II. Partie I. Sect. Ch. VII
Symboles alphabétiques d’Hor apollon. 1 2Î
„ seulement qui lui paraissent avoir réellement „le sens que cet auteur leur attribue “ — Mr. Champollion désavoue par le fait l’authenticité du second livre d’Horapollon(i) dont les symboles semblent ne lui avoir offert aucun moyen de rapprochement.
3 °. Que les treize caractères auxquels Mr. Champollion croit avoir reconnu, dans les textes hiéroglyphiques, le sens qu’Horapollon leur attribue — sont des signes essentiellement symboliques , tropiques ou énigmatiques , et n’ont rien de commun avec les hiéroglyphes proprement dits.
Telles sont les assertions que je me propose d’examiner, en laissant au lecteur le soin de confronter, dans mon tableau synoptique ci- joint, les chiffres indiquant les chapitres des deux livres d'Horapollon, avec les numéros appartenant à V alphabet harmonique de Mr. Champollion.
J’aborde les hiéroglyphes que je crois susceptibles de quelques remarques.
[1] C. II. Le vautour est, chez Horapollon, le symbole de la maternité, ( 2) par la raison qu’il
(1) Voyez supra , page 273 et suiv.
(2) Voir supra , 115 le vautour-mère de Cliainp.
engendre sans le secours du mâle : l’idée principale est donc ici nécessairement celle d’engendrer, de produire , d'accoucher , idée donnée par le mot copte H&.K&Y, dont l'initiale H se trouve, tout de même, exprimée par le vautour dans l’alphabet harmonique de Mr. Champollion. Ainsi donc le vautour donné par Ammien Marcellin (supra, p. 109) pour exemple des signes qui nonnunquam signijicabant integros sensus , rentre en dernière analyse dans la classe des singulae litterae , quae singulis nominibus serviebant et verbis; et cela nous explique l’avertissement d’Ammien qui nous dit ,, per vulturem naturae vocabvlum pandunt. “ lue vautour est, en outre, l’image
— de la vue H&A, ( Naou ).
— du temps, tviaviov , temps défmi et année :
, (Néi).
— de la miséricorde Hm , (Nat') ou du miséricordieux IIxvi'A , ( Naêt ).
— de la prévision , nQoymtotv IIlS^X, (Niât), considerare , observare , intelligere.
— des limites Hy&AS , (Néat).
— - de Minerve HeWB, ( Néêth ) ou Ik\B, (. Néith ).
Il faut, malgré qu’on en ait, reconnaître ici la méthode des initiales à côté des homonymes.
Symboles alphabetiçues d’Horapollon. 123
[2] C. 14. Le temple , cité dans ce chapitre d’Horapollon, est rendu dans le tableau général des signes de Mr. Champolliou sub No. 291 par deux caractères, dont le premier se retrouve dans son alphabet harmonique sous la valeur D :
S , (No. 102.) et le second (No. 43.) sous les valeurs I, El, H, Coptes. Le premier de ces deux signes, No. 102, à côté duquel se trouve un point d'interrogation, témoignant l’incertitude de l’Egyptologue, répond ici au 117 hébreu, dont la valeur varie selon ses points diacritiques, de même que le (j* arabe, qui, tel qu’il est, vaut 5 ou ç, et qui se prononce comme sh anglais, ch français, lorsqu’il est marqué de trois points Ces aperçus
nous donnent donc C — UJ, s — ch, pour le premier signe et H — E , ê , é , pour le second.
Or, loin d’admettre avec Mr. Champollion, que ces deux signes superposés représentent symboliquement un temple , ainsi qu’il l’enseigne en plaçant (pT\v, spTTC) en parenthèses à la suite du dit No. 291 — non plus que le second qu’il donne sous les Nos. 278, 279, 280, et dit être le signe figuratif des idées, maison , demeure, habitation , — loin d’admettre, dis-je, ces leçons de l’Egyptologue, je vois, dans le premier signe, l’initiale du mot UJoTSUJODOISU)' r
124 SECONDE PARTIE
(Chouchôouclii,) d-voîa, laroeia, sacrifice, culte, adoration; et, dans le second, l’initiale du mot Hl, ( Ei ) demeure, maison , etc. Les deux signes en question représentent donc tout bonnement les initiales de deux mots coptes signifiant: maison d’adoration, de culte, de sacrifice, et répondant aux mots kqov et sacra, qui signifient également temple et sacrifice, de même que le mot Slave mpeôeiqe: temple, maison de sacrifice, de nip e6jK> , je sacrifie.
C’est donc faute d’attention que l'Egyptologue a donné au groupe que je viens d'analyser une valeur symbolique , tropique ou figurée.
[3] C. 15. Les bras levés du Cynocéphale, ollrant ses actions de grâces au ciel, se rattache au prétendu symbole idéographique de V offrande, que Mr. Champollion donne sous le No. 308 a, de son tableau général, et (fui n’est, au fond, que l'initiale mystique du mot KopLvu,
( Korvène ,) Ljô munus, oblatio , sacrificium,( î) qu’on lit à la page 217 de la Scala
(1) Ceux qui objecteraient que le mot
n’est point égyptien, mais sémitique, auraient raison, si Mr. Rossi ne nous eût donné un gros volume de mots égyptiens communs aux langues sémitiques; et d’ailleurs, la charpente du mot KopÇkyîA est
Symboles alphabétiques d’Horatollon. 125
Magna — laquelle initiale mystique se reproduit sous le No. 56 de l’alphabet harmonique de Mr. Champollion, comme initiale directe et légitimé du nom de l'hiéroglyphe qui représente une coudée Kü)i , ( Koï ) et KxXXXïiKAg , (. Kal lankagh). Et si le lecteur est curieux de savoir pourquoi ce sont les bras du Cynocéphale et non ceux de l’homme qui symbolisent V offrande , je lui dirai que ce symbole est à double lin: que le cynocéphale allégorise par lui-même l’ offrande ou V action d'offrir un sacrifice , à la faveur de son nom générique , (èné) qui signifie un singe et l'action d'off rir un sacrifice.
une forme du thème radical Kp t qui exprime l'idée première des mois offrande et sacrifice ; en effet K00p\^ veut dire trancher, couper ; IvOpX , trancher, fendre , blesser; Kop^v, couteau — acceptions qui se reproduisent dans les mots UJVTX, lyOTX, signifiant caedere , secare , e x scinder e , mactare ,\ jugulare, immolai' e , sacrifcare ; idées données également par le mot Ov w, je tue, f immole , je sacrifie, f offre, d’où Ovula, offrande, sacrifice , et proprement l'action d'immoler. Ces rapprocfieinens suffisent pour prouver que si le mot ifopÊÆft n’est point admis par les auteurs des dictionnaires
coptes modernes, les deux bras levés n’en expriment pas moins l’initiale de ce mot , puisque ces bras représentent la lettre K dans l’alpfiabet de Mr. Champollion.
SECONDE PARTIE
[4] C. 21. Horapollon dit que trois grandes cruches désignent V inondation. Dans l'explication des signes et groupes du tableau général de Mr. Champoliion , nous lisons sous les Nos. 241 , 242, dont le premier représente une cruche avec un f iel d'eau s’épanchant en zigzag , et le second, trois cruches , la leçon suivante, avec les mots coptes en parenthèses: „(tveL , liCns&i,) ,, groupes figuratifs et symbolico-phonéliques , ,, exprimant l’eau du Nil et le débordement „ du fleuve ; “ et Mr. Champoliion renvoie ici a Horapollon. Or, toutes ces cruches ont la même forme que celle qui représente la lettre H sous le No. 75 de son alphabet harmonique. Le No. 72 de ce même alphabet, indiquant le fiel d'eau en zigzag, sous la même valeur Ii, est expliqué, à la page 360 du Précis de Mr. Champoliion, par les mots coptes I , ( Non ,) (Néf,) que 1’Egyptologue traduit par eau de l'inondation. Cette triple identité de signification , de valeur alphabétique et de signes, queMr. Champoliion seplait à qualifier de figuratifs et de symbolico-phone tiques , prouve, en dernière analyse, que la cruche équivaut à la lettre H et qu elle peut servir de signe mystique à tout objet dont le nom commence par le même élément nazal.
Symboles alphabétiques d’Horapollon. 127
[5] C. 22. Horapollon dit qu’une cassoleUe
qui bride avec un coeur au dessus exprime V Egypte, et il en explique V allégorie à la façon des hiérogrammates. Or, la cassolette qui s'appelle Rp^kv , (. Berbé ,) vaut un R dans l’alphabet de Mr. Champollion. Ajoutez-y l'initiale du mot (ghêt ,) coeur, et vous aurez la charpente du mot (ghoub , ou ghub ,) qui est
le nom propre de V Egypte, et dont nous retrouvons les variantes dans la forme éthiopienne gobzo, et l’arabe * ( qobte ,) d’où le mot: copte. L’explication métaphorique d’Horapollon tombe ainsi en présence des deux initiales désignées par les hiéroglyphes en question.
[6] C. 24. La tête, dans les inscriptions hiéroglyphiques, est employée pour la face, le visage; parce que le visage seul aurait pu être pris pour un masque. Ainsi la tête avec un cou, placée sous le No. 34 de l’alphabet de Mr. Champollion, n’olfre la valeur S, ( gh,) que parce qu’elle représente la face ou le visage &Q, (gho). Mais l’analogie des idées prouve que le visage s’appelait aussi ftïOS et quoique les dictionnaires ne reconnaissent au mot t que les acceptions de voir et de vue, et au mot rut), celle de type. En grec owiç signifie également l’action de voir et la vue, la
SECONDE J'ARTIE
face, la figure. De même en français, vision et visage. Ainsi le mot i\U) , égyptien répond au mot oôpaib russe, qui signifie type, modèle , figure , visage et image. Or , chez Horapollon il est question de deux visages symbolisant une amulette , un talisman : rfviuxvfuov, que la version latine rend vaguement par tutelam ac praesidium. Ces deux visages donnent la charpente H — thème radical du mot IIoV'jV, signifiant: excutere , exlrudere , sejungi, discedere ; et du mot signi-
fiant servare , salvare, liber are; idées qui expriment parfaitement l'office des amulettes, auxquelles on attribuait la vertu d éloigner les maléfices et les enchantemens, de préserver des maladies et des accidens. Ce n’est donc encore qu’un symbole alphabétique.
[7] C. 30. J’ai rapproché le fagot de papyrus d’Horapollon avec le No. 106 de l’alphabet de Mr. Champollion, bien que fhiéroglyphe indiqué par ce numéro se trouve rendu dans le Précis par les mots U\miy , ( prêsch ,) A \H\iy ,
( phrèsch , ) qui signifient une natte. Mais une natte suppose un enlacement, tandis que l’hiéroglyphe en question n’ofi're qu’une ligature au milieu, ce qui prouve que c’est un fagot. Une preuve de plus de ce que j’avance, c’est que
Symboles alphabétiques d’Horafoi lon. 129
les monumens nous présentent cet hiéroglyphe avec les sommités détachées, condition qui ne saurait convenir à une natte. Or, le Papyrus porte, entre autres noms celui, d’ et avec son article préfixe : ( Pervine )
d'ou le mot arabe fi ( Berbi ) d’après le génie de l’écriture égyptienne, qui donne Ilpvi et au lieu de Pu, soleil; Iloog et ÜOg, au lieu de Oog, lune , et autres semblables. L’hiéroglyphe d’Horapollon est donc identique au No. 106 de l’alphabet de Mr. Champollion.
[8, 9, 10] C. 38. L’écrivain niliaque dit qu’on désignait les lettres égyptiennes, le scribe sacré, ainsi que le ternie ou la fin, rcéoaç , par l’encre, le crible et le roseau; et Mr. Champollion reconnaît A l’encre et au roseau le sens métonymique, qu’Horapollon leur attribue ; l’Egyptologue nous donne même sous les Nos. 312, 313 de son tableau général, trois variantes du symbole de V écriture, tirées des inscriptions monumentales.
Il y a, selon moi, deux méprises dans le passage grec. D’abord uô.av ÇcoyQacpovoiv est absurde, car comment peindre l'encre ? Philippe ou ses copistes ont mis V encre pour V encrier , qui se trouve en effet dans le symbole qui nous occupe. Mais le crible qu’a-t-il de commun avec l’idée de l'écriture, du terme ou d’un scribe sacré ?
SECONDE PARTIE
*Pour expliquer cette bourde d’Horapollon, il faut la mettre au creuset des homonymes. Alors on reconnaîtra qu’il s’agit non du y.oaxivov , mais du nrvov, du van mystique, qui joue un rôle si fameux dans les mystères que les grecs ont adoptés des Egyptiens. Voyez maintenant ï allégorie:
yM , ( Midi) van.
VW , ( hliaé ) fin, terme.
, ( skhdi ) écriture.
CXy , (saJih) écrivain.
Ayant ainsi débrouillé les trois hiéroglyphes d’ïïorapolîon , nous allons en faire l’application u l'alphabet de Mr. Champollion.
Ad [8] Des trois variantes du symbole de l'écriture, la seconde , No. 312, est la seule qui simule un encrier. Or, cet hiéroglyphe est absolument le même que celui qui représente la lettre H dans l’alphabet de Mr. Champollion; et rien ne pouvant détruire le fait de cette identité, il faut nécessairement admettre que T encrier s’appelait TJyp&db et , le H (N)
changeant en U (A/) dans toutes les langues: c'est ainsi, par exemple, qu’on dit Ho^sp\, ( Nouri ) et Uop\; ( Mori ) pour vautour.
Ad [9] A la page 361 de son Précis Mr. Champollion reconnaît au van la valeur de 2d
Symboles alphabétiques d'Hqr apollon. 131
( Lh ) initiale de son nom égyptien JjM, ( Altaï) mais il n'en dorme point la figure dans son alphabet harmonique.
Ad 1 0. Le jonc ou roseau se trouve représenté sous le No. 10 du dit alphabet.
Comme il est à présumer que la plupart des lecteurs ne verront dans les amendemens que j’ai cru devoir apporter dans ce chapitre, qu’un moyen d’amener un rapprochement forcé avec les signes alphabétiques de Mr. Champollion et d’éluder en même temps le fait des initiales qui résulteraient des trois symboles indiqués par Philippe — je vais, pour détourner ces suspicions, reprendre la question sous oeuvre et m’en tenir strictement aux indications textuelles.
Le crible en Egyptien s’appelle CoXq, (Soif,) et donne un G pour initiale.
Le mot [j.iXav du texte grec, donné pour V encre , est évidemment calqué sur les mots égyptiens K&A&Æ, (I(amé)et X&.ASJE, ( Khamé ) qui signifient noir, dans les dictionnaires, mais qui ont dû également désigner V encre, puisqu’ils ont été remplacés par le mot , qui , à la
page 141 de la Sc. M.,(i) est traduit par oteU»
(l) Ce u’est que par méprise que le Père Kircher a rendu ce mot par Papyrus. Quant au mot
SECONDE PARTIE
encre. Le mot donne donc l'aspira-
tion X pont* initiale.
Enfin le roseau XttX, (Jké) donne l initiale X; et, doublé, il forme la diphtongue \\, ( ai ) dans l’alphabet de Mr. Champollion, No. 125.
Les trois initiales, réunies selon l’exigence des objets symbolisés, donnent tour-à-tour les mots:
Xm, ( Khdi ) pour ( IGiaé ) ou
Jb&aE, ( Khaié ) ternie, fin.
Cyjs\ f ( Skhdi ) pour CtjSA, ( Skhdi ) écriture.
C&OO (Sakh) pour C&A}, ( Sakh ) scribe , écrivain.
Quant au X pour Jb, qui est une aspiration plus profonde, les homonymes de la langue sacrée s’accommodent parfaitement de cette nuance, qui explique la confusion de ces deux lettres dans les mêmes mots. (1)
En admettant donc les absurdités de l'encre ,
qui précède le mot / il désigne V encre de couleur , puisque /
veut dire proprement composé, d'où la version arabe signifiant atramenturn compositum.
(1) X permutatur cum Jb . Lex. Ling. Copt. Am. Peyron.
Symboles alphabÉtïçues u’Hqkapollon. 133
faisant l’office d’un hiéroglyphe, et du crible, symbolisant C écriture, on est forcé de reconnaître, que les symboles que je viens d’examiner servent à l’expression occulte des objets , qu’ils désignent par le concours des initiales de leurs noms respectifs.
[11] C . 43. d’Horapollon. Pour l’hiéroglyphe
figurant le feu , j’indique le No. 11 1 de l’alpliabet de l’Egyptologue. C’est par distraction qu’il le donne pour une larme , (Rimé) car
une larme ne saurait avoir l’ondulation que présente la sommité de cet hiéroglyphe. Ce signe prouve que les formes lexiques PvKg,, Pt)K£, signifiaient également feu et flamme.
[12] C. 58. Les deux pieds qui marchent ne peuvent être que l’hiéroglyphe donné sous le No. 25 de l’alpliahet de Mr. Champollion. Cet hiéroglyphe est, sans aucun doute, l’initiale du mot *P diafirjuaca , car il figure les pieds en mouvement', nôâaç Tteçinarovvraç du texte grec d’Horapollon.
[13] C. 61. Dans le tableau général des signes et groupes Mr. Champollion donne sous les Nos. 443 — 445 plusieurs variantes du caractère exprimant, selon lui. Vidée grand , uéyaç , dans les textes hiéroglyphiques. Cependant le même caractère représente la lettre R dans son
SECONDE PARTIE
alphabet harmonique. Or, l’image de ce caractère est celle d’un sceptre , ( 1 ) qui sym-
bolise l’idée grand à la faveur de son initiale , identique à celle du mot qui exprime
cette idée. Et quant à la valeur phonétique de ce ü f elle était la même que celle du p grec aspiré , ou Rh uvulaire , quoique Mr. Champollion la dépouille de sa vibration et la réduise à une simple aspiration.
[14] C. 22. J’identifie cet hiéroglyphe avec celui que nous trouv ons sous le No. 37 de l’alphabet harmonique, qui ne représente que la tête et le col d’un loup , 0*ü)îUÿ f ou d’un schacal, dont la valeur OU est reconnue par Mr. Champollion, qui, a la page 74, donne la variante iiœîWp, pour Sel tac ai.
[15] C. 23. L'oreille nous est donnée dans la colonne des signes démotiques sous le No. 62 de l’alphabet, valant U, initiale du mot
( Maschdje ) oreille.
[16] C. 26. Le mot titeqov, restitué par les
commentateurs d’Horapollon , n’a point de signe dans l’alphabet de Mr. Champollion ; mais , à la page 361 de son Précis, l'aile vaut un 4P (<) à l’aide de l’initiale de son nom ( Tengh )
(lj Rossi ad voc. page 264 &q.
Symboles alphabétiques d’Hokapollox. 135
et l'aile symbolise le vent Tho*, ( Tèou) à l’aide de son initiale harmonique.
[17 J C. 30. A la page 3 3 de mon Essai sur Horapollon , j'ai prouvé qu'une ligne droite avec une ligne courbe ou oblique au-dessus , symbolisant les habilans de la plaine , ou les nâmes , était l’indication exacte du signe hiératique, identique à la lettre U copte, et qui sert de signe mystique au mot dix, dont il est
l’initiale. C est pour cette raison qu Horapollon dit, que le signe en question, ou bien dix, désignent les liabitans de la plaine : les mots U^vpuvù'^, ( Meschchoti ) et U 'xr.ftm , (Maénkoi ) commençant également par un U (M). Quelque rusé que soit cet hiéroglyphe, il n’est, comme on voit, que l’initiale des mots que je viens de rapprocher.
S’il est maintenant impossible de méconnaître l’identité des signes d’Horapollon avec ceux dont Mr. Champollion a reconnu la valeur phonétique dans son Alphabet, on cherchera envain le motif qui l’aura porté à ne tenir aucun compte de ces faits, et à protester même contre la prétendue méprise de ceux qui ont pris les symboles dont traite Horapollon pour de véritables hiéroglyphes. L’Egyptologue français ne semble -t- il pas jouer ici avec ses
SECONDE PAUTIE.
croyances? En effet, le célèbre investigateur nous assure que, sur les 70 objets physiques, indiqués, selon lui, dans le livre premier d'Horapollon, il n’en a retrouvés que 30 dans les textes hiéroglyphiques, et que sur ces 30 objets, il en est 13 seulement qui lui paraissent réellement avoir le sens {métaphorique) qu’Horapollon attribue aux signes de ces objets. (î) Cependant, le tableau synoptique que le lecteur vient d’avoir sous les yeux, nous a offert 25 signes tropiques, dans le premier livre d’Horapollon, et 10 signes dans le second, qui se trouvent être identiques aux signes phonétiques indiqués dans l’alphabet de Mr. Champollion. Ajoutez à ces 35 hiéroglyphes ceux que j’ai expliqués dans mon Essai sur Horapollon , en ramenant les uns à LA MÉTHODE DES INITIALES, et les autres aux ambages des homonymes, et vous comprendrez le silence que Mr. Champollion a jugé à propos de garder A la suite de mon Essai en question. Quant A sa persévérance dans ses opinions symboliques, je n’y aurais rien compris, si je n'eusse été convaincu A la longue, que, selon sa manière de v oir, il était de la dignité de la science , que son autorité
(1) Suprù , 2', 2.
Symboles alphabétiques d’Horapollon. 13"
à lui l’empoutàt sur les faits contraires à sa théorie.
Les adhérens de ses doctrines objecteront sans doute, que l’identité des signes que j’ai rapprochés dans mon tableau synoptique, cidessus, ne saurait porter atteinte au fait des allégories expliquées par Horapollon et analogues à celles que nous ont fournis tant d’autres anciens écrivains. Que d’ailleurs la réalité de T allégorie des symboles d’Horapollon résulte, ainsi que l’enseigne Mr. Champollion ,,de la „ forme même d’explication adoptée par l’écri- „vain Niliaque et qui est la même pour tous „les symboles, puisque, dans chacun de ses „ chapitres ,
,, 1 °. Il expose constamment l’idée à ex- „ primer ; 66
,, 2°. Il détermine le signe employé ; i(
„3°. Il donne ensuite les motifs de cette ,, détermination , toujours puisés dans les simi- „litudes existantes ou supposées exister entre ,, l’objet signe, et l’objet de l’idée. “
„ Que cette méthode démontre invinciblement „la nature vraiment symbolique ou ideogra- „ phique de ces signes et prouve sans réplique „tout le vide de mes singulières suppositions. u
A ces objections spécieuses j’opposerai le
SECONDE PARTIE
principe fondamental que iVIr. Champoïlion a tracé dans ses,, aperçus nouveaux .sur les signes „ hiéroglyphiques phonétiques “ savoir que:
,, Les signes reconnus pour phonétiques dans ,, les noms propres, conservent celte valeur ,, phonétique clans tous les textes liiérogly- ,, phiques ou ils se rencontrent. (i
Or , ce principe fondamental , qui sert de base il mon tableau synoptique , peut-il admettre en meme temps les considérations par lesquelles Mr. Champoïlion prétend avoir „ démontré „ invinciblement la nature vraiment symbolique „ou idéographique des hiéroglyphes d'Hora- ,,pollon?“(i)
Je dis que mon tableau synoptique repose sur le principe fondamental de l'Egyptologue, attendu que les signes d'Horapollon , indiqués dans ce tableau, étant identiques aux signes phonétiques que Mr. Champoïlion a déduits de la lecture des noms propres, ces signes, pris de part et d'autre , doivent, d'après son principe fondamental „ conserver leur valeur phonÉ- ,, tique dans le texte d’Horapollon, comme dans „ tout autre texte hiéroglyphique où ils se ren- „ contrent. (i
(1) Suprà , page précédente.
Symboles alphabétiques d’Horapollon. 13<f
La critique judicieuse, appréciant la j’ustesse nu principe fondamental de l’Egyptologue, et se rappelant d’autre part,
1°. L’aptitude des hiéroglyphes phonétiques d'affecter une valeur tropique, symbolique OU IDEOGRAPHIQUE, (l)
2°. L'existence de beaucoup de signes isoles qui, de l’aveu de Mr. Champollion, „ ne sont très-souvent que les signes initiaux: ,, de groupes phonétiques, qu’un second texte „ montre complètement exprimés. “(2)
La critique — attentive à ces faits irrécusables, découverts et consacrés dans le Précis de l’Egyptologue, 11’y reconnaîtra-t-elle pas les rudimens matériels de mon système des initiales? et ce système, découvert dans l’expression mystique des hiéroglyphes d îlorapol- I011, ne se rapporte-t-il pas ,, a ces initiales ,, de mots que Mr. Champollion dit être em- ,,ployés isolément (i et lesquelles, selon l'enseignement de l’Egyptologue, „ rentrent dans „ la foule de ces lettres initiales employées ,, par abréviation, ie (3) dont parlent Ammien Marcellin, Apulée et St. Clément d’Alexandrie ?
(1) Supra , page 65.
(o ) Supra , page 117.
(2) Supra, page 102.
SECONDE PARTIE
Que s’ensuit-il en dernière analyse? Que la réalité de mon ststeme des initiales résulte des données établies par Mr. Champollion luimême — a cela près, qu’il reconnaît théoriquement dans son Précis le fait qu’il désavoue par tout ailleurs. Mais faire et défaire A sou gré, c’est imiter l’ouvrage de Pénélope.
Eu appelant l’attention des savans sur les données importantes de l'Egyptologue qui terminent ce chapitre, je vais maintenant signaler les inconséquences subversives de ces données, et les divagations que l’exemple du maître a suggérées A son école symbolique.
Pour mettre la critique en état de les apprécier, je vais reproduire d’abord le principe fondamental que Mr. Champollion s'est attaché A démontrer et A établir, afin d’écarter une fois pour tout, les chances que pouvaient courir les signes dont il avait reconnu la valeur phone-
TIÇUE.
Cette question, vu son importance, doit former une section séparée.