PARTIE
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dans la langue sacrée , à Cîxp\, qui est la première portion du nom du lièvre : C5vp;x(s0ü0^iy. Reste la seconde portion , éiuoo’SU), qui allégorise le mot éADiy^x , signifiant vidcre, respicere , attente inspicere , idées qui rentrent dans la question du symbole. C’est donc par homonïmie que le lièvre , qui, selon
Ilorapollon, a les yeux toujours ouverts , symbolise les idées de rendre ouvert, patent, notoire, etc. qu’expriment les mots cal-
qués sur le nom de cet animal, au profit des ambages de la langue sacrée des Egyptiens. L’allégorie du nom du lièvre une fois reconnue, il faut renoncer au mot O’SOtt , sur lequel roulent les argumens de Mr. Salvolini, tendant à rayer du nombre des signes phonétiques l'initiale G du nom de cet animal et à faire valoir celle du mot symbolique en faveur de sa nou-
velle théorie. Ouant aux mots O'sOti , existence, heure, et o*U)VM, lumière, dont l’initiale 0^ se trouve, au dire de Mr. Salvolini,
invidia , composé de -
qui offre le même cas dans variante du mot dont la finale g a été
supprimée, faute d’être prononcée devant la consonne qui la suit.
SaLVOJLINI SLK LES ORIGINES PHOiN ET, 87
également exprimée par le lièvre, ( i) je ne saurais m'y arrêter , n'ayant point les faits sous mes yeux.
Je passe à de nouveaux faits que Mr. Salvolini expose comme une conséquence nécessaire de son principe des initiales symboliques.
,, Ce fait (des initiales symboliques) de la plus „ grande importance pour l’étude de la méthode „ graphique des Egyptiens, m’a été confirmé, ,, dit Mr. Salvolini, par toutes les conséquences générales , qu’il m’a été permis de tirer de ,, l’examen des textes; et une circonstance qu’il ,, 11e faut pas négliger, c'est qu’il parait avoir eu ,, lieu dès la création même de l’alphabet hiéro- ,, glyphique. Les textes écrits pendant la domination grecque ou romaine, époque où les „ scribes, dans leurs compositions, ont adopté ,, toute espèce d archaïsmes , en offrent une des ,, preuves les plus frappantes. Ce penchant perpétuel des Egyptiens a symboliser les idées, „lors même qu’ils les exprimaient par des sons, „ devint , pour ceux de la basse époque , le „ motif principal (pii donna origine chez eux à
(t) Supra , page 77.
SECONDE PARTIE
,, un fait qui s’est reproduit dans presque toutes „ les littératures anciennes et modernes; je veux „ parler d’une espèce de pédanterie, de rc~ „ cherche , d’ affectation , enfin d’une corrup- ,, tion générale de goiit , aussi bien dans le style ,, de leurs compositions littéraires que dans „ l’exécution de leurs objets d’arts: l'Egypte „ aussi a eu son Nolodaya et ses Secentisti. „ J’aurai occasion, Monsieur, dans l’introduction „ii mon Analyse grammaticale raisonnée de ,, l'inscription de Rosette, de vous présenter un „ alphabet hiéroglyphique qui h appartient qu’à ,, cette époque de corruption ; il consiste dans „une foule d'images hiéroglyphiques qui n'ont ,, été affectées d 'une valeur phonétique qu'à ,, V époque grecque , et cela toujours d apres la ,, valeur symbolique qu'on leur avait donnée ,, auparavant ; ce qui nous révèle qu’au fond „un procédé semblable était bien dans le génie „des écritures égyptiennes, “(i)
Mr. Salvolini n’a pas jugé à propos de fournir un exemple de ces archaïsmes des pédants de la basse époque, qui, par suite de la corruption générale de goxit , mettaient tant de recherches et d’affectation à singer les fondateurs
(t) L. r. |>age.s J'J, 33-
Salvolini sur les origines phonf.t. 89
des hiéroglyphes. Le savant investigateur nous promet cependant tout un alphabet hiéroglyphique, ri appartenant qu’à celte époque de corruption. Dans l’absence donc des preuves de sa part , je me borne ici à citer cette seconde découverte , laquelle du reste, se rattachant aux origines du lièvre nous présage les mêmes aberrations de fait et la même pétition de principe; car, pour établir l’existence des symboles phonÉtises dans la basse époque , il faut commencer par prouver l’existence des symboles phonÉtises selon l’investigateur, cm moment même de la création de V alphabet phonétique. Or, chez Mr. Salvolini la seconde découverte ri étant que la conséquence de la première , et l’une et l’autre ne reposant sur aucune donnée positive , il en résulte une complication de faits propres uniquement à entraver la marche des études hiéroglyphiques, complication qui devient un méandre à mesure que le savant continuateur de l’Egyptologue, avance dans la carrière de ses découvertes.
§. IY.
,,Les monumens appartenant d une époque „ antérieure d la domination étrangère en „ Egypte, offrent, dit Mr. Salvolini, (page 33)
SECONDE PARTIE
„des circonstances bien plus curieuses encore, „ sous le rapport de la question dont il s'agit ici. „ J'ai dit qu’un certain nombre de signes hiéro- „ glyphiques , violentant { 1) en quelque sorte le ,, principe inaltérable du phonétisme égyptien, ,, avaient reçu dès l’époque la plus ancienne , et ,, au moment même de la formation de l’alpha- ,,bet, une valeur phonétique, d'après leur „ emploi symbolique primitif. Il s’est trouvé „ parmi les scribes d’Egypte, chargés de la composition des textes, des espèces de puristes ,,qui ont voulu, dans certaines occasions, ra- „ mener la valeur des signes phonétiques de „ celte classe au principe pur du système dont ,, ils dépendaient. Je me contenterai de citer un „ exemple de ce fait important', je le tire des „ inscriptions qui couvrent le vaste tombeau de „ Rhamsés V, dans la vallée de Biban-el- „ Molouk. On sait, par la Lettre à 31. Da- „cier (et toutes les applications l’ont confirmé
(J) Violenter , c'est le mot; mais ce n’est pas là ce que Mr. Salvolini disait à la page 32, ligne 2, à laquelle se réfère cette violation , qui s’y trouve signalée comme „ une exagération qui ne porte ,, aucune atteinte au principe phonétique.1* On concevra difficilement, en effet, l’idée d’une violation qui ne porte aucune atteinte.
Salvolini sur les origines phonét. 91
,, depuis) , que la valeur phonétique de l’oie „ chénalopex , est un Cî c’est là un des signes 9, phonétiques de la classe dont je viens de „ parler ; sa valeur alphabétique est dérivée de ,, la valeur symbolique Cl, Jils9 qu’on lui avait ,, attribuée primitivement. Or, j’ai observé, dit ,,Mr. Salvolini, que l’hiérogrammate, chargé „des inscriptions du tombeau que j’ai cité, a ,, très-souvent employé le meme signe comme „ représentant la voyelle ü), puisque le nom „de l'oie chénalopex , dans la langue parlée, „ était O^xil . Entre autres exemples inconles- , fiables de ce fait que présente le tombeau de ,,Rhamsès V, je rapporterai le groupe No. 3. » (pl. II .) exprimant le nom du dieu &.ÏW.IUD, ffAnubisf qui sert à remplacer plusieurs fois „ce même nom, tel qu’il s’écrit ordinaire- ,, ment. “ ( i )
On remarquera sans doute que les développemens que Mr. Salvolini expose sur ce troisième f,fait important sont incontestables a ses ,, yeux, puisque le nom de l'oie chénalopex , dans ,, la langue parlée, était OD^H.4* Or, cet argument de Mr. Salvolini n’est d’aucun poids, puisque l’investigateur avance un fait qu'il n'a
(i; Page 34.
SECONDE PARTIE
point prouvé; et si ce savant eut traité la question avec moins de prévention , il n aurait point éludé la nécessité de motiver la préférence qu’il donne à l'oie CD "KIT, sur d'autres, dont les légendes, copiées également par Mr. Rosselini, offrent des initiales identiques à celles des mots C\ et Ltjvipv , exprimant l'idée yî/s en Egyptien. Or, voici les faits :
Le savant auteur des Monument i delV Egillo e délia Nubia , en parlant de Voie nommée &.TTT f ü)TT"K, (et non pas oo^&Yl connue 1 écrit Mr. Salvoliui) dit:
,, E l’altra (voce) , U)TI^S , la quale per
„molti luogi e contesti délié inscrizioni gero- ,,gliliche, ho certezza che signilica l’anitra, ,, e piu precisamente quella specie di oca „ d’ Egillo, che era tenuta in tanto pregio per ,,ciharsene, e che spesso si serviva aile mense „ e si ojferiva sidle are , corne molti esempi „ dimostrano. (i ( 1 )
Cette observation prouve-t-elle le moins du monde, que Voie appelée &ir"S et U)TT"K , était précisément celle que les grecs nommaient %>iva- VcujiijÇ? La preuve du contraire, c’est que Mr. Rosselini dit absolument la même chose au sujet
(1) Mon. Civ. Toin. 1. page 15 7.
Salyolini sun les origines piionkt. 93
de trois autres espèces d’oies , représentées sur la planche XII. ,,Yediamo aile figure 1. 3. 9. „ rappreseutate tre anseres; ma tuile tre avc- „vano un diverso nome presso gli Egizi , che „gran pregio fucevano di quesV ucello per ,, cibarsene , e per offrirlo sulV are, e che, per ,, quanto apparisce, distingue vano in diverse „specie, secondo leggieri variété o qualité „degl’ individue. La prima (lig. 1.) è chiamata ér, oppure ro — l'altra (lig. 3.) o
„VHDpTl, ierp o thôrp — la terza (lig. 9.)
Sobh o Sabh.“( î)
Nous voyons ici que les Egyptiens fesaient le même cas de ces trois especes d'oies que de celle appelée œm , et qu’ils les offraient toutes également en sacrifice. Mais dès- lors que l’espèce appelée (lig. 9.) offre a l’investi-
gation V initiale identique au mot ci, fds, symbolisé par le chêna/opex d'Horapollon, à quel titre Mr. Salvolini rejette-t-il ce rapprochement et prétend-il que Voie U)YT^, est le chênalopex en question?
Mr. Rossi, dans ses Etymologiae Aegyptiacae , nous offre aussi la forme thébaïque cd£itt/ et baschmourique , anser , qu’il identifie
(t) L. c. page 183 sq.
SECONDE PARTIE
au mot arabe et chaldaïque NT1N; mais il ne prétend pas que ce soit là le chênalopex.
Cependant le mot composé 1aVU£-G(A)0C, que la Scala Magna donne également pour le nom d’une oie , n’offre-t-il pas, dans sa première portion KV,îVe, une forme identique à celle de yi)v et yyjva grecs? Bien plus: le mot U) , ( 1 ) indiquant le nom de la AÔlle de la Thebaïde, que les grecs appelaient yrjvofiooy.ia ,(2) ce mot, 11e nous offre-t-il pas, également dans sa première portion vyv.îW,, Chéné, une forme encore plus prochaine de celle de X rjv chêne, et dont V initiale UJ, (Ch) est identique à celle de vyv\\)\, Chéri, fils, s)rmbolisé par le Chênalopex d'Horapollon ?
C’est donc encore gratuitement que Mr. Salvolini enseigne, comme une chose positive, que ,, la valeur alphabétique G , reconnue par Mr. ,, Champollion à l'oie chênalopex , est dérivée ,, de la valeur symbolique Q\,f/s, qu'on lui „ avait attribué primitivement. (( (Supra, p. 91 .)
(1) Rosui , 1. c. page 261.
(2) Le mot U)V.f\V,CVV^S répond exactement au mot /r]vop6(rxiu-, car CIV^ n’est qu’une variante de
/ CO^, signifiant entre autres servare , et offrant les mêmes analogies que ce mot latin.
SaI.VOLINI SUR Ï.ES ORIGINES PHONET. 95
Quant à l’application que Mr. Salvolini fait de l'initiale du nom de l’oie (lisez
U)TT^,) a \&.fnale du nom du dieu &ÎW.TUX), cette application ne saurait rien prouver en faveur de sa découverte, attendu que l’image de l’oie UDTVHÇ , n’a pas plus le droit d’exclure des textes hiéroglyphiques l'image des autres espèces d'oies , que le serpent, dont les diverses espèces offrent les initiales a, t, rh, A, Ah, etc.
L’identification de l'oie U)TTT a l'oie chênalopex, étant donc arbitraire à tous égards, la critique aura encore une fois la mesure des assertions de Mr. Salvolini, et saura la foi qu’elle doit attacher à la découverte de ce nouveau fait important, par lequel le savant investigateur signale les puristes des siècles postérieurs, qui ont voulu ramener au principe générateur des signes phonétiques, les initiales des noms de ceux des objets physiques , dont l’image servait dans l’origine , à exprimer dans les textes hiéroglyphiques, les initiales de leurs noms symboliques.
En terminant ces analyses, je dois faire observer que Mr. Salvolini tend, par sa nouvelle théorie, non seulement à jeter une confusion inextricable dans la question du système phonétique, établi par son illustre maître, mais
SECONDE PARTIE
à démentir à la fois la simplicité théorique de ce système et a détruire par le fait de ses applications, la portion la plus lumineuse des découvertes consacrées par Mr. Champollion.
Quant à la simplicité du système phonétique de l’Egyptologue, on sait qu’il repose exclusivement sur l’emploi des initiales des noms d'objets physiques , et que Mr. Champollion écarte comme inadmissible l’hypothèse de ceux qui admettraient pour éléments phonétiques les initiales des noms des idées symboliques ou métaphoriques , exprimées par des images d'objets physiques. Or, Mr. Salvolini veut introduire précisément ce genre d’initiales, dont il essaie d’établir l’existence sur des exemples aussi arbitraires que sa nouvelle théorie.
Peu content de ce fait subversif de la théorie de son maître, Mr. Salvolini essaie de porter atteinte à la portion la plus lumineuse de cette théorie, celle de l’avantage que les Egyptiens surent tirer de la multiplicité de leurs signes phonétiques: ,, en symbolisant une idée au moyen des caractères qui représentaient d’a- ,, bord le son du mot, signe de celte idée dans ,, la langue parlée. “(i)
(1) Supra , page 65.
SalVOLINI SUR LFS ORIGINES PTIONFT. 97
„ Ils purent, en conséquence, dit Mr. Cham- „pollion, pour écrire les sons principaux et „ toutes les articulations d’un mot, choisir parmi „ les divers caractères homophones, qu'ils étaient „les maîtres d’emplojer, ceux qui , dons leur ,, forme, représentaient des objets physiques ,,en relation directe ou conventionnelle avec ,, Vidée signifiée par le mol, dont ces mêmes ,, caractères servaient d’abord à exprimer la „ PRONONCIATION. {(
„ Ainsi, par exemple, ils auraient de préférence exprimé le c "du mot ci ou C£ (si, sé), „fls, enfant, rejeton, nourrisson, par le „ caractère ovoïde, parce qu’il représente soit ,, un oeuf, CU)0*£, (sôouh), soit un germe, ,,unc semence, en langue égyptienne cr \f „ (sili), ou un grain de froment, CO^l) , (souoy ; „dans le groupe CV., ( sé ) ou (sché), qui ,, a la même valeur, ils auraient employé l’oie „ ou cmÉNALorEX, parce qu’ils avaient remarqué, „ selon Horapollon , que cet oiseau avait une ,, très-grande tendresse pour ses petits: YLov ôi „ ftov'i.ôiuvoi yçccipai , XJINAAS21JEKA Çur/Qa- ,,(povoi, Tovro yàn ro jwov (fièorexvwcaror v:x- ,, ci qxu. Voulant écrire fils, les Egyptiens „ peignent un chénalopex , parce que cet animal „aime beaucoup ses petits. u (p. 65, 66, supra)
SECONDE PARTIE
Ainsi donc les caractères hiéroglyphiques représentant un oeuf , une semence, un grain de froment , l'oie-chenalopex, servaient d’abord à exprimer Vêlement-consonne G, à l'aide de leur initiale — et ne devinrent que plus tard des symboles. Et c’est ce principe de la symbolisation postérieure des caractères phonétiques, établi par 31r. Champollion sur une série d’exemples non équivoques (1) — c’est ce principe le plus lumineux du système de 1 Egyptologue, que Mr. Salvolini menace de paralyser par les complications de sa spécieuse découverte des signes symbol i ou es piionÉtises, découverte contre laquelle son maître s'est si hautement prononcé dans sa théorie.
One l'on s’imagine maintenant l’attitude de l'investigateur qui, abjurant le principe exclusif de
la SYMBOLISATION DES SIGNES PHONETIQUES, et
guidé par l’école de Mr. Salvolini, se vouerait à la recherche et à la distinction:
1°. D’abord, des initiales appartenant aux noms tropiques ou symboliques des images d’objets matériels.
2°. Ensuite, des initiales appartenant aux noms propres et directs d’objets physiques,
Ct) Supra, pages 53, 54.
Salvolini sur les ORIGINES PHONÉt.
dont le système hiéroglyphique adoptait les images.
3 °. Apres, des initiales appartenant aux noms directs d’objets physiques, dont les images, employées d’abord à la simple expression des sons et des articulations, ont servi plus tard à exprimer en même temps des idées symboliques, puisées dans les propriétés des dits objets.
4°. Enfin, des initiales appartenant également aux noms directs d’objets physiques, mais lesquels objets étaient primitiveaient destinés à exprimer des élémens phonétiques à l’aide des initiales des noms des idées tropiques, attachées aux images des dits objets!
Telle est la carrière d’investigation , que Mr. Salvolini ouvre à la sagacité des érudits, et dont il retrace les erremens, fondés sur les découvertes, qu’il se propose de livrer au public.
Persuadé que je suis du talent de cet archéologue, et des progrès que les études hiéroglyphiques doivent attendre de ses lumières, je ne puis que regretter de le voir exercer sa sagacité au succès des recherches si peu profitables à ces études , et qu’il aurait lui-même désavouées , s’il eût eu le loisir de soumettre ses nouveaux aperçus au contrôle de son érudition.
SECONDE PARTIR
( ' hapitre Cinquième.
OU
A IOXO fi R i M AI E S P // O \ Ê T I QU E S .
Il est temps de nous occuper des signes phonétiques employés par abréviation, dont parlent les anciens écrivains, et qui ont été reconnus par Mr. Champollion dans les inscriptions hié— roglyphiques. J'exposerai d’abord la doctrine de ce savant.
DOCTRINE DE Mr. CHAMPOLLION