SECONDE FAUTIF
ont donné tontes sortes d étymologies. Maïs, si la critique, se reportant à l’origine des Sigles , voulait y reconnaître des signes destines à /'expression secrète des choses , il lui serait dès-lors facile de rattacher le mot JEiyXai au thème oiyi ) silence , secret , et de ne voir ainsi dans ce mot, pris au singulier 2hy\6v, qu’une forme contractée de ^ryaXou (oijudov) ce (pii signifierait signe muet , secret , silencieux.
Telle est, en elfet, la signification du mot que Golius, sur l’autorité de deux auteurs arabes, explique par: „ typus , subtile signum, „ct nota rei: dicuntur et siglaf item (1)
L’auteur de cet article rapporte en noie le mot grec K AP Al, têtes, qui fait allusion aux cinq chefs de l’Eglise grecque et qui olfre en même temps, par les cinq lettres dont il est composé, les initiales des noms des cinq sièges dont ces chefs étaient les patriarches; savoir; Constantinople, Antioche , Rome , Alexandrie et Jérusalem.
Dans le T. II. page 552. l’auteur cite encore en note l’image du „ poisson, symbole que les pre- ,,miers Chrétiens faisaient graver sur leurs cachets, ,, leui s anneaux, sur les lampes, les tombeaux et les „ urnes sépulchrales. Et l’auteur observe, que „le inot IX OT S, poisson, olfre, dans la série des cinq lettres dont il est composé, les initiales des mots : hjuovç XçtcrTOi Oene Ti-oç -'wTijQ.
(l) Page 281*1 de l' tppendi.r.
S IG LFS OU MONOGRAMMES PHONETIQUES. 107
„AENiGMAct — explication A laquelle Méninski, dans son dictionnaire, ajoute les mots ,,indicatio ,,et sermo tcclus i( plus les mots français ,,pn- „roles couvertes , énigme , chiffre. (i
Du reste, ceux qui ont étudié les vicissitudes des mots , pourraient également ne voir dans le mot grec ^iiylou qu'une variante du mot chaldaïque ü^2VZ>(signum,) on eut dit copié du latin, et signifiant entre autres signum , signaculmn , sigillum , et symbolum, idées qui rentrent parfaitement dans la question.
Dans mon article sur les procédés cabalistiques, placé à la fin de mon Essai sur les hiéroglyphes d'Horapollon , j’ai fait voir que la méthode A coioloyr/.i] âià xc)r ttqioxojv xsxoi- X e i m v , répondait aux m’2n de la Cabale,
que Duret rend par „ chefs des dictions , des „vocal>fes‘£ c'est-à-dire, initiales des mots. Il importe de remarquer cependant que, dans la méthode dite KvQioXoyim ) dià xtox n<mxiov axoïxeiwv , l’épithète hvQioXoyno ) témoigne, que cette méthode devait offrir la charpente «le chaque mot, sauf les voyelles dont la présence était toujours conditionelle; tandis «pie, dans la méthode rYOH on n’employait rigou-
(l) T.» thème de ce mol sa retrouve dans l'Arabe.
SECONDE PARTIE
rensement (jue les seules initiales, ce qui identifie cette méthode a celle des énigmes , qui forment la troisième et dernière espèce des symboles, et présentent toujours un sent signe pour tout le mot; de manière que les symboles énigmatiques , offrant tacitement la seule initiale d’une expression occulte, répondait aux nï2n des Rabins, au des arabes
et aux Sigles , Jïiylcd , des Grecs anciens, quelle que fût l’origine de ces derniers.
Les sigles appelés singulae litterae par Cicéron (supra , page 105 note 1) sont désignés sous la même épithète par Ammien Marcellin dans sa donnée relative û l’expression des signes hiéroglyphiques: „Formarum autem innumeras ,, notas, liiÉroglypiiicas appellatas, quas ei ,, undique videmus incisas, initialis sapientiae „ vêtus insignivit auctoritas. Volucrum enim ,,f er arum f que , etiam alieni mundi, généra ,, mulla sculp entes , ad aevi quoque sequentis „ aetates ut patratorum vulgatius perveniret me- „moria, promissa vel soluta Regum vota mon- ,, strabaut. Non enim, ut mmc litterarum ,,numerus praestitutus et facilis exprimit quid- „quid humana mens, concipere potest; ita ,, quoque prisci scriptitarunt Aegyptii : sed sin- ,, gulae litterae singulis nominibus serviebant
SlGLES ou monogrammes phonétioues. 109
,,el verbis. Noununquam signifîcabant integqos ,,sensus; cujus rei scientiae in his intérim sunt duobus exemplum: per vullurem naturae vo- „ cabulum pandunt, quia mares nullos posse j, inter bas alites inveniri rationes memorant „ physicae ; perque speciem apis niella confi- „cientis indieant Regem , moderatori cum jri— „cunditate aculeos quoque innasci debere his „ signis ostendentes , cl similia plurima. “ ( 1 ) J’ai rapporté ici tout le passage; mais le lecteur attentif s’apercevra que les deux exemples tpie l’auteur vient de citer, forment une
I question à part et se rangent parmi les signes qui nonnunquam signifîcabant integros sensu s , c’est-à-dire, parmi les signes dits tropiques ou figurés. Il reconnaîtra en meme temps l’accord qui existe entre la première portion de ce passage et la donnée d’Apulée, que j’ai rapportée ci-dessus, Tune et l’autre établissant de la manière la plus explicite l’existence de la méthode des sigless ou initiales des mots: des figures d'animaux , n’étant que des lettres occultes fjCompendiosa verba suggèrent es. a cu- „riosa profanoriun lectione munita, u dont parlo Apulée — et les singulae litterae d’Ammien
(l) Amin. Marc. L. XVII. c. 4.
SECONDE PARTIE
servant à exprimer des 1107ns et des verbes dont elles étaient les initiales sous la ligure d'oiseaux , d'animaux et de plusieurs autres genres fantasques: ,,alieni mündi“ gravés sur les monumens.
§. III
l\ É S U JM É-
Mr. Champollion nous a dit :
,, 1 °. Que ces abréviations sont tres-fré- ,, queutes dans les textes hiéroglyphiques et que „c’est-là 7tne des difficultés qu'on doit sur- ,, monter, lorsqu’on veut se former une idée ,, exacte, soit de leur contenu, soit de la na- ,,ture des signes dont ils se composent. ee(i)
„ 2 °. Que la présence de ces abréviations, ,, assez nombi’euscs dans les textes égyptiens, „n’a pas peu contribué à faire croire à l’existence d une énorme quantité de signes symboliques dans le système hiéroglyphique. “ (2) Or, chacun conviendra que ces prétendus
SIGNES SYMBOLIQUES OU IDÉOGRAPHIQUES, lie
cessaient d'être tels qu’a mesure que Mr. Champollion en découvrait la valeur phonétique ou alphabétique, en reconnaissant que ces signes
(1) Supra , page 102.
(2) Suprà, page 101 sq.
Sioi.es ou monogrammes phonétiques. 111
n’étaient que les initiales des mots dont il avait saisi le sens à l’aide de ces solides rapproehemens.
S’il advenait maintenant qu’un autre investigateur, surmontant les difficultés avouées par Mr. Champollion , allât, n’importe par quel procédé, découvrir l’expression alphabétique de tous les signes auxquels Mr. Champollion reconnaît une valeur soit représentative, soit
SYMBOLIQUE, TROPIQUE OU ÉNIGMATIQUE, Soit
même anaglypiiique . . . son autorité appuyée sur celle des anciens, suffira-t-elle pour étouffer la voioc de ces signes rappelés à la lumière, et pour les refouler dans le domaine ténébreux de ses fantômes symboliques? — C’est -la pourtant ce que Mr. Champollion a cru pouvoir faire dans sa Critique contre ma Méthode de déchiffrement, appliquée par Mr. Klaproth(i) aux hiéroglyphes d'Horapollon. En plaçant sous les yeux de mes lecteurs cette critique de l’Egyptologue, je m’abstiendrai de reproduire les exemples qu’il attaque; je me bornerai à l’examen de ses objections théoriques.
(I) Lettre sur la découverte des hiéroglyphes acrologiques , adressée à Mr. de Gouliauof.
SF.COM> E PARTI K.