EXPOSÉ
DU
PRINCIPE FONDAMENTAL DE Mr. ChAMPOLLION , RELATIF AV ROLE DES HIEROCLY PHES PHONÉTIQUES.
Dans les „ aperçus nouveaux sur les signes ,, hiéroglyphiques - phonétiques <( formant le chapitre IV du Précis de l’Egyptologue, le célèbre investigateur fixe de la manière la moins équivoque le rôle constant et inaltérable que les caractères phonétiques, reconnus dans les noms propres , jouent dans les textes hiéroglyphiques. Je vais résumer ici ses principales considérations sur ce sujet.
SECONDE PARTIE
,, Une étude, même très -superficielle, des „ inscriptions hiéroglyphiques de tous les Ages, ,, dit Mr. Champollion, fait remarquer parmi les ,, caractères qui les composent, et dans celles „de leurs parties qui ne contiennent aucun nom ,, propre, un très-grand nombre de ces signes „ auxquels nous avons, dit-il, reconnu une va- ,, leur r h o n Étiol e. Il s’agit de s’assurer, poursuit „ l’investigateur, si ces mêmes signes, phoneti- ,, oues dans les noms propres, eurent une valeur ,, idéographique dans le courant des textes, ,, ou bien, dit-il, si, dans ces mêmes textes, il ,, conservaient encore leur valeur PIIONETI- „ que. — Cette question, dit lEgyptologue, „unefois décidée par les f (ils, les études hiéro- „ glyphiques reposeront sur une base solide, et ,, l’on pourra se former une idée juste de cet „ antique système d'écriture, “(i)
?, S'il résulte de cet examen que les signes ,, phonétiques prenaient une valeur ideogra- ,, phique par tout ailleurs que dans les noms „ propres étrangers, l'écriture hiéroglyphique „des Egyptiens se rapprocherait, sous beaucoup de rapports, de l’écriture chinoise. “(2) „S il est prouvé au contraire que ces signes
(1) et (2) Page 101 et suiv. du Précis .
Principe fondamental de Champ. 143
„ conservent 'partout leur valeur phonétique , ,, cette écriture, dit Mr. Champollion, se présentera à nous sous un aspect entièrement „ neuf, et nous aurions fait, dit-il, un pas ,, immense vers son déchiffrement, par la seule „ découverte de la valeur réelle d'un très-grand ,, nombre de signes phonétiques composant l'ai- „phabet déjà publié, “(i)
Immédiatement apres l'exposé de cette intéressante question, l’Egyptologue remarque très-judicieusement que: „I1 importe d’autant „ plus de déterminer la véritable nature de ces ,, signes, auxquels j’ai déjà reconnu, dit -il, „une valeur phonétique, lorsqu’ils sont em- ,, ployés dans la transcription des noms propres „ de souverains ou de personnages grecs ou ro- ,, mains, que ces memes signes sont précisément „ ceux, qui , dans toutes les inscriptions hiéro- „ g typhiques , se présentent sans cesse , se repro- ,, duisent à chaque instant , au point, dit- il, de ,, former les deux tiers au moins des inscriptions „ hiéroglyphiques de toutes les époques. (( (2)
„ Ce fait , dit l’Egyptologue , est bien facile à „ vérifier, mon alphabet phonétique à la main. ,,Nous savons aussi, dit-il, que ces mêmes
(1) et (2) Page 102.
SECONDE PARTIE
,, signes expriment des sons dans tes noms pro- „pres, sans qu’alors rien n’indiqite aucun changement dans leur nature; ce sont-là, ol>serve „ l’investigateur, deux préjugés favorables à ,, cette proposition fondamentale :
„Lcs signes reconnus pour phonétiques dans },les noms propres , conservent cette valeur „ phonétique dans tous les textes hierogly- ,, phiques où ils se rencontrent. i( (1)
Cette proposition fondamentale étant établie sur une masse de faits matériels et irrécusables, Mr. Champollion la rappelle à la page 304 de son Précis et dit que: ,,la plupart des caractères „ reconnus pour être phonétiques dans la transcription des noms propres grecs et latins , se „ trouvent reproduits sans cesse dans les textes „ hiéroglyphiques de tous les âges , O il ils conservent aussi leur valeur phon étique, comme ,,le prouve, leur fréquente permutation avec „ des caractères homophones. <(
,,Ces variations de signes, et cet échange ,, perpétuel de caractères, n'apportaient aucun „ embarras dans la lecture, aucune incertitude „ sur le son exprimé ; parce que , dit Mr. Cham- „pollion, le principe dont cette abondance de
(1) Page 102- du Précis.
Indice des signes phonétiques. (4.j
,, signes tirait son origine, était immuable el ,, rigoureusement posé. u (Page 364.)
Mais, parvenu a ce degré de conviction à l’égard du rôle immuable des signes phonétiques, Mr. Champolliou aurait pu simplifier et, en môme temps, généraliser son principe fondamental , et dire, qu'un signe, reconnu pour phonétique dans un mot quelconque , conserve celle valeur phonétique partout ou il se rencontre.
A ce principe fondamental se rattache un autre de la plus haute importance, bien que Mr. Champollion ne l’ait énoncé qu’occasionnellement. Ce principe, que je dois invoquer ici, donnera une preuve de plus: que le Précis du système hiéroglyphique de Mr. Champollion le jeune renferme la plupart des élémens propres a servir de base aune bonne théorie, et à détruire par conséquent les fondemens incohérens de celle qui sert maintenant de point de départ a la nouvelle doctrine de ses disciples.
A la page 210 de son Précis , en parlant du groupe 398 de son tableau général, et qu’il assure devoir être T expression hiéroglyphique phonétique, équivalente aux mots grecs ov 6 Hfpcuozuç tdoxipaoev , l'approuvé par Phtha (ou Vulcain) celui que Phtha a choisi ou préféré, le savant français expose des dévoloppemens
SECONDE PARTIE
qui supposant une série d’observations , dignes de son heureuse sagacité.
„ Il est vrai, dit-il, que nous ne connaissons ,, pas encore la valeur phonétique des deux pre- „ miers signes qui , dans ce groupe (No. 398) ,, suivent le nom du dieu Phtha; mais, ajoute ,, Mr. Champollion, il ri est pris douteux , que „le groupe formé de trois caractères No. 39” „ (qui fait partie du groupe No. 398) ne soit ,, phonétique, puisque le dernier d’entre eux, „ lu ligne brisée ( r» hiéroglyphique) disparait ,, dans certaines variantes de ce meme groupe, „pour faire place à son homophone habituel, ,, ht coiff ure ornée du lituus , qui est aussi un ^ t\ dans les noms propres. “
„ Quelle qu’ait été la prononciation de ce „ groupe, poursuit l'Egyptologue, sa valeur ^ peut être regardée comme certaine: il signifiait ,, approuvé, choisi ou préféré. u
Et, à la page 282, l’Egyptologue, revenant sur le groupe 397 en question, observe que: ,,le dernier signe de ce groupe, qui exprime ,, l’idée approuvé, est la coiffure royale, caractère homophone de la ligne brisée, et ajoute ,,que cette variante prouve, comme nous l’avons „ déjà dit, que ce groupe est réellement pho- „ nétique. ft
Indice des signes phonétiques. 147
Il résulte nécessairement de cette donnée que, dans la théorie de Mr. Champollion : lu présence d’un signe phonétique dans un groupe hiéroglyphique, dont la valeur intégrale est inconnue, est un indice certain de F expression phonétique de tous les élémens de ce groupe. Quoique l’Egyptologue n’ait point fait de cette induction une question séparée, son énoncé n’en a pas moins les dehors d’une formule qui exclut le doute et caractérise un principe d’investigation.
En signalant ce principe a la sagacité des archéologues, je les engage donc à 11e point s’alarmer de la leçon qui sert de résumé aux recherches de l’auteur du Précis , et qui se trouve consignée à la page 375 §. 93 où Mr. Champollion déclare que:
„I1 résulte de tout ce qui précède, et avec ,,une pleine évidence :
„(1°, 2°, 3°,) 4°. Que l’écriture hiéroglyphique est un système complexe , une écriture ,,tout à la J'ois figurative, symbolique et „ phonétique, dans un même texte, une même ,, phrase, je dirais presque dans le même