammatical une fois admis, „ il faudra désormais ramener à sa véritable ori- ,, gine une foule de mots coptes ; et il ajoute qu’il „ devient évident, par exemple, que le mot „ Co'SCüft, aperire, est formé de ou-

,,vcrt, et de la préformative transi! ive C qui „ donne le sens de apertum facere, rendre ,, ouvert, etc. “(2)

Mais l’initiale C du mot Co'SWft, rendre ouvert , n’est-eile pas précisément la valeur que l’image d’un lièvre représente dans l’alphabet

(1) L. c. page 115.

(2) L. c. page 11 G.

SECONDE PARTIE

harmonique de Mr. Champollion? A (juoi donc se réduit la controverse de Mr. Salvolini, qui a mis tant d’érudition pour détruire la dite valeur consacrée par son maître, et (pii prétendait qu’il fallait évidemment la rectifier. Le mot 11e répoml-il pas, sous cette forme, au mot aroi'Çiç , même dans le sens d ouverture pris substantivement, et de la même manière que les formes COl^s, COV.r-^, cœr’S, qui signifient illustrer , rendre illustre , signifient également célébrité y renommée ? Or, il y a plus. Le mot avoiçtç ne signifie point chez Horapollon, aperlum, propatulmn , comme le prétend Mr. Salvolini, sur la foi de la version latine du texte grec; ui'oipç y exprime l'action d'ouvrir ; et la preuve, c’est qu’au dire d'Horapollon, le lièvre symbolise cette action , à cause que cet animal tient toujours les yeux ouverts ; ce qui explique parfaitement la raison pourquoi, dans les textes hiéroglyphiques, l’image d’un lièvre se trouve à côté d’un battant de porte. Une preuve de plus, c’est (pie la porte, CLy, olfre la même initiale que le lièvre , (ï°nc> c est 7e portier. Jamais symbole n'a été, en effet, plus à sa place, la consigne du lievre étant de faire ouvrir la porte.

Salvolini sur les origines phonet. 81

Le mot CoiSODR, dont l'initiale est identique à celle du nom du lièvre , ,

rentre par conséquent dans le principe générateur des signes phonétiques, établi par Mr. Champollion ,* d’où il résulte que le nouveau principe enseigné par Mr. Salvolini, et qu’il attribue a /'expression symbolique d'une image, indépendante de /'expression phonétique du nom de V objet que cette image représente, que ce nouveau principe tombe nécessairement avec la preuve que Mr. Salvolini fournit pour l'introduire dans le système hiéroglyphique.

On a vu d'ailleurs, qu’en abordant les raisons de ce nouveau principe , le savant investigateur nous a fourni l'initiale du nom du loup IVSUMiy, qu’il a citée parmi les mille et un faits qui ne permettent pas , dit-il, de douter que la véritable valeur du lievre ne soit celle de ^ ou . Que l’on se figure maintenant les ressources d'une méthode, d'après laquelle, pour me borner à 1 exemple de Mr. Salvolini, l initiale du nom du loup O^LDUVM , aurait été empruntée à celle de l'expression symbolique ou lièvre, au détriment du principe simple et naturel, celui de V initiale du nom propre de chaque objet, qui préside au choix des images phonétiques dans le système graphique des Egyptiens.

SECONDE PARTIE

Mr. Salvolini, n’ayant rien de jdansilde à opposer à l’objection qu’il m’a fournie lui-même contre sa démonstration fondée sur /c lièvre d’Uorapolfon , répliquera, sans doute, que l’image du lièvre étant le premier des trois signes de la légende nominale inscrite audessus de l’image du loup , sur la planche XX des Monumens de Mr. Rosselini, et les deux autres signes de la dite légende étant un (n) et un(i) \y (scié) , il reste démontré que la valeur phonétique du lièvre , qui sert d'initiale a la légende, doit-être celle de qui est V initiale de

, nom du loup eu Egyptien. C’est ce qui a fait dire à Mr. Rosselini que ce nom se lit clairement , et se retrouve dans les livres coptes: „si legge chiaramente la parola ,, (uonsc/i), che anche nei libri copti il lupo „ significa. “ (2) Mais c’est trancher la difficulté à la manière d’Alexandre, que de défigurer une legende en substituant une lettre a une autre. Or, ce que Mr. Rosselini a trouvé si claire pour lui , 11e l’est point à beaucoup près pour la critique, qui ne saurait procéder comme lui, en

(1) Dans l’alphabet du Tabl. yen. (jui accompagne la I. édit, du Précis , ce signe, donné sous le ]\o. 65, valait 71 1. Aujourd'hui il vaut Sch , No. llSbis.

(2) Mon . cic. Tom. I paye 21 i.

SaLVOLIXI SUR LES ORIGINES l'IION FT. 83

attribuant une valeur arbitraire à l image du lièvre, pour rendre claire une légende équivoque. Le motif qui a iuduit Mr. Salvolini a donner à l’image d’un lièvre la valeur d’un 0^, est donc évidemment illusoire ; et , sans préjudice des mille et un faits, dont il dit pouvoir disposer en faveur de sa nouvelle théorie , ses déductions actuelles ne sauraient prendre place à côté du principe phonétique, établi par Mr. Champollion.

Après avoir démontré l’invalidité des raisons de Mr. Salvolini, qui veut dépouiller l’image d’un lièvre de l'initiale de son nom dans l’écriture hiéroglyphique, je reviens à la donnée d’Horapollon, qui lui a suggéré sa nouvelle théorie. L’écrivain niliaque dit: AvoiÇiv ôi xètlov ve.ç drjkwacu , layoov Çioyoaq ovat ’ à' ici ro TiâvTOTï. Toiiç orpS-aliiovg âvmyôraç t%av tovvo ro Ço)ov. J’ai déjà remarqué (page 80, supra) que le mot symbolisé, civoiçiç, (pie la version latine rend par apertum, païens et propalulum, signifie proprement V action d'ouvrir , de rendre ouvert. Or, le lièvre symbolise cette action par la raison, dit Horapollon, que cet animal tient toujours les yeux ouverts; mais dans le langage mystique, comme dans le langage commun, tenir les yeux ouverts, c’est, regarder,

SECOND K PARTIE

prendre garde. Cela posé , je vais essayer de prouver que le lièvre symbolise ees idées par l’allégorie de son nom C\p?s.6ü)0>Siy , id est, par /’ homophonie de son nom avec les mots qui expriment ces idées. Les dictionnaires nous donnent le mot Sragh , comme signi-

fiant naqâàayua, ostensio , spect acutum , exemplum; et Mr. Rossi, en rapportant la leçon d’Hésychius, qui explique le mot naQaâeiyuaziocu entre autres par (pctveooincu , rend le verbe M , par ,, TianadciyuuTLÛiv , quasi spec-

„taculum facere, velut exemplum oslendere, „vel publicum ac manifestum reddere, etc. “ Ce qui répond à cpaveQcioai d’Hésycbius, équivalent au mot ôcC/.vveiv, montrer , faire voir , qui est le thème radical du mot Txaqâduyua , répondant au mot . Quoique ni Mr. Rossi,

ni Mr. L’Abbé Peyron ne nous aient donné la forme radicale de ce mot , il est facile de reconnaître que son initiale C n’est qu’une particule jointe au mot S.p£g,(i) qui signifie garder , regarder , observer , se garder, prendre garde; et en latin videre , observare , cavere , servare , etc. Le mot sjpçg, dont la forme radicale est se rattache d’ailleurs à mainte autres

(1) Forme baschmotirique .

SaLVOLINI SDK LES ORIGINES PHONET. 85

mots , qui ne sont que les variantes du thème gkpçg. Tels sont: le mot gp, cavere , charpente de la forme radicale g&Jpçg, moins sa terminaison leg — les variantes d’ sa-

voir: V.VV.\Y£, V.lUjpg, V,VO\Y£ et \opg, videre , conlemplari , etc. visio, visus , adspeclus ; El£\Ygy, lux , radius lucis , YO\Y£, pupilla oculi, et i\yy, oeil f donné par Plutarque dans son analyse du nom d'Osiris : zov dè 7 PI zov ozpd'uhiov Ar/VTTiia yXwzzij (pnâÇoi'ztg. ( i ) Si la saine critique est obligée d’admettre l'homogénéité de ces mots avec le thème g&.pv.g, dépouillé de son aspiration dans la forme elle sera également forcée de reconnaître que le mot C\Y&.£ est, ainsi que je l’ai dit, formé de ce dernier terme, accru du C pré-

fixe, que Mr. Salvolini a reconnu être la pré formative transitive des thèmes radicaux égyptiens. En eiFet, le mot Cps.2. signifie proprement l’action d 'exposer à la vue , de rendre visible, manifeste , etc. et, par suite, païens , propatulum , exemplum. Je dis donc, que le mot Cp5s.£>, contracté de répond, (2)

(1) lidit. Reisk. page 398.

(2) Pour prouver que l'abseuce de la finale £> es* loin d infirmer re rapprochement, j'indiquerai ici le mot

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