‹ Archéologie égyptienneChapitre 12 sur 46 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

LT, S MOTS ABRÉGÉS DE L ÉCRITURE P II O V É T I q U E.

„ La tendance générale du système hiéroglyphique égyptien, quoique composé de trois „ ordres de signes essentiellement différais dans 9,leur mode d’ expression, semble avoir été de „ peindre, soit les objets des idées, soit les ,,mots qui en sont les signes oraux , de manière „ à présenter le mieux possible , au propre ou f,au figuré , l'image même de ces objets, ou „ celle de leurs qualités distinctives. Il dut „ résulter nécessairement de cette tendance, que

SlÜLES OIT MONOOR A3TI»I ES PHONETIQUES. (01

9, certaines règles présidèrent , comme 011 vient ,,de le voir, à la notation des sons des mots par „le moyen de caractères -images. On dut ,, donc choisir certains caractères phonétiques ,, dans la table des homophones, et de préfé- ,, ronce à tous les autres, pour les affecter plus ,, particulièrement à la représentation des voy- ,, elles ou des consonnes de certains mots; et de habitude contractée d'écrire tel ou tel mol „ par tels caractères phonétiques y plutôt que y, par d 'autres y il arriva qu'on put y sans de ,, grands inconvéniens , et dans le but de „ rendre l'Écriture plus expéditive, se conyy tenter de tracer , soit le premier, soit les ,, deux premiers signes , ow même le premier y, et le dernier signe phonétique d’un certain ,, nombre de mots , et sur-tout de ceux qui rcvc- „ liaient le plus fréquemment dans un texte.

„ Quelle que puisse avoir été l’origine de ces ,, abréviations, il est de fait quelles existent , , clans la plupart des inscriptions liiéroglyyypliiques ; et l'on peut facilement en acquérir yyla convictioiiy en comparant, par exemple, ,, deux manuscrits funéraires contenant les ,, mêmes peintures et les mêmes légendes. La yypréscnce de ces abréviations, assez nomyybreuses dans les textes égyptiens , n'a pas peu

102 SECONDE PARTIE

„ contribué à faire croire à l existence d'une „ énorme quantité de signes symboliques dans „ le système hiéroglyphique. La collation seule y, de plusieurs papyrus roulant sur une meme ,, matière , a pu nous avertir à cet égard y et ,, nous donner la certitude que beaucoup de yy signes isoles } observés dans un texte , ne sont yy très-souvent que les signes in itiaux dégroupes ,, phonétiques, qu’un second texte nous montre , , complètement exprimés. Nous avons noté „dans notre Tableau général, plusieurs de ces „ abréviations; elles y sont placées à la suite ,,des groupes complets. “(i)

À la page 192, 4° Mr. Champoliion observe ,,que dans récriture hiéroglyphique tout groupe „ exprimant une idée, soit phonétiquement,

„SOit SYMBOLIQUEMENT, était SOU Vent ABRÉGÉ,

„et qu on se contentait de tracer un ou deux „des signes principaux du mot ou du groupe. „ Ces abréviations, dit l’investigateur, sont très- „ fréquentes dans les textes hiéroglyphiques , et „c’est-là, dit-il, une des difficultés qu’on doit „ surmonter, lorsqu’on veut se former une idée „ exacte, soit de leur contenu, soit de la nature ,, des signes dont ils se composent. t£

(1) Pa^es 372—374. No. <)1.

SlOLES OU MONOGRAMMES PHONETIQUES. 103

Ou aura déjà remarqué (i) l’incertitude de3Ir. Champollion à l’égard du motif qui a présidé à l’emploi de ces abréviations. L’investigateur dit d’abord qu elles avaient été introduites „dans le but de vendre V écriture plus expédi- 9,tive. “ Immédiatement après il nous dit que: ,, quelle que puisse cire l' origine de ces abréviations, il est do fait qu elles existent dans „ la plupart des inscriptions hiéroglyphiques — ,, — Que la collation de plusieurs papyrus, ,, roulant sur une meme matière, a pu l'avertir „ à cet égard, et lui donner la certitude que „ beaucoup de signes isoles .... ne sont très- ,, souvent que les signes initiaux de groupes „ phonétiques, qu’un autre texte montre com- „ plétement exprimés. “

Il suit de ce résumé que Mr. Champollion, tout en reconnaissant l’existence de signes isoles représentant chacun pour sa part, soit le signe j ri n cip ai. d'un groupe symbolique, soit l’initiale OU PREMIER ELEMENT d'un WlOt , et tout en disant que ces abréviations ont été introduites ,, dans le but de rendre l'écriture plus ,, expéditive n’insiste pourtant pas sur le véritable motif de leur origine; mais nous savons

(I) Supin, page loi

SECONDE PARTIE

toutefois, que dans la doctrine de l'Egyptologue, ces abréviations ne sauraient être attribuées au secret y vu que, selon Mr. Champollion, l'écriture hiéroglyphique n otait pas plus secrète que nos alphabets. (1)

En me réservant de traiter plus tard la question de cette prétendue notoriété de l’écriture hiéroglyphique y je vais citer maintenant les données des anciens sur ces abréviations.

§. II

Page 1