‹ Archéologie égyptienneChapitre 42 sur 46 · DE LA LÉGENDE HIÉROGLYPHIQUE MO , LE MOIS VE · texte numérisé non relu

DE LA LÉGENDE HIÉROGLYPHIQUE MO , LE MOIS VE

Le mot MO / (i) employé dans l’Apocalypse III. 10, répond au mot ouov/iéri] , identique à BceAemiaa, orbis hubilalionis , et que l’on traduit par orbis universum — l'univers , dans l’acception de monde habité. (2)

(1) La forme MO étant du dialecte mempliitique, Mr. Cliainpollion admet également la variante "'XO/ déduite, sans doute, de ce fait que le même groupe qui exprime le mot MO ( fho ) dans la légende L£Êi-MO, seigneur du monde , exprime la syllabe to dans les noms propres des souverains grecs et romains, qui ont régné en Egypte.

(2) Telle est par ex. l’acception du mot olxov[tévr) dans St. Luc. II. 1. qui dit; cÇrjlds ôoyfm tcuqÙi

KuLuuqoç Avyovçov , unoyoâ(f(ryd au n txaav x ij v otxov/uévrjv. Et Act. XVII, 6. . . . fiocjvxeç' oxu ou xi] v ouxov[.iévrjv uvaçaxuaavxsç , ovxou xau èv- &âôs TUiQHuruv. Telle est l’acception du mot Monde, qui exprime tour à tour la terre, habitée par

SECONDE PARTIE

Mr. Rossi, dans ses Etymologiae Aegyptiacae , pense que ce mot pourrait être le dérivé de TïO mutins , multiplex; et Mr. Tattam partage cette opinion. Mais un mûr examen de ce terme équivoque fera reconnaître, quil n’est qu’une forme contractée du mot ^à-gO ( tugho ) qui, entre autres acceptions , offre celles de statuere , constituere , erigere , Jirmare.

Le mot ^Ago, contracté en ^sgo, étant absolument identique a BO, est devenu, sous cette dernière forme, (1) le mot le plus propre à désigner le monde habité , par cela même que

les hommes, et les hommes pris en masse, et le genre humain; acceptions plus particulièrement désignées par le mot Kôcrfioç.

(1) La contraction de ce genre, je veux dire, le contact des consonnes qui résulte de l’élision de la voyelle médiale forme, comme ou sait, une des conditions générales des variantes lexiques de la langue Copte ou Egyptienne. Ainsi , par exemple, gOKA\> devient gKO; gA\&ÆC devient g(k&,; et deviennent ÏÏÏÏO ,

devient devient

devient etc. et de même aussi,

''"XAgO s’est contracté en ^“XgO, que les dictionnaires nous donnent sous sa forme équivalente BO (t'ho).

rçâ^fiava dans le passage de Clément. 447

son thème signifie statuer e , constituere,

erigere, frmare. C’est ainsi que le mot xoa- /uoç désigne le monde , T univers, pour avoir signifié d’abord, disposition régulière , ordre , arrangement , etc. idées qui rentrent dans le thème xoopécj qui signifie, entre autres, disposer, arranger, ordonner, etc. De même encore, le mot ne désigne le monde, que parce

que, dans son acception radicale, il exprime les idées d'établir , de fonder , de créer , de création, de fondement, etc. sous les formes variées des mots cuüîV^, COî^x, CîTT,

etc. Ainsi le mot qui signifie

jeter ou poser les fondemens, nous ramène a l’expression biblique mvafîoXi] xoo/llov (i) rendue dans la Vulgate par constitutio mundi — dans la version slave, par cAo^eHie Mipa, proprement composition du monde — dans les versions françaises, création, et fondation du monde — idées qui, toutes, rentrent dans le mot dont la variante contractée en^go,

( tgho, t’ho ) et représentée par son équivalent BO ( t’ho ) désigne l'univers ou le monde habité.

(1) St. Pierre I. Epître I. 20. Epître, de St. Paul aux Hèbr. IE , 3. et ahbi.

SECONDE PARTIE

Ap ros avoir ramené le mot TïO à sa véritable origine, nous désignerons à l’attention de nos lecteurs la même forme BO sahidique, équivalente à ^go memphitique et signifiant dans les dictionnaires malum reddere, corrumpere, malus Jîeri; magnum malum , peslis , pernicies; malus , putridus : xœ/.oç , novtjqoç , oattqoç ; malin , méchant , pervers , impie ; pourri , corrompu.

Remarquons maintenant que ce mot ^0 , ^XgO est formé du thème go, accru du préfixe Or, le mot go est identique avec g00% et gOOO X, qui offrent les mêmes significations ; de manière que les formes ïivwo et ïDE^SgO , omises dans les dictionnaires, mais équivalentes aux formes données T\VvTgü)0’S et ITC^XgOOX memphitiques, TIVBOOO’S et TUAïOO^ sahidiques, désignent également le Monde (i) et le mal, la malignité , la méchanceté , V impiété , (2) la perversité, la corruption.

(I) Dans Yl^AïO, signifiant le Monde , le T\£ est l’article masculin; et le même mot, pris dans le sens de mal etc. peut être le produit de l'article joint à ’HSgO , le mal ; ou du préfixe UV'Av joint à gO f le mal , etc.

(1) Lejcic. Tattam, Le Psautier Copte-Arabe IX, 34.

r^àpuaia dans le passage de Clément. 449

Eu poursuivant les allégories de la légende rÆL B0, nous indiquerons enfin les variantes BOi et BO^, doublées d’après le génie de la langue égyptienne: BOY, BU)Y et BOYBOY, BO’S et BO^BO* , et dont les termes simples BOY et BO^ {l'hoï et thon) servent d’homonymes au mot BO(i)j désignant le monde et l'univers.

Le mot BO’ïsBO^ } employé dans le Lévit. XXII, 22. pour H? IP est rendu, dans le Lexicon de Mr. Peyron, par multis maculis seu puslulis uffectus esse , ce qui répond au mot [ivqjni]xid)vva des Septante, ( qu’ Hesychius explique par zà èÇavd'rjpaza, y,ai là oidiipaza, là neçi 16

— au lieu de porte &.CV&lY\C,

qui, chez les Septante, est le mot correspondant à du texte hébreu , qui signifie pervers , cou-

pable , injuste , impie.

(I) Pour prévenir les objections à l’égard de la finale du mot BO\ fJu* manque au mot BOj monde , je rappellerai d’abord que l’homonymie des mots ne consiste point dans leur identité , mais dans la similitude de leur prononciation. Aussi , la Sc. Mg. place-t-elle parmi ses homonymes, le mot ipOOO’SY à côté de \MBO%, .mm à côté de MOTS, X>\Y à côté de &.X, XVVpY à côté de XYp, $Opt à côté de CbOOp, etc.

SECONDE PARTIE

aci) fia yti’ûucva ) , et à papulas habens (le la Vulgate: on conviendra que ces leçons renferment nécessairement 1 idée de ce qui est impur et corrompu.

Le mot vtO\, qui répond au mot ma-

culosus, maculas habens, (GénèseXXX. 32. 39.), est rendu chez Mr. Peyron, par naevus, macula nigra in corpore, et BOVBOl , naevis maculatns esse. Or, l'idée d’une tache, et, qui plus est, d’une tache noire, prise dans le sens moral, équivaut bien à la souillure, ù V impureté ; et I on dit : telle action est une tache à la mémoire d’un tel. De même, le mot &,Sî\V signifie macula, omloQ, tache, souillure ; et souillé, entaché, taré, d’où (avec la négative &,^s)

K&VA , iMMACULATus, Henopo'nmu , sans tare, (Exod. XXIX, I. et Levit. XIX, 19. ) et tW^58l<SM, innocence. De même encore, le mot signifie macula, inquinamentum,

sordes, impudicitia, et sa variante ^sUOA^AL, macula, lobes , et inquinatus esse :

ï\ï\o£æ , inquinatus peccato ; et en français, la TACHE DU PECHE; plllS MACULA,

vitium , et X^XÊiUA , dtiviuoç , immaculatus, HenopoTObiii , sans tare. De même en hébreu macula, lobes, vitium, d’où fm/uoç, tache, honte, opprobre , ignominie.

r^â/LLuava dans le passage de Clément. 451

Ces rapprochemens ne laissent donc aucun doute, que les mots BOt, ^0^ n’aient signifié impur , immonde et corrompu , dans le sens physique et moral ; et quant à leur rapport au mot ’SO, monde , nous rappellerons ici le mot Vzn qui, à l’aide d’une légère nuance de ses points-voyelles, offre la même analogie que le mot T30, pris dans ses différentes acceptions, et associé aux homonymes dont nous parlons. En effet, VdFi ( lliêbel ) signifie orbis licibitatus , oiy.oviLii-vri, etbZy) (thèbèl) inquincdio , contamincdio foeda. De même en arahe, avec le mot jJù qui signifie mcili/m , foelor , on a formé l’expression yiô pi qui désigne le Monde; et de même encore le mot Monde , est formé

de qui signifie vilis, ubjeclus , impunis , ritiosus , nequam , etc. Ce sont là, comme on voit, des idées diamétralement opposées à celles du mot Koopoç qui, de même que le mot MipTb, signifie ordre et harmonie ; du mot Mundus qui exprime la pureté, V ornement; du motCirfcnrL, qui désigne le monde et la lumière.

Nous aurons occasion de revenir sur le mot BO, le Monde , considéré dans son application aux termes mystiques qui s’y rattachent, et entre autres, à l’épithète Béel Zébul , remplaçant celle de Béel Zébub.

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