MODIFIÉE SELON LE SUJET OU IL ETAIT EMPLOYE
,, devint donc, dans l’usage, l’expression abso- 99lue , 1° des quatre elemens ; 2° des lettres „dc l’alj)Labet qui sont les elemens du langage, „ xijç UÇmç xà oroiyna êgi xà er/.ooixtnnuqa yqân- ,, pa xa , comme dit Diogènes de Laërte ; en sorte 99que , employé tout seuls, ils présentaient ,,une signification parfaitement claire et déter- „ minée. (i
Cette assertion de Mr. Letronne est-elle conséquente à la leçon de Diogènes ? Le mot axoïyüa y est-il eniploye tout seul? Et conçoiton que ce mot qui, de l’aveu de Mr. Letronne, offre ,, l’acception generiçue d 'elemens con- ,, stitnlifs de çuoi çue ce soit, puisse , étant
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SECONDE I’AKTIE.
,, employé tout seul, présenter une signiji- „ cation parfaitement claire et déterminée ! i( Et , dans la donnée de Diogénes , est-il v rai que le mot ozoïyûa signifie rigoureusement lettres? L’auteur grec dit que les ÉlÉmens des mots sont les vingt quatre lettres. Or cela signiiie-t-il
1 °. Oue les lettres des mots sont les 24 lettres ? Ceci n’offrirait aucun sens.
2°. Que les sons des mots sont les 24 lettres? Cette version serait également inadmissible en logique; car les sons ne sont pas des lettres — et les lettres ne sont pas des sons, mais les signes des sons.
De sorte que le mot ovoiyzla , dans la phrase de Diogènes, est employé pour Élément; et cette phrase signilie rigoureusement que les élÉmens des mois ( grecs écrits ) c’est-à-dire: les ÉlÉmens de l’Écriture (grecque) sont les vingt quatre lettres.
Et ici le mot aroiyûa offre encore l'acception que je lui reconnais dans le texte des Stromates, où il signilie éléments et non lettres. Poursuivons.
,, La seule distinction qu’on établit dans le ,,sens grammatical entre ce mot et son syno- ,, nymc yçuxu/ta, fut, dit Mr. Lelronne, que
Discussion sur le mot Sroiyda de Clf.m. 13
„ celui-ci désigne la lettre écrite , et moryeïov „ la lettre 'parlée. Les grammairiens grecs sont ,, unanimes ù cet égard; la distinction est aussi „ très-bien expliquée par Denys d’Haliearnasse : ,, Atrial ptv ovi’ dm rï]ç àvfrQwmvijÇ y.ai ivaoüoov 9fffü)VtjÇj ai uvp/.di âeyo/L levai diatQfmv , dç v.a- ,, Xovur.v o r o t ytï a y.ai y p apparu. FPAM- ,, MATA uiv on yqap.fiaïç vint aijpalverai, ,, UTOlXEIA âè, on narra rp co v ij t rjv ytvrmv rovriov XauftâvH nooirtjV , y.ai rijv diakvmv ,, eiç raina (sc. oroiyda) noidiai reXemaiav. La ,,méme distinction a été faite par les grammairiens latins entre elementum et littera, „ correspondans exacts de or oiyeiov et de ,, yoâuua. Ainsi, Suétone appelle la lettre „ D , quarta clementorum littera ; ce qui se „ traduirait litéralement en grec par rô Ttranrov ,, r (op (JToiyeiov y o et u il a ; et ce cpie DionCassius ,, exprime simplement par to rtraQTOv or oiydov, „et, de même, Ausone dit clementorum prima „ signa, où signa est pour littera. u
„Mais, en grec comme en français, l’usage „ effaça le plus souvent ces distinctions , dit Mr. ,,Letronne, et les deux mots furent indifféremment employés l’un pour l’autre, comme „ parfaitement synonymes. Ainsi, Polybe: ro ,, rwv JSTOIXFJQN nXrjüoç Xau(juvovruç
SECONDE PARTIE
,, âieltîv eiç névrt utojj raza névzz r P AMM AT A „ Xeiyei ô'i i o zzlsfbzaJov (sc. fnQoç) tri X TOI - ,, XEIS2 , où o z o iy t ?o v est précisément l’équi- ,, valent de yqâuua; comme Sozomène dit, ,j ovXkoyr) rwv T PA MM A TS2N , v.aA traozov
„XTOlXElON Lucien pirçov dtlv navra
„ rjôîxrjOe rà XTOIXEIA , avzâ /tioi raXtï zà „ dâirrjiXtvza FPAMMA TA ; Diogène deLaerte, 55 TQlX<*>Ç ét Xtyezai zo ynâuua , XTOlXElON , „ o z£ yânarvriq zov azoïydov , rai zo ovoua oiov ,5 dXcpa. Tant de passages attestent l’usage du mot ,5 ozoïyda dans le langage technique et gramma- „tical, qu’il serait impossible de les citer: à 5, chaque instant les deux mots sont employés ,5 P un pour Vautre, par exemple: jzeqi âè zrtq „Z(0V r PA MM A TflN tvçéomç , TS2N XTOI- ,, XEIflN evQcZTjV dXXou re rai Ecjonoç Kâùiiov ,, (paot ; tous deux sont également le mot technique „ et propre, pour dire les lettres de l’alphabet. “ ,5 Je laisse maintenant a penser ce que peuvent ,, signifier , dans le passage de Clément d’Alex- „ andrie relatif ù l’écriture égyptienne, les mots , ,rv()io).oyirij âià rwv ... ozotyeiwv. Dans la „ bouche d’un Grec et pour des Grecs , cela
„ NE SIGNIFIAIT RIEN AUTRE CHOSE ([UC par les
„ lettres alphabétiques : si ce n’est pas là ce ,, qu’a dit l’auteur, il nu voulu rien dire.
Discussion sur le mot Jroi^îo de Clem. 15
„ Abandonnez , dit-il, pour uu moment, le sens ,, déterminé par l’usage, pour prendre le sens „ vague d’ÉlÉment, et vous ne pourrez plus „ savoir ce dont il s'agit: car de çuel élément „ est-il question ? Sans un complément avec le „mot ovor/j-i.un' , la phrase présente un non - „sens évident. ((
Quand je me représente l’érudition, la sagacité de Mr. Letronne, je ne sais, en conscience, que penser de sa conclusion.
Le savant helléniste, après de si longues digressions sur l’acception du mot oro^eîa, soutient donc en dernière analyse:
„ 1 °. Que dans la bouche d'un grec, les mots :
„ âià züv OTOi%do)v ne signifient rien autre
,, chose , que par les lettres alphabétiques. <(
,, 2°. Que si ce n’est pas là ce qu'a dit l'au - ,, leur , il na voulu rien dire. (i
„3°. Qu’en prenant le sens vague d’Élé- „ ment , vous ne pourrez plus savoir ce dont il „ sagit . “
„4°. Car, (demande le savant helléniste) de ,, quel élément est-il question? u
,, 5 °. Sans un complément avec le mot aïoi- „pW, la phrase présente , dit-il, un non-sens ?, évident. (i
J’énumère et récapitule ces conclusions pour
SECONDE PARTIE
les faire mieux apprécier par lu critique, et pour m’inscrire en faux contre chacune «le ces assertions. Je soutiens donc,
Ad 1 ,n. Que, non dans la bouche d’un grec, mais dans le texte (pie nous examinons , les mots âià rwv (tzqo'hwv) orot/a'wv signifient autre chose «pie par les lettres alphabétiques.
Ad 2 m. Que ce nesl pas là ce qu'a voulu dire St. Clément; qu'il a voulu dire autre chose.
Ad 3 m. Que dans la phrase en discussion , le mot ozoïxsiiov, loin d’offrir un sens vague, comme le prétend Mr. Letroime, présente le sens de parties intégrantes DE mots, écrits en caractères hiéroglyphiques.
Ad 4m. Qu'il est question delemens constitutifs de mots écrits en caractères hiéroglyphiques.
Ad 5 ra a. Quant à l’assertion de Mr. Letroime qui soutient que : „ sans un complément avec le „mot oroiyniov, la phrase présente un non-sens „ évident u cette assertion contredit souverainement ce qu’il avançait ci-dessus savoir: „ «pie „ le mot OToi/iîa, employé tout seul, présente une signification parfaitement claire et ,, déterminée. u
b. Que cette assertion est «'“gaiement contra- «lictoire à ce fait qu’il affirme, savoir «pu* „ les
Discussion suk le mot or/da de Clem. 17
„ mots nzoïyzïa et y qdfiuaz a sont synony- ,, mes , et employés éi chaque instant l'un pour „ l'autre. “ Car, d’après ce fait, établi par 3Ir. Letronne, le mot or o lyeîiov , étant employé pour y q a y y cc v (ov dans le texte en question, (comme il l est à chaque instant par les auteurs grecs) il n’y a plus lieu à aucun non-sens.
c. Ou’enfin, il n’est point vrai que, dans la phrase en question, le mot ozorydiov ait besoin d'un complément, et que, bien loin d’offrir un non-sens évident à mes yeux, comme aux yeux du savant commentateur, il présente un sens aussi claire qu’il est possible dans une donnée aussi concise, que celle du texte que nous examinons. Pour s’en convaincre, il suffira de reconnaître les rapports de la phrase
âià roiv nqojciov azoïyeiiov, avec ce qui précède: Or, ces rapports établissent une liaison d'idées que Mr. Letronne n’a reconnue que pour en étayer sa controverse. En résumant cette liaison, commune a toutes les subdivisions intégrantes du texte grec, nous obtiendrons la donnée suivante :
Avzixa ol 7ia(è Aiyvnz Loiq ncuôevofievoi
vçâzrj v xal zeXevzaiav , zi]v Aiyvnz L o) v T PAM- MATQN , isQoyXvq ixi]v fitiXodov txuavd-dvovoi, f]ç rj fiiv ( fiéxéoôoç Aiyvnz iiov rçafi-
SECONDE PARTIE
juurwi') i'çi h'voio/.oyr/.r <)i à nùr 7iÇ)0JTUtu £toi-
Si la logique et la grammaire sont également forcées de reconnaître cette liaison du texte, est-il possible de soutenir avec Mr. Letroune que, sam complément avec le mot oioiythvv, la phrase âiù icdv nçoivcov OToiytiatr présente un non-sens Évident? St. Clément 11e nous apprend-il pas que:
3^a première subdivision de la dernière méthode de l’Écriture Égyptienne, dite hiéroglyphique, est Kyriologique au moyen des premiers (1) ÉlÉmens ? Et peut-on dès-lors demander avec Mr. Letronne de quels ÉlÉiviens il est question? M’est ce donc pas d’Éle-