‹ Archéologie égyptienneChapitre 38 sur 46 · SYMBOLES MYSTIQUES · texte numérisé non relu

SYMBOLES MYSTIQUES

OUI PRECEDENT OU SURMONTENT COMMUNEMENT LES -CARTOUCHES DES SOUVERAINS de l’Egypte.

Ex posé de la Question .

Nous avons déjà eu occasion de voip que les encadremens elliptiques, appelés cartouches royaux, se trouvent toujours deux à deux, accolés ou placés à une petite distance l’un de l’autre. Oue l’un de ces cartouches renferme le nom , et l’autre. Je prénom royal , pour me

servir de l’expression de l’Egyptologue , qui comprend sous le mot prénom les divers titres et qualifications emphatiques, destinées à caractériser Je règne de chaque Souverain. Or, ce cartouche , qui est le premier des deux , se trouve surmonté tantôt par l'image d’une abeille précédée d’une plante — tantôt par trois signes phonétiques.

Voici les développemens qu’on lit dans les deux éditions du Précis de l’Egyptologue au

roa/j/Lia va dans le passage de Clément. 409

sujet de ce cartouche-prénom des souverains d’Egypte.

,,Le premier est précédé du groupe (No. 270 ,,«.), qui, dans le texte hiéroglyphique de ,, Rosette, répond constamment au mot BA- „2IAEY2 du texte grec. Les deux premiers ,, signes de ce groupe, la plante c et le segment „de sphère ^ , sont en effet les deux premiers ,, signes du groupe (No. 267), ( souten )

„rex, direclor , qui, dans les textes hiérogly- „ phiques , exprime très-fréquemment la même ,,idée roi, et dont la forme hiératique est très- ,, reconnaissable dans le groupe correspondant „du texte démolique de Rosette. Le troisième ,, signe du groupe No. 270 a. est une abeille, ,, unie au segment de sphère , ^ , signe ordinaire ,, du genre féminin en langue égyptienne ; langue „dans laquelle le mot abeille,

„ mouche à miel, est en effet du genre féminin. ,, Si nous tenons compte du témoignage formel ,, d’Horapollon , l'abeille exprimait, en écriture ,, hiéroglyphique, Aaov ttooç ftaaûYa neid'pviov, ,,un peuple obéissant à son roi; nous pouvons „donc considérer les quatre signes qui composent „le groupe No. 270 a, comme une formule consacrée, signifiant le directeur ou le roi du ,, peuple obéissant, et comme formée d’une

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„ abréviation du groupe phonétique (No.

,,267), roi , et d’un caractère purement sijrnbo- ,, tique: l'abeille, insecte industrieux auquel „ une vie laborieuse et dirigée par un instinct „ admirable , donne une apparence de civilisa-

,,tion qui dut en effet le faire considérer comme ,, l'emblème le plus frappant d’un peuple sou- „mis à un ordre social fixe et à un pouvoir ,, régulier. (î) De plus, ce titre est quelquefois „ remplacé ou suivi, sur le premier cartouche, „par celui de maître du monde , seigneur du „ monde. “

Nous avons vu, à la page 188 ci-dessus, la manière dont le savant continuateur des travaux de Mr. Champollion explique la nature et l'emploi obligé des images dont nous parlons. Je dois reproduire ici cette explication de Mr. Salvolini :

„Cet emploi obligé de signes-images à la ,, suite des groupes phonétiques, permettait aux „ Egyptiens d’abréger sans inconvénient certains „mots, ceux surtout qui sont employés le plus ,, habituellement, de manière à conserver le „ caractère phonétique initial seul , combiné ,, immédiatement avec le déterminatif. C’est

(l) Page 184 de la première édit, et 23G de la seconde.

roa/LL/biaTCt DANS LE PASSAGE DE CLEMENT. 41 1

,, ainsi que, par exemple, un des mots les plus ,, communs , , roi , ne se trouve pres-

„que toujours représenté que par la plante ,, c, jointe immédiatement au déterminatif tro- „ pique l’abeille. if Et, dans sa Notice sur la Campagne de Ramsès (page 119.) Mr. Salvolini rappelle que ,, Mr. Champollion ayant re- ,, gardé ce mot comme étant en relation

„avec la racine copte COVSfi, regere, lui don- ,, naît la signification de roi. Quoi qu’il en soit „de son analogie avec le Copte, poursuit Mr. „ Salvolini , sans m’engager ici dans une discussion de tous les motifs sur lesquels elle m’a „paru reposer, sa signification ne peut être ,, révoquée en doute , soit à cause de sa transcription démotique, qui sert constamment, ,, dans le long texte enchorial de Rosette , à exprimer le grec Baoilevç , soit d’après le déter - ,, minatif , l’abeille, qui l’accompagne. 6e D’après ces aperçus de Mr. Salvolini, on voit qu’il considère T abeille, non comme symbole d’un peuple obéissant à son roi , tel que nous le donne Horapollon : ï.aov ttqoç (iaoïkéa nei- ÏÏrjviov, mais comme symbole d’un roi luimême, et c’est comme tel, que l'image dune abeille sert de déterminatif tropique à la plante, initiale du mot qui signifie roi , selon

SECONDE PARTIE

l’assertion de ce savant, qui adopte, à cet égard, la leçon de Mr. Champollion. C’est encore l’Egyptologue qui aura suggéré cette explication à Mr. Salvolini ; car, dans sa Grammaire Egyptienne, page 24, Mr. Champollion enseigne que „on notait le chef du peuple, le ,, roi, par une abeille, parce que cet insecte „ est soumis, dit-il, à un gouvernement régu- ,, lier. (i Cette nouvelle explication du sens „ métaphorique de l'abeille, contradictoire au témoignage formel (i) düorapollon , se rattache toutefois à la donnée d’Ammien Marcellin, ,,pcr ,,speciem apis metta confcientis indicunt re- ,, oem : moderatori cum jucundilate aculeos quo- ,,que innasci debere , Ms signis ostendentes.(i (2) La critique , attentive a ces nouvelles leçons et aux développemeos qui leur servent d’appui, doit s’arrêter à l’examen de ces deux assertions principales de Mr. Salvolini, savoir,

1 Qu’un des mots les plus communs, f roi, ne se trouve presque toujours représenté que par la plante c , jointe immédiatement au déterminatif tropique , l’abeille.

(1) C’est l'expression de Mr, Champollion, supra, page 409. ligne 20.

(2) Lib. XVII . ch. 4.

rçâtitiava dans le passage de Clément. 413

2°, Que le mot écrit ainsi en carac-

tères hiéroglyphiques , et dont Mr. Champollion a reconnu la relation avec le mot copte regere, signifie effectivement roi ; et que ,, cette „ signification ne saurait être révoquée en doute, „ tant à cause de la transcription démotique qui „sert constamment , dans le long texte enclio- „ rial de Rosette, à exprimer le mot grec BA- „J2'L/EYJ£', que d’après le déterminatif , l’a- „ beille , qui l’accompagne. 66

Ad 1 m. Quant à l’assertion „ que le mot „ ne se trouve presque toujours repré-

senté que par la plante c, jointe immédiatement au déterminatif tropique T abeille , je dirai, pour l’honneur des Pharaons, que cette assertion de Mr. Salvolini n’est point exacte. Les copies du monument généalogique, sculpté sur la paroi d’un temple d’ Abydos , nous offrent, dans la série du milieu, une suite non-interrompue de dix-huit cartouches prénoms, (î)

(1) Il dut y en avoir vingt, à en juger par la copie de Mr. Bankes, où la dernière série présente dix-neuf cartouches, auxquels il manque le vingtième, qui devait être le premier adroite, puisque les cartouches de cette dernière série sont doubles : le premier à droite renfermant le prénom et le second à gauche, le nom du Pharaon.

surmontes des trois signes hiéroglyphiques qui forment la charpente charpente que Mr.

Cliampollion et son école identifient avec le groupe formé par la plante, suivie de*?’ abeille et de deux segmens de sphère au-dessous, lequel groupe surmonte alternativement les cartouches-prénoms de la troisième et dernière série qui se trouve au bas de la dite table d’Abydos.

Ad 2m. Mr. Cliampollion dit que V abeille précédée de la plante „ répond constamment

— au mot BAèElAEYH, dans le texte hiéroglyphique de la triple inscription de Rosette. Oue

— les deux premiers signes de ce groupe : la

,, plante, c ? avec le segment de sphère au- -dessous, sont en efFet les deux premiers -signes du groupe (No. 267 du tableau général -du Précis) rex, director , qui dans les

— textes hiéroglyphiques, exprime très - fré-

— quemment la même idée roi, et dont la forme

— hiératique est très-reconnaissable dans le texte

— démotique de Finscription de Rosette. “ (1) Mr. Salvolini , pour sa part - sans vouloir s’en- „ gager dans une discussion de tous les motifs

— sur lesquels lui parait reposer la signification -de roi“ que l’Egyptologue, son maître, attri-

(l) Supra, page 409.

rçâ^fiava dans le passage de Clément. 41 5

bue à la charpente qu'il identifie avec

V abeille suivie de la plante , déclare „ que cette „ signification ne peut être révoquée en doute, „ tant ù cause de la transcription démotique du „mot*CQ^SîW qui répond constamment au mot „ BA2IAEY2 , que d’après le déterminatif „T abeille qui l’accompagne, “(i)

A la page 39 de mon Essai sur les hiéroglyphes d'Horapollon, publié il y a dix ans, j’ai fait ma profession de foi au sujet du monument de Rosette: c’est, que la nature éminemment équivoque du langage sacré et des signes hiéroglyphiques, ne promet que de faibles résultats aux archéologues qui persistent à vouloir trouver dans le texte grec de ce monument l’interprétation fidèle du texte hiéroglyphique qu’il accompagne; ou, si l’on prend le texte grec pour l’original, la même conséquence s’appliquera a la version du texte hiéroglyphique, dont les élémens, puisés dans la langue sacrée, offriront toujours un sens pour le vulgaire, et un autre sens pour le sacerdoce. Telle étant ma conviction de fait, je soutiens que la présence du mot BA^EIAEYIZ constamment en rapport avec la charpente du mot et

(1) Suprà , page 4 11.

SECONDE PARTIE

avec le groupe formé par C abeille précédée d'une plante , ne prouve autre chose que l’astuce des hiérogrammates, qui donnent à l'image de cet insecte la signification symbolique de Bum- Itvç , en se réservant pour eux seuls le mystère de la véritable légende dont T abeille précédée d une plante , devait offrir l'expression dans la langue sacrée du sacerdoce.

§. II

EXAMEN

DU

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