‹ Archéologie égyptienneChapitre 30 sur 46 · SF.COM DR PARTIE · texte numérisé non relu

SF.COM DR PARTIE

s’appelle Hv\x\ (Nêdji , et que par conséquent, cette couleur est à V unisson du vautour, quant A l’objet de son initiale. Je poursuis.

Mr. Champollion dit que : „ Le modius qui „ surmonte la coiffure de la déesse, et les cornues de vache la présentent sous l’attribution de ,, nourrice divine. u Cette observation est fort ingénieuse; mais le modius s’appelle, entre autres, MOI ( aïpi), et son initiale îk («) est identique au second élément du nom de la déesse qui s'appelle également Natpé et Neipé , ainsi qu’on peut le voir dans l’explication de sa légende, page 0, No. 54 du tabl. gén.

Les cornes de vache, {top) posées sur

le modius, donnent l’initiale v'S {t), troisième élément du nom de la déesse. Mr. Champollion dit que ce sont des cornes de vache, par la raison toute simple que Natpé est une divinité féminine; et cette condition du genre détermine nécessairement le choix entre les deux mots ( lap ) et 2.0)11 ( ghop ) qui signifient corne l'un et l’autre. Or, l’initiale ■'"X du mot est

identique a celle de l’article '~x\ (ti) qui exprime le genre féminin. Pour convaincre le lecteur que je ne donne point ici mes subtilités pour celles des hiérogrammates, je m’arrêterai un instant à l'examen de la corne de boeuf et

I\)(xuucaa daas le passage de Clement. 233

de la corne de vache , expliquées dans les chapitres 17 et 18 du second livre d’Horapollon.

Booç auoci'oç y. tQaç yqacpôpevov , t'Qpov orj~ paiva — Booç âi d'ijXecaç xfyaç yçaqopevov , TioLvijv gy-uuLvh : La corne de boeuf désigne le travail , et la corne de vache désigne le paiement , la récompense.

Si je n'admets point le sens que les traducteurs d'Horapollon donnent unanimement au mot TioLvi ), c’est que les acceptions que j’adopte sont conséquentes au principe de la langue sacrée, fondée sur les allégories acoustiques. Je dis donc que, dans la donnée qui nous occupe, ■jioivi] ne signifie ni vengeance ( î ) ni punition, (2) mais prix, paiement, récompense , acceptions constatées par les passages de plusieurs anciens écrivains, et données d’ailleurs par Hésychius, qui semble les avoir admises exclusivement; car nous lisons a côté du mot noivi] : dvv éxvioiç i] vnio (fovov âtâofitn — y.a) rj âioçeà — y.ai vù. ôiâopeva y () rj uc/.z a viriti xivoç àvrjorjuévov xolç avxov oixtioiç.

Il faut donc avouer que les deux symboles que je veux examiner sont fort ingénieux, et

(1) Ultio dans l’édition de Paw.

(2) Traduction de Réquier.

SECONDE PARTIE

d'autant plus, que la corne d'une vache suit celle d'un boeuf, comme le prix, la récompense suivent le travail. Quant à la distinction graphique ou figurative des cornes mâles et femelles — quoiqu’il soit généralement vrai que les cornes d’un boeuf sont plus grandes que celles d’une vache , la chose étant toutefois relative , on reconnaîtra nécessairement l’absurdité de cette distinction dans un texte hiéroglyphique, où la dimension d’un signe dépend, comme on le sait fort bien , de la place qu’il occupe, c’est-â-dire, de l’espace qui lui est réservé dans un groupe hiéroglyphique. Mais voici le fait qui les distingue:

Le mot ygüOO'S, donné â la page 166 delà Sc. M. pour taurus ( el-tewr ) au singulier faisant assonance avec le mot £0)0%^ ( ghôout ) mâle, nous avertit que le mot de l’énigme doit être cherché sous la lettre g ( gh ), et ce sera le mot gU)T\ ( ghôp ). De même la vache,

( téghé ) nous avertit que sa corne , mise en question, doit être cherchée sous la lettre "Ht, article du genre fémiuin, laquelle lettre est T initiale du mot ( tap ) corne.

Cette distinction une fois établie, nous aurons la solution toute faite des deu^é énigmes, fou-

rçâuuava dans le passage de Clément. 235

dées , l’une et l’autre , sur Thomonymie des mots qui s’y rapportent:

La corne de boeuf, gOûTl ( ghôp ) symbolisera le travail, £00 Ç* ( ghob ) — et

La corne de vache, ( lap ) symbolisera

la rétribution, la récompense , 'H5U0&Æ (lobé ), et ( tabé ) dans le dialecte bashmourique :

et cette ruse hiérophantique trouvera son complément dans thomonymie des mots LvgCl (béghsi) vacca, et ( béhhe) merces.

Pour revenir maintenant aux cornes posées sur le modius qui surmonte la coiffure de la déesse Natpé, il ne nous reste plus aucun doute que ces cornes ne représentent T initiale du mot {tap ) cornes, laquelle initiale ^ (t) exprimée par les cornes, se rattache parfaitement au type des deux signes hiéroglyphiques de la même valeur, donnés sous les Nos. 40 et 41 de l'alphabet harmonique.

Cet examen nous offre donc la série ascendante des lettres N-a-t, à partir de la tête, dont la coiffure ornée d’un vautour représente l’initiale du nom de la déesse Natphé ou Natpé.

Si l’on admet maintenant l’assertion de l'Egyptologue que „le disque rouge, placé ,, entre les cornes , indique ici , comme ailleurs.

SECONDE PARTIE

,, que la Rhéa égyptienne appartient «\ la famille „(lePhré, le dieu soleil“ (i), le disçue rouge nous offrira l'initiale <\) ( ph ), dans le nom mempliitique de ce dieu {Pitre), et l'initiale U dans son nom sahidique (Pré). Nous

aurons ainsi les élémens JVatph, Natp du nom de la déesse Nalphé ou Natpé, auquel nom il ne manque que la finale É, laquelle finale se supprime à la fin des mots. (2)

On objectera que la lecture donnée par la disposition des attributs qui ornent la coiffure de la dcesse, offre un ordre insolite dans la disposition des signes, lesquels se lisent rarement de gauche à droite, mais toujours de droite à gauche, ou de haut en bas, ou dans les deux sens dans le même groupe, et jamais de haut en bas. Or, pour dire jamais , il faudrait être plus avancé qu’on 11e l’a été jusqu’ici dans le déchiffrement des signes hiéroglyphiques; ensuite, il ne faut point perdre de vue qu'il s’agit ici d'êtres fantastiques , qui sont, selon Mr. Champollion , „ des produits du plus exlrava- ,s gant délire. “ La combinaison monstrueuse de ces êtres fantastiques peut-elle dès lors être assujettie à une réglé normale? N’y doit-on

(l) Suprà , page 2o0.

fuâuUUTa DANS LE PASSAGE DE CLEMENT. 237

pas, au contraire, chercher a épier toutes les ruses des hiérogrammates — toutes les chances que pourrait offrir la combinaison astucieuse de leurs symboles fantastiques? de ces symboles, où non seulement les formes , mais les couleurs même ont leur part dans l’expression secrète des objets? Pour rejeter la lecture que je propose, il faut donc détruire, si on le peut, le fait des initiales, dont j’ai prouvé la succession ascendante dans les attributs qui caractérisent la déesse en question.

Après Rhéa et sa fille Junon , je m’arrête aux emblèmes de Saturne , son époux, qui nous offrira un exemple de ces images fantastiques des dieux égyptiens, formées d'un corps humain avec une tête d’animal.

Dans les deux textes explicatifs des planches 21 et 22 de son Panthéon, l’Egyptologue rapporte, au sujet de Saturne égyptien, les données suivantes:

Le dieu Kqovoç ou Saturne cité parManéthon, Diodore et Plutarque, est représenté sur „les „ médailles gréco-romaines des nomes de l’E- »gypte, tenant sur sa main l’animal symbole „ vivant du dieu égyptien, assimilé a la divi- „nité grecque, et cet animal est un crocodile. ,,Une indication aussi précieuse a suffi pour

SECONDE l'ARTIE.

,,nous faire retrouver la représentation de „ Saturne égyptien dans les sculptures sacrées; ,, ce dieu à tête de crocodile , porte un nom „ phonétique qui se lit CLl\, C\K, (Scvlc, „ Sovlc ou Sovg ) et ce nom a été connu des „ anciens grecs. £(

vOo retrouve ce même nom divin à côté „du personnage de forme toute humaine, reproduit sur notre planche 21. C’est là incontestablement la forme la plus simple du Cronos ,, égyptien. La coiffure du dieu est surmontée „ de cornes de bouc , souvent flanquées de deux „ uraeus , comme celles de ce dieu à tête de „ crocodile (de la PL 22) parce qu'on supposait „ que cette divinité avait régné sur l'Egypte. (i

,,Dans l’ordre des dynastes, Sovlc était le „ dernier des dopze dieux; c'est pour cela qu'on ,, lui donnait y parmi les Egyptiens, l’épithète „ Nmxaroç ffioç , le plus jeune des dieux. Les ,, cornes supportent deux grandes plumes ou n feuilles de couleurs variées et un disque, à „ cause de la planète de Saturne. ££

„ Sovlc , comme toutes les divinités égyp- ,, tiennes, reçut des noms et des surnoms (i)

(1) Texte à la plauciie 21 du Panthéon.

r^âuLiaxa dans le passage de Clément. 239

„ différents. Il est appelé ( Petbé )

,, dans uu manuscrit copte-tliébam. “

j, Les médailles grecques de l’Egypte prouvent, en effet, poursuit Mr. Champollion, (1) ,, que le crocodile fut l’emblème du Cronos „ égyptien. Une médaillé d’Antonin, frappée ,,à Alexandrie, montre, a son revers, le dieu „grec Cronos , la tête surmontée d’un disque, „en sa qualité de Planète, la harpè dans la ,, main gauche, et un crocodile sur la main ,, droite. “

,,Le crocodile fut choisi de préférence à „ tout autre animal pour devenir le symbole de ,, Souk, le Cronos ou Saturne égyptien, le dieu ,, du temps , parce que, selon la doctrine sa - ,,cer dotale , cet amphibie est l’emblème du ,, temps. u

,,Dans le système hiéroglyphique (2) diverses ,, parties isolées du crocodile , expriment, de ,, plus, des phénomènes célestes, qui tous ont

(1) Texte à la planche 22 du Panthéon.

(2) Mr. Champollion oublie ici sa théorie des anaglyphes, qui forment un système à part: „ Confondre un anaglyphe avec un texte hiérogly- „phique , ce serait tomber dans l’erreur trop ,, commune, que nous avons signalée daus notre »§• I-“ Voilà ce que disait l’Egyptologue à la page 349 de son Précis ; il tombe donc lui-méme

SECOND!’. PARTIR

„ servi de base aux divisions du temps. Les „ deux yeux de cet animal signifient le lever du ,, soleil ou d'un astre ÇAvavolr j'}. Le croco- ,,dile recourbe désignait le coucher , et sa ,, çueue, les ténèbres, V obscurité de la nuit „ ( JBco'roç ) — Strabon nous apprend cpie le crocodile sacré de Crocodilopolis ou Arsinoé, ,, s’appelait Jlovxoç ( Souchos ), ce qui est le nom ,, mémo du dieu SOVK, dont il était l’em- ,, blême. “

Ayant ainsi réuni toutes les données que Mr. Champollion a recueillies au sujet du Kronos égyptien , et dont l ouvrage de Zoëga renferme les détails, je vais examiner une à une toutes ces données, et voir si les symboles énigmatiques ou métaphoriques , indiqués par Mr. Champollion , ne sont pas des symboles alphabétiques : Svjtifîola yqap.fiâxtov , comme l’a dit le géographe égyptien Cosmas, surnommé l’Indicopleustès, en parlant des signes hiéroglyphiques. (1)

ici dans l’errenr qu’il combat à l'occasion de ,, l'ouvrage d’Horapollon , qui se rapporte, selon ,, lui, bien plus spécialement à l’explication des „ images dont se composaient les anaglyphes , „ qu’aux éléraeus ou caractères de l’écriture hiéroglyphique. ei

(t) 'O Mâxnç .... nuçrtlaPwv ’ltçoylvcpixà rçâfifictTu,

r^auuava dans le passage de Clément. ‘*41

Il importe d’observer avant tout, que la légende hiéroglyphique phonétique du Kronos égyptien offre les charpentes CYKetCBK, que Mr. Champollion lit également Sev k, Sovk, Sovg et Souk. Or, comme l’Egyptologue écrit aussi ces deux charpentes en lettres coptes et qu’il rend par Sovk et Sovg, il a eu

tort d’omettre la forme sopk, car le ^ copte répondant à la figure d’un pied, second signe de la légende, cette figure donne l’équivalent d’un p et d’un p h par les initiales de son nom et <1>V\ ( pal et p hat ) qui signifie un pied; plus, la variante Sobk, car le pied hiéroglyphique se trouve sous les valeurs d’un B et d’un Y, dans son alphabet harmonique; ce qui prouve que le pied s’appelait également et O^O^S , formes dont le thème signifie

progredi, transgredi ; comme en russe cmynaK) je marche, et cmona le pied. Les variantes distinctes que nous donne la légende phonétique qui accompagne l’image du Kronos égyptien, sont donc: Sopk, Sobk, Sovk et Souk.

Je ferai remarquer de plus que, dans l’alpha-

fjûklov ôè Sv [l(i o\u rçU[/[i((TWV, yçâfJfKXTtt yctQ ovttüi rjv. Topographie Chrétienne. Montfaucou Collectio Patrum graec. Vol. II.

SECONDE PARTIE

bet de Mr. Champollion, les mêmes signes hiéroglyphiques expriment tour - à - tour les voyelles («,0,0^ et ^ coptes — les voyelles U), 0 f ^ et la consonne c\ — qu’enfui, la ligure d'un bélier, No. 15, placée sous les valeurs £1 et et qui fait partie de la légende phonétique du dieu Ho'sL et de celle de Tibère, (1) prouve que le bélier exprimait tantôt un comme il résulte des dites légendes nominales, et tantôt un 00 et un 0, comme il résulte des formes (IhXv, 0\X\ , du nom du bélier, conservé dans les dictionnaires coptes; les valeurs 0-0- 0^-^ exprimées par le même signe, se rattachent d’ailleurs à leur principe physiologique, qui explique la vicissitude de ces élémens; et ces fait réunis 11e laissent aucun doute, que le nom du Kronos , écrit en caractères hiéroglyphiques, pouvait se prononcer également:

COOK, COK, CO%K, CO-lsK, CO^K et COTIK, soit, sole, souk , sovk , sob7î et sopk.

A la suite de ces aperçus, j’aborde les données mythiques de Mr. Champollion.

Le fait principal et hors de doute, c’est que: „le crocodile fut choisi, de préférence à tout

(1) Précis, page 371.

roâuuava dans lf. passage de ClÉme.nt. 243

„ autre animal, pour devenir le symbole dfeSouK, „le Kronos ou Saturne égyptien, le dieu du „ temps, parce que, selon la doctrine sacerdo- „ taie, cet amphibie est V emblème du temps.i((i ) En parlant des symboles énigmatiques des Egyptiens, St. Clément dit, en effet: Aîyvnvlùiv oi utv , èrd ÏIAOlOY' oi ô't , èni KPOKO - AEIAOY t'ov ECktov ôèixvvovoi' oqpcdvovoi éè bu. 6 r'jkioç ôl1 2 3 ccéooç ylvxeç ov xai vyqov vijV noQsiav nomvutvoç, yevvà zbv XPONON' ov aivîooevcu b Kqoxodeikoç, ôïcc uva cikkrjv uqauxijv imoolav. (2)

Voyons maintenant si les symboles de l’énigme astronomique, décrite par St. Clément, sont véritablement idéographiques , ou bien si ces symboles n'expriment pas plutôt, d'une manière allégorique, les noms mêmes des choses dont il est question dans cette donnée.

Les Egyptiens représentaient donc le soleil 1 °. tantôt dans un bateau , èni nloiov ,

2°. tantôt sur un crocodile, èni xçoxoâellov.

Ad 1 ra. En égyptien KA'AO ( hato ) signifie oxacprj , bateau , esquif , et K&AX , ( kat,

(1) Panthéon de Mr. Champollion, texte à la PI. 22.

(2) Stromates L. V. c. tu. page G70. Cette même donnée se reproduit en partie dans Eusèbe Prae parat. cvang. L. 111. c. 11. pa g. 115.

kât-é) circumire, errnre , vagrtri. JhWXV. àSLTt\3\\ ( côté émprê ) orbis Solaris , et avec le préfixe n: ( étkôté ) errons , se dit d’une

planète. L'esquif ou bateau, K&T’XO, n est donc, dans le fait, qu’un mot de la langue sacrée, destiné à allégoriser le cours du soleil à la faveur de son homophonie avec les mots que je viens de rapprocher.

„On remarque souvent, dit Mr. Champol- „lion,(i) dans les peintures des manuscrits „ égyptiens, différentes barques ou vaisseaux, „sur lesquels sont placés, soit divers emblèmes ,, des dieux, soit les images des dieux eux- ,, mêmes; les légendes qui les surmontent ou „ qui suivent ces barques, contiennent ordinairement/e caractère figuratif vaisseau, accom- „pagné de la préposition \\r de, et du nom „ propre du dieu auquel elles sont consacrées, ,, comme par exemple, le vaisseau de Phré, „le vaisseau d'Osiris , le vaisseau de Benno. “ (Voyez PI. XIX, Nos. 3, 4 et 5.)

Que le lecteur intéressé à la question, jette donc les yeux sur le haut de la planche XIX du Précis, où se trouvent représentés les trois esquifs ou bateaux , que Mr. Champollion a

vl) Précis , page 324. 4°.

rçâuuava dans le passage de Clément. 245

convertis en vaisseaux , et qu’il prétend être des caractères figuratifs.

L'esquif, No. 4. est formé de trois signes: Le premier, a droite, posé sur l’esquif, est identique au caractère hiéroglyphique No. 48, Col. 2, de l'alphabet deMr. Champollion, lequel caractère vaut un K. Le second signe, à gauche, es t la rame OXOCEp ( Ouocér ) dont l’initiale OX (ou) se confond avec T o (o) et 1’ 00 (6) dans les mêmes signes. Enfin , l'esquif ou bateau , reproduit dans l’alphabet de Mr. Champollion sous le No. 41 des signes hiératiques, donne un B (t'h) pour le dialecte memphitique, et un (O pour le dialecte thébain ou sahidique. Le prétendu caractère figuratif du vaisseau de Mr. Champollion n’est donc qu’un ingénieux diagramme alphabétique de la langue sacrée, exprimant les mots bateau , globe, planète et rotation .

Le bateau No. 3 de la Planche n’est qu’une variante qui offre les mêmes signes; elle forme la légende alphabétique YvOO^X ( lot én

ra) orbis Solaris , identique a KOOX.F. XXTipvi thébain et KttV \X(\)\)Yl memphitique.

Reste le bateau No. 5 , formant , pour sa part, la charpente K — '""X , composée du triangle I\0£ ( Kogh ) qui donne le K, No. 47.

SECOND/: PARTIE

de l'alphabet, et du signe hiératique No. 41, simulant un bateau : cette charpente hiéroglyphique offre donc le même mot KiW'AV. avec tous ses homonymes allégoriques.

Les trois vaisseaux de Mr. Champollion se retrouvent sous les Nos. 303 et 303 bis de son tableau général, et sont expliqués dans le texte page 37, par les mots mis en parenthèses X0\ ) barque , vaisseau, caractères figuratifs. Or, ces deux caractères sont tracés 1’uu et l'autre de gauche à droite. Le premier d’entre eux, le No. 303, porte une chapelle dont le nom était indubitablement ( Kôt ), car le mot qui

offre tant de diverses acceptions, signifie aussi: aedificium, aedijicare , dedicare aedes, templum. Lachapelle, portée sur le bateau , offre donc la lettre K pour initiale ; vient ensuite la rame, O ou 03, appuyée sur le sigue identique au caractère No. 1 1 de l'alphabet de Mr. Champollion, qui vaut également 0, v. (o, a, é); le dit signe peut, par conséquent, servir de finale aux mots bateau , et

globe, rotation , etc. mots dont la pénultième ^ est exprimée par la figure du bateau. Je remarquerai ici, que le No. 3 de la Planche XIX du Précis , représentant le bateau

r occuuava dans le passage de Clément. 247

de Phré, n’est que l’esquisse linéaire du caractère que je viens d’examiner. Le No. 303 bis, du tableau général est composé également de quatre signes, et n’est encore qu’une variante du No. 303. En résumé, In barque ou vaisseau , que Mr. Champollion nous donne pour un caractère figuratif, ne parait tel, que parce qu’on le regarde à travers le prisme de l’école: examiné a l’oeil nu, il se résout en lettres alpha bétiques. (î)

Ad 2“'. Selon la donnée de St. Clément, le soleil était représenté également sur un crocodile, et cela pour désigner, dit le philosophe chrétien, que le soleil, accomplissant sa course à travers une région de l'air douce et fluide , engendre le temps.

Le crocodile a plusieurs noms en Egyptien; et il est de fait, que le mot CO^X* ( soukki ) memphitique, et C0NK\ ( souki ) sahidique, étaient, suivant divers auteurs anciens, le nom égyptien des crocodiles sacrés. (2)

(1) Voyez aussi ce bateau alphabétique clans le grand papyrus du Cabinet royal de Paris , Col. 64. 74. etc. de gauche à droite.

(2) Abd-allatif , page là 7, Note 2t. Cdit. de Mr. Sylvestre de Sacy.

SECONDE PARTIE

A côté de ce mot symbolique se rangent tous ceux qui forment l'étiologie du mythe qui nous occupe.

Le mot C0K\ ( soit ) et COK, CU)U ( sol -, sok ) signifie progredi , provehi , et répond à ntv TToQtiuv Tioiovptvoç (6 ijlioç) du mythe en question.

CœVv, flore: de yento , souffler; le môme mot devait donc signifier, souffle , vent , air: le souffle et le vent n’étant que l’air en mouvement: en russe ji yi-o , /i.yx'jb , 6o3,zi,yxb : je soujle , esprit et souffle, air.

fluere, répond a vyçov ( âtQoç ) du

mythe.

(æï\, ductilis, defluens, ductile, élastique, coulant, répond au mot yXvxeçov (àtqoç') (air) doux, la douceur, prise dans le sens de mollesse, souplesse — idées renfermées d’ailleurs dans le mot précédent, vyoov , puisqu’ vyqoç signifie également coulant, mollet, souple, fexible, etc. Cette acception du mot c^,ï\ (se Je) se reproduit dans la variante CKYfi ( skén ) sahidique, constatée par la forme memphitique signifiant lenitcis, mollities cutis.

Le soleil, accomplissant sa course à travers une région de Voir douce et fluide, engendre

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