‹ Archéologie égyptienneChapitre 37 sur 46 · SF.COM DF PARTIE · texte numérisé non relu

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du Soleil , dont lfs ratons dardent , frappent , blessent les yeux et pénètrent partout. Mais si ces affinités sont incontestables, il ne nous restera plus qu’à rappeler le témoignage de Pline, qui nous a dit que le mot égyptien qui désignait un obélisque , signifiait rayon du soleil. Les mots ardeur et rayon , et ü)ï\,

soleil , forment, en effet, le mot composé ( lihamône ) identique par sa forme au mot fùon , calidus et apricus , et qui, tout en servant d’expression symbolique à un obélisque , signifiant ainsi, rayon du soleil , se rattache, en même tems, au nom du dieu JÏ2N et Jl'Dy , yinxmon , dont l'obélisque était le symbole énigmatique.

Ouant à l’acception biblique du mot D\323n , et de ses variantes, exprimant les abominations idolatriques des Egyptiens, cette acception semble devoir s’exclure d’elle même de la question égyptienne, et repousser toute tentative de rapprochement. Cependant nous avons vu naguère le dieu Knef , qui s’associe d’ailleurs au nom d Ammon — nous avons vu et Phthah, et Isis , et Hator , et tous les dieux ensemble, ,(i) servir d’épithètes ambigiies dans

(1) Supra, pages 368 — 370.

rqâfifia xa dans le passage de Clement. 397

les prénoms des Pharaons, des Lagides et des Césars. Ainsi, quelque absurde que semble être, dans la question égyptienne, l’acception d’un blasphème, ce fait irrécusable, ne change rien à la question énigmatique de l’épithète ASiM- , chérissant Amon , T ami d’Anton, (1) ou - ÀSL&.1 , aimé par Amon, chéri

d Amon , que Mr. Champollion dit être „un ,,des titres que prennent le plus fréquemment „les anciens Pharaons( 2) sur les obélisques et les ,, grands édifices de Thèbes. (i La critique sera d’autant moins dupe de ces scrupules, quelle s’apercevra d’ailleurs qu’il n’est point question ici de titres des dieux, mais de qualifications mystiques des souverains, conçues tropiquement et rédigées avec des formules mythologiques: ainsi que nous le dit St. Clément d’Alexandrie, Toiç xüv (ïamkùov ènmvovç 9'wXoyov/névoiç uvtéoiç tqotuxüjç naqaôidôvai. Cela posé, nous pouvons examiner définitivement l’énigme de C obélisque et du bélier, dans leur rapport aux titres et qualifications des anciens Pharaons.

A la page 385 ci-dessus, je m’étais proposé d’invoquer Ammon , le sublime , afin qu’il nous

(1) Suprà , page 380.

(2) Suprà , page 380. et suiv.

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apparaisse, dépouillé de la peau de bélier, sous laquelle il s’est dérobé jusqu’ici aux regards des archéologues. Mes lecteurs auront pris l’énoncé de ce projet pour une simple figure de rhétorique. Dépouiller la peau du bélier , est pourtant le travail que je me propose. Mr. Champollion a non seulement pressenti la possibilité de ce genre d’opération, mais il doit en avoir fait l’expérience , puisqu’il en signale la théorie avant la page pénultième de son Précis du système hiéroglyphique.

„Les caractères symboliques sont, pour la „ plupart, des signes très-compliqués, et se „ rapportent plus spécialement aux idées reli - ,,gieuses; les rituels funéraires qui se rappor- ,, tent aussi au culte égyptien , contiennent „ nécessairement une très-grande partie de ces ,, signes symboliques: or, nous avons, dans ,,les textes hiératiques de ces mêmes rituels, ,,un moyen certain d'arriver à T intelligence de

,, ces caractères symboliques ; car l’écriture hié- „ ratique, n’étant point représentative de sa na- ,, ture, exclut les images d’objets compliqués, „ comme le sont beaucoup de symboles ; et j’ai „ observé que là où le texte hiéroglyphique „ emploie un seul signe qui est symbolioue, „ le texte sacerdotal correspondant le remplace

ryâfiuaia dans le passage de Clément. 399

„ souvent par un groupe de deux, de trois ou „ de quatre caractères. Il est évident, dès - ,,lors, que le texte hiératique, repoussant le „ signe symbolique , exprime le sens même de ,, cette image par des caractères phonétiques „ représentant le mot égyptien, signe de Vidée ,,qui est exprimée par ce signe symbolique „ même. Outre cela, il arrive fort souvent ,, aussi que, sur deux textes hiéroglyphiques, ,,1’un emploie le signe symbolique , et l’autre le „ signe figuratif ou groupe phonétique équivalent. Nous avons donc le droit d’espérer „que, par ces différentes opérations, et par „des recherches et des comparaisons multir „ pliées, nous parviendrons à fixer le sens „ propre de ceux d’entre les caractères symbo- „ liques dont la valeur ne nous est point encore ,, connue. i{

Le célèbre investigateur, qui, dans les deux éditions de son Précis, parle ,,de ce moyen „ certain d’arriver a l’intelligence des caractères „ symboliques “ ne s’est point mis à la place de ses lecteurs pour sentir, comme eux, le besoin que cette importante découverte devait leur faire éprouver d’avoir sous les yeux quelques exemples de ces groupes phonétiques , qui, dans l’écriture sacerdotale, expriment le sens

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des images symboliques qu'ils remplacent. Ce qu’il y a de certain, c’est que le groupe hiératiquey qui remplace l'image symbolique du bélier , n’avait point, aux yeux de Mr. Champollion, les conditions requises pour faire partie de cette importante découverte ; et que le savant investigateur plaçait le groupe hiératique du bélier , symbole du dieu Ammon, dans la classe de ceux qui „ sont une imitation complète, mais „ excessivement abrégée des hiéroglyphes purs ,,ou linéaires, (i classe dont il fait mention à la page 420 de son Précis. En effet, le groupe hiératique remplaçant l’image hiéroglyphique pure et linéaire du bélier , est visiblement le croquis de cette image , — et son artificieuse configuration a trompé la vigilance de l’Egyptologue , si bien qu’il 11e s’est point aperçu que ce croquis n’est autre chose, que le groupe alphabétique, figurant, d’une manière rusée, l’expression mystique, remplacée sur les jnouumens par l’image symbolique du bélier, et par V obélisque, son équivalent. Le croquis hiératique du bélier peut donc être considéré comme le squelette du bélier, dépouillé de sa peau, lequel squelette offre la charpente du mot, dont l’image du bélier représente T initiale. Voici l’analyse de ce squelette alphabétique.

r oàatiaia dans le passage de Clément. 401

La valeur alphabétique du bélier est celle d’un S* (b) ainsi qu’il résulte de sou emploi dans le nom propre de l’empereur Tibère et dans l’épithète royale de oefiaçoç. Cette valeur, donnée dans la Lettre à Mr. Dacier , et admise dans V Alphabet harmonique de Mr. Champollion, se reproduit sous le No. 56. du tableau des hiéroglyphes phonétiques de sa grammaire égyptienne; et nous devons remarquer que cette valeur du ük, variante de T o^s (ou) se rattache à l'initiale du nom du bélier, qui s’appelait également 0\X\, o>vX\, MX, etc. le même signe hiéroglyphique pouvant représenter tour-a-tour un un o f un <jo et un &, (ou, o, o, a) ainsi qu’on peut le voir dans T alphabet harmonique et dans le tableau phonétique de la grammaire égyptienne de Mr. Champollion.

Le groupe hiératique que je veux examiner, se trouve sur le Papyrus de Mr. Fontana , première colonne à gauche, ligne trois, premier signe à droite. Il est impossible de ne point reconnaître dans ce groupe la forme hiératique du bélier, dont la tête surtout conserve l’esquisse linéaire avec les deux cornes étendues dans un sens horizontal. Le moyen de parvenir à l’intelligence de ce groupe mystique, c’est d’en séparer les élémeus intégrans, de manière à

pouvoir apprécier la valeur alphabétique de chacun d’eux isolément. Or, comme ce groupe est formé de plusieurs signes astucieusement combinés, il est tout simple que chaque signe, pris à part, ait sa valeur propre, concourant à l'expression de la légende mystique, formée par le groupe en question. Ainsi,

La tête du bélier , employée par synecdoche, représente la lettre ( 6 ).

Le signe au-dessous de la tête et à la droite du groupe, est identique aux signes hiératiques No. 25. de l’alphabet harmonique (i) de Mr. Champollion: c’est un ^ (£).

Le troisième signe a gauche et au dessus , est

(l) Mr. Champollion, dans sa grammaire page 45, No. 224, en a fait un g ( gh ou h) pour la basse époque, ainsi que des pieds qui marchent (l) * * * VNN.VNC\ ( tatsi ) et qui correspondent à ces deux signes hiératiques: méprise étrange, que Mr. Champollion semble s’être plu à compliquer en donnant sous le No. 148. la valeur d’un simple n , au signe hiéroglyphique

n combiné avec les pieds , et servant ainsi d'initiale au nom de Darius; tandis que , dans le même tableau alphabétique de sa grammaire, Mr. Cham-

pollion réunit plusieurs associations de n au t ,

représentant un A grec, D latin, dans la basse

époque !

r oàfiucaa dans le passage de Clément. 403

le No. 42. <lu meme alphabet, équivalant au hébreu et ayant la même valeur dans le tableau alphabétique de la grammaire égyptienne , page 38, No. 38.

Ces trois premiers signes nous offrent ainsi la charpente Êa^Sl . Poursuivons.

Le quatrième signe , qui simule la longueur du corps du bélier, est identique à celui que l’on voit sous le No. 102. de l’alphabet harmonique de Mr. Champollion , valant JS1, et auquel nous avons reconnu la valeur du U7 (sch) comme initiale du mot ujuaoiSUJY , ( schoouschi ) sacrifice a la page 124 ci-dessus.

Enfin, le cinquième et dernier signe, au-dessous de celui qui précède et auquel il est réuni par une courbe, simule visiblement les pieds du bélier, qui semble être assis. Or, ces pieds, qui peuvent représenter la lettre tc (p) par l’initiale de leur nom (pâte) sont d’ailleurs

identiques au second signe hiératique No. 106. de l’alphabet harmonique de Mr. Champollion, lequel signe se trouve sous les valeurs S , et TC (ph et p).

Les élémens de notre groupe réunis, nous

donnent donc les lettres

Ça, \ — u) ou c, et tc; et ces lettres peuvent servir de charpentes aux

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mots Ç*0r\ {bol!) et upuv. ou vi)\H\(i) ( schipè , schipi). Or le mot r et ses variantes ÇiOX''-^, <aV~Y, signifient profanation , souillure , «6omination; et les mots \y\TW. et vpmv signifient, entre autres, impudence , turpitude , opprobre. Ces deux légendes, données par le groupe hiératique, correspondant à l'image du bélier , rentrent donc parfaitement dans l’acception du mot n-OSn, dont le singulier JE!"!, servant d’épithète au dieu Soleil , fait allusion au dieu Amon des Egyptiens, (2) dont les symboles énigmatiques étaient le bélier et Tobélisque. C’est ainsi que le mot f°rlîié par la première

portion des élémens figuratifs du bélier hiératique, se rattache aux variantes du nom de Tobélisque appelé primitivement 0X0^\et0Xü)^x (ouôli et ouôte) et plus tard oxoyrx et 0X£r"X ( ouoèite et ouèite ) dont la dernière OX^A^, (■ ouèite ) se rapproche du mot tvrx f (bête) le-

(1) Nous avons eu plusieurs fois, l'occasion de voir que les voyelles Ç f 1 se suppriment à la fin des mots, écrits en caractères hiéroglyphiques. Voir page 183. suprù.

(2) ,, Et [EH épitheton Baalis esse censeo . . .

f, quoique sono suo fortasse alludat ad flEN

Aegypt iorum.“ Gesenius, suprà p. 390.

r^uppava dans le passage de Clement. 405

quel, ainsi que dont ü est une variante, ( i )

signifie souillure, profanation , abomination.

Ces allégories égyptiennes du bélier se reproduisent d’ailleurs dans son nom sémitique V'M , identique a MX, mXv et signifiant aussi for lis, potcns, pr inceps, dux ; or, ces idées sont exprimées également par la forme Vw qui signifiant de plus, stultus , perversus , sert ainsi d’homonyme aux variantes et b^VJ qui signifient iinpius , pravus , improbus.

Nous pouvons donc conclure de l’ensemble de ces déductions archéologiques, que le bélier , symbole énigmatique du dieu Amon , était destiné à qualifier mystiquement ceux d’entre les anciens Pharaons qui, par leur turpitude et leurs abominations réitérées, se sont couverts d'opprobre, et ont ainsi mérité V exécration monumentale. En un mot, le titre de àslM ou ASlM, qui désignait au vul-

(1) Quant à l’initiale 0^ ( ou ) qui distingue ces variantes de celles des mots / com-

mençant par un Êi, on peut consulter les dictionnaires Coptes pour se convaincre que le et le Çi alternent dans une infinité de mots; et les mêmes signes hiéroglyphiques représentent tour-à tour ces deux élémens.

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gaire, le chéri d’Amon , et celui qui chérissait ce dieu , ce meme titre exprimait, dans la langue sacrée des hiérophantes, un souverain qui aimait les abominations et qui s’était couvert d'ignominie.

Pour faire pressentir aux archéologues l’importance de l’étude des groupes hiératiques , signalés par Mr. Champollion comme un moyen certain de parvenir à l’intelligence des caractères symboliques , je vais suppléer a l’absence totale de ses preuves, et offrir encore un exemple de ce fait avoué par l’Egyptologue, savoir que „les textes hiératiques repoussant les signes ,, symboliques , expriment le sens même de ces ,, images par des caractères phonétiques , représentant le mot égyptien, signe des idées ex- ,, primées par les signes symboliques mêmes. “( 1 ) Biais, je le répète ici encore une fois, l’exemple que je viens d’analyser et celui que je vais produire, n’étaient point, aux yeux du célèbre investigateur , applicables à son moyen de déchiffrement , attendu que Blr. Champollion voulait parler d’une série de signes hiératiques se succédant en ligne droite , soit horizontale , soit verticale y tandis que le groupe hiératique

(l) Sitprà , page 399.

r qduuava dans le passage de Clément. 407

du bélier et celui de l’abeille , dont je vais parler, formant l’un et l’autre, le croquis de ces deux images , n’entraient plus dans les calculs de l’Egyptologue , qui n’y voyait que les images mêmes de l’abeille et du bélier, tracées selon la méthode hiératique , dont les caractères de la classe de ceux dont je parle, étant selon lui „ une imitation excessivement abrégée des ca- „ractères hiéroglyphiques** { 1) n’étaient, par cela même , susceptibles d’aucune lecture. Mr. Champollion était si fort convaincu de l’aphonie des groupes hiératiques , imitant ses symboles idéographiques , que, depuis la publication de la première édition de son Précis du système hiéroglyphique , jusqu’à la rédaction de sa grammaire, les groupes hiératiques dont je parle ont constamment conservé leur valeur idéographique. (2)

(1) S uprà, page 400.

(2) Dans mon Essai sur les hiéroglyphes d’Horapollon, publié en Janvier 1827, j’avais annoncé mon projet d’examiner Vabeille qui surmonte les cartouches d’une partie des souverains de l'Egypte. II y a donc dix ans que j’ai fait V autopsie de cet insecte.

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DES

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