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LES OBJETS QU'ILS REPRESENTENT

Clément d’Alexandrie donne, pour exemples des images directes d’objets physiques, le disque du soleil et le croissant de la lune : Il l iov yovv yçaifjcu flovlofievoi, KvxXov noiovat' JZth'jvrjv ôè , 2x ijH'M JMrjVoeidèç , xazà zo xvqioXoyoviuvov eîâoç.

Or, le soleil s’appelle P\l , Py , ( Rê , Ré ) et, dans l’alphabet de Mr. Champollion, le disque

(1) Première Partie cliap. VIII. §. I. de ces Prolégomènes.

SECONDE I’AKTÏ E.

représente la lettre P (R) c’est-à-dire l’initiale du mot soleil , ainsi qu'on peut le voir sous le No. 117 du dit alphabet.

La figure du croissant de la lune semble man-

quer dans l'alphabet de l’Egyptologue. Cependant voyez, sous les valeurs S, II, IJ — <f>

No. 106, le dernier signe démotique, et vous reconnaîtrez la figure du croissant renversé et ayant les cornes tournées en haut: position indispensable pour distinguer ce signe de celui qui représente un M sous les Nos. 60 et 63, et qui n’en diffère que par sa position droite. Le croissant de la lune , ayant les cornes tournées en haut, est d’ailleurs mentionné dans le Liv. I §. 4 d’Horapollon : jiqoç t 6 dm) zoîç xtçaoiv èo%rjucaiod'cu. Le signe démolique de Mr. Champollion n’est donc que la forme linéaire de ce croissant; placé sous la valeur II (P) il représente donc l’initiale du nom de la lune IIoO£, ( Poogh ) laquelle initiale est, comme on sait, son article préfixe. La forme hiéroglyphique du croissant renversé, les cornes en lias, désigne la lettre ïï (P) dans plus d’un cartouche nominal, par exemple dans celui de Psam, grécisé en Fauuovç, Psammus , queMr. Cliampollion lit Amos , en prenant un P pour un A , et en renversant arbitrairement l’ordre des

rçûuuaTa dans le passage de Clément. 217

caractères C — U (S — M ) qu’il lit M — S. PI. IV fig. 7 a, à la seconde Lettre au duc de Blacas.

A ces deux exemples de St. Clément, j’ajouterai encore quelques uns , donnés dans le tableau général de Mr. Champollion.

Sous le No. 239 de ce tableau, l’Egyptologue nous donne l'image d’une étoile , d un astre , pour un caractère figuratif. Et, en effet, il est impossible de ne point reconnaître dans ce caractère l’image d'un astre, d'une étoile , formée de cinq rayons. Cependant ce même caractère représente un G (S) dans l’alphabet de l’Egyptologue No. 92 ; et ce C n’est que l’initiale du mot Cm, ( Siou ) étoile , et du mot , ( Tsiou ) cinq , qui est le nombre des rayons, et dont la lettre initiale copte ^ est empruntée à l’écriture démotique. ( î )

Sous le No. 234, Mr. Champollion donne deux variantes de l’image du Ciel , llv et (Pé

(1) J'ai déjà remarqué , dans mon Essai sur Horapollon, que le copte n’est qu’une copie exacte du signe démotique, No. 101 de l’alphabet de Mr. Champollion. Quant à sa valeur, elle offre la même analogie que le t latin devant i suivi d’une voyelle, comme dans proposition où tio se prononce tsio; et en français partie et partiel.

et P'hé) l’ira étoilé* l’autre sans étoiles, et assure que cette image est un caractère figuratif. Or, ce n’est que par oubli que l’auteur a omis ce caractère dans son alphabet; car sa valeur légitime est constatée par la légende donnée sous le No. 190 du tableau général, laquelle légende se lit Psoscht, nom propre d’homme, où le dit caractère Ciel sert d’initiale.

Voila donc le ciel et ses étoiles , la lune et le soleil descendus dans l’ordre alphabétique ; il en est de même de toutes les autres images données par Mr. Champollion pour des caractères figuratifs d’objets physiques, et qui ne sont que les signes des initiales des noms respectifs de ces objets, ainsi que j’essaierai de le prouver dans mon examen des signes hiéroglyphiques. S’il est donc vrai, que la méthode figurative , la première des trois méthodes symboliques, emploie les images mêmes des objets qu'elle représente , KvQioloyüxai y.avà piprjoiv, cette définition de St. Clément ne saurait en aucune façon détruire T expression alphabétique de ces images, à cela près que ces images font la fonction de sigles ou signes abrégés des mots, dont elles représentent l’initiale , et dont l’usage est si fréquent dans les textes

r<s>âtmara dans le passage de Clément. 21&

hiéroglyphiques. ( 1 ) C'est donc avec raison que St. Clément range ces sigles dans la méthode symbolique , ces sigles étant, en effet, les symboles ou images des objets qu’ils représentent d’une manière d’autant plus ingénieuse, qu'ils en sont les emblèmes alphabétiques.

§. II

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