SUITE
DES DEJ ELOPPEMENS HIEROGLYPHIQUES SUR LE DIEU K RO N OS.
La planche 22 du Panthéon de l’Egyptologue nous offre, sous le No. 3 et à la suite des deux légendes phonétiques, un autre emblème du Kronos égyptien : le crocodile à queue recourbée, placé sur une espèce de piédestal: ,, les ,, médailles du nome Omhite portent a leur ,, revers un Crocodile ayant la queue recourbée , ,, absolument semblable à celui qui, sur les
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„ bas-reliefs égyptiens, terminent le nom hiéroglyphique du dieu Sovh, ou qui seul tient „/« place de ce nom lui-même , comme un ca- ,, ractère figuratif. “
Telle est la leçon de Mr. Champollion, qui, du reste, ne fait point mention de l’emblème No. 3, représentant le crocodile à queue recourbée., placé sur une espèce de piédestal.
Nous savons déjà pourquoi le crocodile seul tient la place du nom lui-même du Kronos égyptien, qui s’appelait CoXK, CoK, CuüK, etc. ces memes mots désignant à la fois le tems et le crocodile. On peut présumer aussi pourquoi la queue du crocodile était recourbée : le mot COOK, qui signifie trahere , peut avoir également signifié curvare , comme OÀK, {oïk) contrahere , curvare .
Voyez maintenant le piédestal-, il est composé de deux pièces : la pièce supérieure striée, a une forme semblable au modius de Mr. Champollion ; c’est donc un 5, , oo , o , ox , etc. valeurs alternantes dans les mêmes signes; mais la pièce d’en bas n’est-elle pas une variante du No. 54, valant K dans l’alphabet de Mr. Champollion P Le crocodile sur le piédestal n’est donc encore que T expression alphabétique des vari-
ryd/LLuazu dans le passage de Clement. 265
antes CcDK, CoK, Co^K du nom de Saturne égyptien. La variante de eet emblème , donnée sous le No. 66 du tableau général , présente le rnodius non strié, qui se retrouve sous le No, 14 de l’ alphabet harnSonique ; et la pièce inférieure, fermée par une ligne tirée à sa base, n’est qu’une variante du signe de la lettre K, No. 54 de l’alphabet de Mr. Champoïlion. Que de ruses, que de ressources pour l’expression d’un seul et même objet! Poursuivons.
Mr. Champoïlion cite „ Une médaille d’An- „tonin, frappée à Alexandrie , et qui montre ,, à son revers le dieu grec Kronos , la tête sur- „ montée d’un disque , en sa qualité de planète, ,, la Harpe dans la main gauche , et un Croco- „ dile sur la main droite. “
Selon l’iconologie mythique, „la faux est le „ symbole de V agriculture ; et la fable dit que „ Saturne avait enseigné aux hommes l’art de ,, couper avec la faux les blés et l’herbe des ,, prairies. “(i)
Saturne étant un personnage mythologique, la fable que je cite , dépouillée de sa métaphore, devra signifier, que, c’est, avec le tems , que les hommes ont inventé et employé la faux
(1) Noël. Diction, de la Fable.
SECONDE PARTIE
pour couper les blés et l’herbe des prairies; mais, dès-lors, Saturne ou le tems 'personnifié , devrait avoir pour attributs les images de tous les objets imaginables, dûs à l'invention; ou, pour le moins, l’image d’un objet emblématique, symbolisant V invention en général. Si l’on dit, d’autre part, que la faux , dans la main de Saturne , désigne l’action de moissonner, dans le sens de détruire — cette explication ne sera pas plus heureuse que la première, attendu que le tems crée et détruit successivement; et que, d'ailleurs, le tems ne pouvant exister sans la création, ni la création sans le teins, et la mesure du teins ne pouvant être fondée que sur la succession des êtres, il devient absurde de le caractériser par V emblème de la destruction ; et toutefois on est forcé de convenir, que ces absurdités ont été consacrées par le tems ! Il est vrai aussi que les mots COOK, (Sok) Cco\v\ (. Soki ) etc. signifiant colligere, peut justifier la fable du Temps qui apprit à l'homme l’art de moissonner ; et que le mot CüOK (Sok) n’étant qu’une variante de CücV) ( ôskli ), qui désigne la faux, allégorise le nom Cu)K ( Sôk) du Saturne égyptien. Or, le crocodile dans la main droite de ce dieu, et la faux dans sa maiu gauche , offrent la même légende lue
rnàutiava dans le passage de Clément. 267
de droite A gauche, qui est la direction ordinaire des légendes. Le crocodile , Co^Kl (Souki) , donne un G (s), la faux, KpO&Ll (. Krobi ) et Xpo£*\ (. Khrobi ) donne un Si (Je) et un X (A7i); ce qui fait les charpentes C — \\ et C — X des variantes du Kronos égyptien, représenté sur la médaille d’Antonin.
Mr. Champollion rapporte que ,, dans l’ordre „des dynastes, Sovk était le dernier des douze „ dieux; c’est pour cela, dit le savant Egyptologue, qu’on lui donnait, parmi les Egyptiens, l’épithète Nsoharoç Oeoç , le plus jeune ,,des dieux. “ Diodore parle, en elfet, de l’inscription hiéroglyphique d’une colonne a Nyse, où on lisait, entre autres, ces paroles d’Isis: èyoi dpi i] vov vewvàvov Kqovov ■d'æv frvyccTi]C) TCQsofivzuT'i']. ( i ) Je suis la fille ainée de Kronos , le plus jeune des dieux. .Mais la critique consentira-t-elle A voir dans la personne mythologique du lems le plus jeune des dieux ? Quelle dialectique, quel sophisme imaginable pourrait justifier l'allégorie mythique de la minorité du dieu tems, par rapport aux douze dieux, dont il était le dernier dans l’ordre de la succession de ces dynastes fabuleux ? Les onze
(1) lîibliolli. liv. I. pag. 31. edit. Wesseling.
SECONDE PARTIE
dieux qui ont précédé Saturne, ont-ils pu régner avant le tems? Et peut-on concevoir, d’une manière aussi allégorique qu’on le voudra, la succession du règne respectif des onze rois, hors du tems? „ C’est pour cela, dit Mr. Cham- ,,pollion, qu’on lui donnait, parmi les Egyp- ,, tiens, l’épithète Nmvaroç d'eoç.(( Comme si cette conséquence pouvait satisfaire l'esprit ou, pour le moins, l'imagination! Mais voyez la légende hiéroglyphique du Kronos égyptien des Planches 21,22 du Panthéon et du No. 66 répété dans le tableau général du Précis. Le premier signe, simulant une queue , c&TX^i) donne un C (s) No. 87 de l’alphabet de Champollion ; le second signe est un pied n&xx (pat), qui se prononçait également ÊlXTX (bat) comme il résulte de son emploi dans les noms propres pour un B , 3, No. 19 de l'alphabet de Champollion. Enfin, le troisième signe de la légende du Kronos égyptien est identique au No. 20, valant un K (h) dans le même alphabet. Ces trois signes hiéroglyphiques donnent donc, entre autres, la légende c£iK (sbh) laquelle.
(l) Voyez, dans le grand Papyrus du Cabinet royal de Paris , la queue du lion , servant de lit de mort.
rçâfijuaza dans le passage de Clément. 269
vocalisée en CoLk ( SobJc ) offre une des variantes du nom mystique du Kronos égyptien ; or, le même mot CoLk ( Sobk ) signifie parvus , minor , ainsi qu’on peut le voir à la page 194 du dictionnaire de Mr. Peyron. Ce n’est donc nulle part ailleurs que dans T homonymie , qu’il faut chercher la source du mythe qui signale Je Kronos égyptien comme le plus jeune des dieux.
Le Crocodile s’appellait également 2Eoyyoç (. Songhos ) comme on le voit dans le liv. 17 de Strabon ; et cette forme est même antérieure à celle de 2ov%oç ( Soukhos ) ( î ) . Transcrit en lettres coptes, moins la syllabe finale grecque, ~ôïX.°Ç donne Coftg, et ce mot rend raison de Saturne enchaîne ; car Ccmg ( Songh ), une des formes nominales du Crocodile, symbole de Saturne, est l'homophone du mot Coftg (Songh) qui signifie ligure , v inc ire , vinculum , vinctus.
D’autres allégories concernant le dieu Kronos, et le Crocodile , son symbole, seront examinées dans le chapitre des énigmes , à la
(1) C’est ainsi que ( sétik ) , sucer , puisser ,
tirer , est antérieur à GGK ( sek ) —
(ment), dix, antérieur à A&.G'HS (met) etc.
SECONDE PARTI K
suite de celles qui se trouvent citées par St. Clément. Du reste, quelque insolite que semble être ce genre d'exploration symbolique, la critique judicieuse 11e se hâtera point de le condamner; dans une question aussi mystique , que l’est celle des images monstrueuses des divinités égyptiennes , elle optera aisément entre les faits occultes et les prestiges qui les environnent; elle reconnaîtra avec plaisir l expression phonétique de ces faits, qui satisfont l’esprit, sans dépouiller l’imagination: en recueillant des mots , cachés sous les dehors fantastiques des images, elle saura se soustraire désormais aux prestiges des symboles qui subjuguent les intelligences de nos jours. La critique se rappellera surtout, que la combinaison monstrueuse de ces images fantasthpies a toujours lieu xar oheiôvipa. tmv Xt^ewv; selon la convenance des mots , qu'expriment ces images: la combinaison des symboles étant constamment calquée sur la série des élémens , qui forment, soit la charpente , soit V intégrité de chaque mot , mystiquement exprimé par tel symbole, ou telle image fantastique.
Le lecteur attentif se sera, sans doute, aperçu, que c’est Mr. Champollion lui-même qui m’a guidé dans le choix des exemples dont
I\)(XjU,uaiU DANS LE PASSAGE DE CLEMENT. 271
je viens d'achever l’analyse. En commençant par la déesse Saté , la Junon égyptienne, j’ai voulu indiquer aux archéologues les traces d’une vérité aperçue par Mr. Champollion, qui ne l’énonce toutefois qu’avec surprise, car il ne pouvait l’admettre qu’aux dépens de la théorie de ses anaglyphes: l’expression phonétique des noms des divinités égyptiennes était aux yeux du célèbre Egyptologue „une singulière „ façon de caractériser ces différentes divinités, ,, dont un très-grand nombre ne sont reconnaissables, selon lui, qu’au seul caractère „ initial de leurs noms propres ou de leurs „ litres spéciaux, placé sur leur tête, ou dominant les divers ornemens de leur coiffure.“(i) Mais le caractère initial, reconnu par Mr. Champollion , n’a-t-il pas la forme de ce qu’on appelle un symbole ? et si ce fait n’a pas besoin de discussion: les caractères initiaux, qui surmontent la tête ou la coiffure d'un très-grand nombre de divinités égyptiennes, ces caractères alphabétiques ne sont-ils pas choisis xax’ oixeiovrjTa xwv XtÇewv , xüv ovopàxwv , selon la convenance des mots, qui forment les noms et titres respectifs de ces divinités ? Et si la
(1) Panthéon PI. 7 h.
SECONDE PARTIE
combinaison des symboles, qui forment les images fantastiques des divinités égyptiennes, nous offre, au lieu de la seule initiale de leurs noms ou titres respectifs , la charpente, ou le mot entier, qui caractérise ces noms et titres mystiques, ainsi que je l’ai démontré par les exemples qui précèdent — la définition que l’auteur des Stromates donne des symboles tropiques , cette définition, si obscure au dire des commentateurs, ne prouve-t-elle pas, de la manière la moins équivoque, que les auteurs de ces images fantastiques étaient guidés dans leur combinaison par la convenance des mots, que ces images étaient destinées à exprimer d'une manière occulte ? Tqoulymç di , y.av’
O (X£l6v )] T Ci ( T 10 V X £ ij £ (0 V , T CO V OPO fl OC T 10 v')
fi£vdyovv£Ç xal UcvanDc'vvcÇ , (va ovufioXci) và d’ èÇaXXàvvovveç , rà âè TToXXayoïç pfvaoyijuavi-
ÇoVV£Ç, XaQOCVTOVOLV.
En suppléant, en parenthèses, les mots rüv Xe- £éœv, vüv orouâviop, je suis loin de prétendre que l’auteur des Stromates sousentendait ces ellipses dans sa définition ; car on ne voit nulle part dans ses écrits, qu’il eût été initié aux mystères, a en juger du moins par la manière dont il explique ses données hiéroglyphiques. Je crois donc que ces données, comme son fameux
F qâ y. uaia dans le passage de Clement. 273
passage, ne sont que des relata-refero , semblables a ceux de la version grecque du petit traité d’Horapollon. C’est ainsi que Clément d’Alexandrie rapporte, que l’on donnait le nom de lettres aux images des deux chiens, de l’epervier et de l’ibis, sans se douter que les images de ces animaux étaient véritablement des lettres; je dis qu’il ne se doutait point de ce fait, puisque, immédiatement après, il donne les deux chiens pour les images tropiques des deux hémisphères , l’epervier pour l’image tropique du Soleil , et l’ibis pour celle de la Lune. Quoique j’aie déjà discuté (page 210 et sq.) le passage relatif aux images des quatre animaux sacrés, appelés solennellement les quatre lettres, je me réserve de reprendre l’examen de cette donnée, pour offrir à la critique le moyen de se prononcer dans le conflit perpétuel des dogmes et des faits symboliques.
Je vais, pour le moment, fournir aux archéologues quelques symboles tropiques connus sous le nom d’ABRAXAs, et dont l’examen prouvera l’identité de la méthode de ces symboles avec celle dont les procédés se trouvent exposés dans le passage de St. Clément d’Alexandrie.
SECONDE PARTIE
ABRAXAS DES GAOSTIQUES.
Le savant auteur, de la nouvelle Histoire critique du gnosticisme y (i) en abordant l’examen de l’école des Opliitesy observe, entre autres, que ,, si l’on n’avait égard qu’à leurs symboles et à y, leur langage , on les prendrait pour une secte ,,née en Egypte sous l’influence de la Kabbale ; ,, si l’on ne considérait que leur panthéisme ou „ leurs rapports avec les Sabiens et les 3Iani- ,,chéens, on leur assignerait l’Asie pour ori- „gine; si l’on n’examinait que la conformité de ,, leurs principes avec ceux de Yalentin, on les „ condamnerait au rôle de déserteurs de ce „maître. Cependant, ajoute Mr. Matter, aucune ,, de ces classifications ne serait satisfaisante, „ aucune ne serait juste: ce n’est pas en les ,, prenant pour des imitateurs qu’on les apprécie; ils sont créateurs d’un système qui ,, admet une révélation du second ordre dans „ toute la classe pensante du genre humain, et „une révélation supérieure dans le Christianisme
(1) Mr. J. Matter. Deux Vol. arec Planches. Pa ris 1828.
roâuaaia dans le passage de Clément. 275
,, véritable, qu'ils distinguent soigneusement de
,, celui des A poires ! Nous croyons néau-
„ moins pouvoir établir que leur système naquit ,,en Egypte, et qu’il se modifia, comme tous les „ autres , en passant par d’autres hymnes et ,, dans des régions différentes .... Les symboles des Opbites appartiennent d’ailleurs n „ l'Egypte à un point qui ne permet pas de „ placer ailleurs leur origine. a(i)
Le symbole caractéristique des Ophites n’est, en effet, qu’un emprunt fait aux Egyptiens et aux Phéniciens. Eusèbe, dans sa Préparation Evangélique , en rapportant quelques données de Sanchoniathon sur la théologie de ces derniers, nous fournit des élémens de comparaison entre leur doctrine et les origines symboliques des Ophites.
To tcqioxov ov &sioxazov , ’Ofpiç èoxiv iéçaxoç fywv poQcprjv , ayav èrti%aQiç' oç si àvafiXsysis, (patxoç t 6 nàv ènhriqov èv xfj Jtçcoxoyovo) %ojça avxov ' si ôè xauiivous oxoxoç èyivsxo' siiffaoiv ôiôovç 6 ‘Emfjsiç, oxl xai â tânv qov èozi , ôià x ov (pavai âirjvy aoai’ (pcoxôç yccq ïôiôv èoxi xo ôiavyàoai' Jiaqà éfroivixwv ôè xai dPeQsxvôqç Xaftùv xàç ctfpoQpctç, èd'soXoyrjOs mçi xoi
(l) T. II. pages 185 et suiv.
SECONDE PAHTIE.
naç>’ avuô Xtyouévov ’O (p 1 0) v é b) ç &eov, '/.ai tmv ’Oyiwvidiov, ntqi wv av9~ig Xt£ouev.( 1)
Telles sont les paroles attribuées à Sanchoniathon , et copiées de Philon par Eusèbe.
Pour ne pas trop empiéter sur les analyses qui appartiennent au corps de mon ouvrage , je m’abstiendrai d’exposer ici les données complémentaires au sujet de ce dieu-serpent à tête d’ épervier, que la symbolique égyptienne révendique a T daut phénicien et a Zoroastre , (2) et qui figure dans les Abraxas des Gnostiques, sous l’épithète d’AGATHODÉMON, exprimant les idées du nom de Knef, que le dieu-serpent portait chez les Egyptiens. Je vais donc examiner le passage de l’évêque de Césarée, que je diviserai en
(1) Praeparat. Evang. édit. Viger. page 41. c. d.
(2) „ Les idées d'un dieu protecteur et favorable,
5, figuré par le serpent à tête cT épervier , étaient ,, tellement répandues, qu’on les rencontre dans „ les écrits supposés de Zoroastre et du Mage ,, Ostanes , qui paraissent avoir été composés dans
„les premiers siècles de notre ère par des théo- ,,soplies Gnostiques et Platoniciens/1 2 * 4 Matter Hist. crit. du gnostic . T. I. page 274. Les écrits de Zoroastres et d’Ostanes fussent-ils même authentiques, ainsi que le suppose Eusèbe qui les cite, le symbole en question n’en serait pas moins un emprunt fait aux Egyptiens.
rçâfifiava dans le passage de Clement. 277
plusieurs portions pour en faciliter les rapprochemens avec le symbole des Ophites.
Sanchoniathon dit que le serpent à tête( 1) ( Tépervier , était un être très-divin (dziozazov) dans la théologie des Egyptiens et des Phéniciens. Au rapport de cet auteur, l’essence divine du serpent tenait a plusieurs causes: d’abord, selon la doctrine de Tâaut, le serpent est, de tous les reptiles, le plus pneumatique ; il est d’ailleurs d'une rapidité excessive dans ses mouvemens , à cause de sa nature ignée , et de son essence pneumatique : nvevpazLxojzazov yàq zo Çwov nâvzwv zùv tçTiezwv xcd nvqdideç vie1 2 3 avzov naQedod'iy naq (o xcd zâ/oç âvimtqfiXrjzov ôià zov nvwuazoç naQÎozrjOi. (2) Et il jouit d une extrême longévité. Enfin , le serpent divin porte la tête d'épervier , à cause de l'activité de cet oiseau. (3)
Ces indications étaient plus que suffisantes pour faire reconnaître aux savans l’emblème mythique du Soleil ; mais, quelque ingénieuse
(1) Dans le passage que j’ai cité, on lit, un peu avant et après, xecpalijv au lieu de fioÿcptjvt tel est le Knef des Momunens.
(2) Pag. 41 a.
(3) licpenier chez les Egyptiens, était, entre autres, le symbole du soleil. Horapollon I, 6.
SECONDE PARTIE
que soit cette étiologie dans ses détails, l’expression des élémens de ce symbole caractérise encore mieux la nature de l’astre dont il est l’emblème mythologique. En effet, les homonymes de la langue sacrée des Egyptiens nous fout aisément reconnaître que le serpent eu question exprimait, par les parties intégrantes de son image, le mot composé de
tiXVC épervier et de serpent, basilic:
expression secrète, destinée a faire allusion au mot SiMCk'Hre ou qui manque
dans les dictionnaires coptes, bien qu’il ait donné naissance aux termes grecs (pcccorpoooç , ipwoqopoç, (pwraywyoç , qui n’en sont que la traduction, et qui s'appliquent parfaitement au soleil.
Quant au nom du serpent ( sati ) mem-
phitique(i) et ( saté ) sahidique, il est
aisé de le reconnaître dans ce symbole; car la queue d’un serpent ne se distinguant en rien de sou corps, dont elle n’est qu’un prolongement, le nom de la queue devenait ainsi le terme de réunion auquel venaient se rattacher toutes les expressions homophones , relatives à ce symbole. Eu effet, la queue, (sut) avertit
(1) Grammaire Egyptienne de Mr. Cliampollion, page 183.
r^au/uava dans le passage de Clément. 279
qu’il s’agit du serpent ou C&.'HSÇ (sut i ou
saté) et de ses homonymes:
(scité) splendere , jlammeus esse ; spïendor , jïamma , ignis. —
(sat) et (sali) jacere, projicere ,
extendere , expandere, etc. qui font allusion à V émanation de la lumière. —
(sali) et (soté) flèche , trait,
qui font allusion aux rayons , aux traits de la lumière : les deux mots coptes signifiant également trait et lumière.
( saat ) procedere , transire , mot qui, se rattachant à ceux qui précèdent, rapeile ta course périodique du soleil.
Telle est la raison mystique du choix du serpent, à laquelle le prétendu Tâaut substitue une raison mythique pour subjuguer la croyance supersticieuse des profanes; et nous allons voir cette même çueue figurer dans l 'Abraxas des Ophites, et désigner mystiquement le même serpent (saté) , dont nous venons de sur-
prendre le rôle énigmatique.
En jetant les yeux sur la planche II a, du volume figuratif qui accompagne l’ouvrage de Mr. Matter, on reconnaîtra que le type symbolique des Ophites était composé d’un serpent
2bO
SECONDE PARTIE
À tête de lion radiee; et que la différence qui s’aperçoit dans les variantes de ce symbole typique, réunies sur la planche que je viens d’indiquer, consiste dans le nombre des rayons de l’auréole et dans celui des replis qui forment l'enlacement plus ou moins compliqué de la queue du serpent.
,, Quant aux rayons qui forment une sorte „de gloire a ces têtes, ils peuvent, (dit le savant auteur, en parlant de la figure 3,) „ offrir „ quelquefois un nombre mystique ; on en „ compte cinq, sept , neuf , dix et douze; „ cependant, ce qui pourrait prouver que le „ nombre en est souvent arbitraire, c’est qu’il „est indéterminé sur la pierre qui nous oc- „ cupe. “(i)
U Abraxas des Ophitcs offre a l'analyse des faits dignes du génie de ses auteurs , et qui réclament toute l’attention de ceux qui s’occupent de l’examen des symboles des Gnostiques.
L'auréole , premier objet du symbole, sert d'expression mystique au mot iy\, ( sclia ) qui signifie Xâ pneiv , 7ieQLaovQc/.7izeiv, sptendere , circumfulgere : resplendir, environner