‹ Archéologie égyptienneChapitre 15 sur 46 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

CRITIQUE VE Mr. ClIAMPOLLION CONTRE MA MÉTHODE DES INITIALES.

Les considérations critiques de l’Egyptologue renfermant des objections plus ou moins graves, je vais tâcher d’y répondre, en les résumant selon les exigences du sujet.

,,Mr. de Goulianof, dit 31r. Champollion,(i) ,, croit être parvenu à reconnaître que la plupart „des hiéroglyphes expliqués par Horapollon „et autres auteurs de l’antiquité, ne sont rien ,, moins que des caractères symboliques ou ,, idéographiques. Et f Eg3’ptologue fait observer en premier lieu, que la démonstration „d'un tel énoncé infirmerait le témoignage des ,, auteurs les plus estimés de l’antiquité, qui „ spécifient, dit-il, unanimement des caractères „ symboliques ou idéographiques, parmi les ,, élémens constitutifs de l'écriture hierogly-

,, PHIQUE. “

(1) Bulletin des Sciences histor. Antiq. Philol. Avril 1827. art. 330. Page 289 el suiv.

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J’ai prouvé en son lieu(i) que les anciens auteurs n’ont jamais entendu par le mot Jlvufiola , symboles , des signes exclusivement idéographiques, et que cette confusion de mots et d’idées n’est, dans la doctrine de Mr. Champollion, qu’un tribut payé à l’esprit du siècle et qu’un emprunt fait a l’archevêque Warburton.

Je dirai maintenant,

1 °. Qu’aucun des hiéroglyphes , expliqués par Horapollon ou autres anciens écrivains, n’est idéographique — ou symbolique , dans le sens de Mr. Champollion.

2°. Que chaque signe simple et isolé, exprime l'initiale du nom de l’objet qu’il représente.

3°. Qu’un signe, une image quelconque est censée être idéographique , chaque fois qu’elle représente mystiquement :

«, soit l’initiale du mot convenu — et alors le signe est ordinairement simple. (2)

6, soit les élémens plus ou moins complets d’un mot — et alors c’est un diagramme.

c, soit, enfin, que ce signe, cette image offre.

(1) Suprà , pages 43 — 56. Première Partie.

(2) Il est quelquefois double ou multiple, ayant une seule valeur.

SECONDE J’ARTIE

dans l’expression de son nom, une assonance avec le nom de l’objet qu elle représente d’une manière occulte — et, dans ce cas, c'est une allégorie. ( 1 )

„ La démonstration d'un tel énoncé , dit Mr. ,,Champollion, infirmerait le témoignage des „ auteurs les plus estimés de l'antiquité , qui ,, spécifient unanimement des caractères symbo- „ liques ou idéographiques parmi les élémens ,, constitutifs de l’écriture hiéroglyphique. “ Or, j’aime à espérer, que ceux qui s'intéressent aux progrès des études hiéroglyphiques, s'empresseront d’en accepter l’augure ; car — notez bien — Mr. Champollion parle de démonstration ; et la démonstration des faits matériels passe avant les témoignages; car démontrer — c’est faire voir aux yeux les choses dont on parle, ou dont on affirme l’existence ; et c’est la tâche que je me suis imposée. Quant aux témoignages des anciens , je leur consacrerai bientôt un chapitre séparé; et l’on verra, en les étudiant, jusqu’à quel point ils sont favorables à la doctrine de l’Egyptologue qui invoque sans cesse leur autorité.

(l) Voir la définition de l'ai lég'orie , à la page 132 sitprà.

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„ On suppose (continue Mr. Chainpollion au ,, sujet de la Lettre de Mr. Klaproth) que les ,, signes mentionnés ou expliqués par Hora- „pollon, ne servent qu’à faire connaître la ,, lettre initiale du mot attaché à la chose qu’on ,, voulait indiquer. Il se présente, dit-il, une „ objection bien simple contre une pareille „ thèse: si cette méthode d'expression souve- ,, rainemenl absurde , eut existé dans le système ,, hiéroglyphique , comme veut bien le supposer „ Mr. de Goulianof , et si telle eut été en parti- „culier la nature des signes exposés dans le „ livre d'Horapollon , cet auteur , Egyptien lui- „même, ne se serait-il pas contenté de dire tout „ simplement , par exemple, que limage d'un „ vautour indiquait lidée mère , parce que ces „ deux mots , en langue égyptienne, avaient la ,, même lettre pour initiale , au lieu, dit Mr. „ Chainpollion, de recourir, ainsi qu’il le fait „dans cette occasion et dans toutes les autres „ à des faits naturels , ou à des traditions populaires, pour expliquer la relation que les „ Egyptiens trouvaient entre cet oiseau et l’idée „ mère ? “

Mais cette objection de l’Egyptologue n’est qu’une pur e facétie; etMr. Champollion est bien bon de voidoir nous faire accroire qu’Horapollou

SECONDE PARTI F

ne»

eût la mission d'expliquer les choses tout simplement : son but n’était pas û beaucoup près, de dire les choses telles quelles sont, mais de motiver un mystère par une imposture: et les billevesées et contes-bleus de l'écrivain niliaque, loin d’être de son cru, 11e sont et ne peuvent être que des extraits du vocabulaire mystique, forgé dans les hypogées du sacerdoce égyptien, dans le but, comme je l’ai déjà dit, de donner le change û ceux qui étaient en droit de l’interpeller. „ L'objection bien simple “ qui s’est présentée à l’esprit de Mr. Champolliou, est donc par trop déplacée dans une question où il s’agit de ruses et de mystères, pour qu’un lecteur attentif soit dupe de pareils argumens. Et ici Mr. Champollion semble oublier que les symboles d’Horapollon renferment, selon lui, les plus profonds mystères ; qu'il a même désavoué le titre Ieçoylvcpixà que porte le petit traité en question, et a rangé ces symboles dans le système des signes exclusivement réservés à l'intelligence du sacerdoce. Cela étant , on ne saurait sans inconséquence , admettre ou supposer que 1 auteur du dit traité, ait pu expliquer les choses telles qu'elles étaient, et divulguer impunément le véritable motif de ces symboles, motif fondé sur les mystères de la langue dite sacrée des

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Egyptiens, c’est-à-dire, de leur lan gue symbolique. Du reste, quelque irrevocable que semble êtré l’opinion de l’Egyptologue, son embarras perce à travers ses plus pressantes objections; car apres avoir attaque sans réserve ma méthode des initiales , et l’avoir proscrite à tout jamais comme „ mie méthode d'expression souverai- ,,nement absurde, u Mr. Champolliou fait un retour sur lui-même, et dit: „Du reste , la „ découverte fut-elle certaine, on n’y recon- „ naîtrait bientôt qu’une nouvelle application de „ mon alphabet des hiéroglyphes phonétiques; ,, et si l’on prétend, dit-il, que ces initiales ,, de mots sont employés isolement , elles rentreront alors dans la foule de ces lettres ,, initiales, employées par abréviation, et „ d’un usage si frequent ( ! ) dont j’ai parlé , ,, dit-il , suffisamment dans mon Précis du sys- „tème hiéroglyphique , pages 192, 372 et 373. „Mais, ajoute Mr. Champollion, les caractères ,, cités par Horapollon resteront toujours ce „ qu’ils sont de fait: de véritables caractères

„ SYMBOLIQUES OU IDEOGRAPHIQUES. “

Ainsi donc, rapprochement fait de ces assertions finales de l’Egyptologue, avec les dénégations qui les précèdent, il résulte, en dernière analyse, que ma méthode des initiales,

SECOND*: PARTIE

„ méthode d 'expression souverainement ab- „ surde , et fondée sur des suppositions et des ,, conjectures hasardées — méthode qui n'est „ enfin qu'une pure illusion de mon ignorance, „ — peut cependant , sans difficulté , rentrer „dans la foule de ces lettres initiales, emj,ployées par abréviation et d'un usage si „ fréquent ! u

Cette péripétie de la controverse de Mr. Cliampollion le jeune est sans doute un pis aller très-favorable à la priorité de sa découverte des initiales; mais elle renverse en même temps tout l’édifice de sesargumens contre ma méthode des initiales , à laquelle il accorde néanmoins 1 honneur de ta nouveauté. Plus nous avançons dans la carrière de ces analyses, et plus nous reconnaissons le moi de Mr. Champollion.

Eu résumant le système de ce savant, j’ai promis (pag 29(i) de signaler les étranges dénégations et réticences de l’Egyptologue touchant les hiéroglyphes phonétiques.

Mr. Champollion déclare que les deux livres d’Horapollon , que Mr. Klaproth dans ses applications à ma méthode „ regardait comme les „ preuves les plus frappantes de la vérité de „mon système , sont précisément ceux qui en „ prouvent le mieux toute la fausseté. u Mr.

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Champollion s’est donné la peine ,, d’établir sur des „ preuves matérielles , que l'auteur du nouveau ,, système (Goulianof) ne connaît pas même les „ premiers élémens de la grammaire copte ou „ égyptienne. u (L. c. pages 290 — 298)

Comme ce jugement définitif, provoqué par le travail de Mr. Klaproth , est un arrêt contre ma méthode des initiales, je vais, pour éclairer les préventions, chercher dans les propres découvertes de l’Egyptologue les moyens nécessaires a la critique pour se prononcer dans la question élevée entre Mr. Champollion le jeune et l’auteur du nouveau système des initiales.

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