Archil.. fr
sujet ; mais on peut donner, croyons-nous, une raison spécieuse de cette préférence : c'est que, si les deux premiers vers du fragment en question proviennent des Eclogae physicae de Stobée', le troisième vers figure dans un dialogue apocryphe de Platon, YErt/xias'2, dont la date est assez basse sans doute, mais qui nous a conservé tout un morceau du sophiste Prodicos de Géos. C'est même d'après Prodicos que l'auteur de YEryxias cite le vers d'Archiloque, avec la forme ôxokiç. Nous serions donc en présence d'une tradition plus ancienne que la tradition alexandrine, et par suite peut-être plus pure. Mais ce n'est là, selon nous, qu'une apparence, et voici pourquoi : nous avons lieu de croire que le vers cité isolément par Prodicos avait cours dans les écoles de philosophie ionienne, et que Prodicos l'avait emprunté, non au recueil même des poésies d'Archiloque (car il en avait singulièrement modifié le sens3), mais à un écrit plus récent, à une citation d'Heraclite d'Ephèse, lequel avait, lui aussi, rapporté et discuté le mot d'Archiloque4. Dans cette hypothèse, il est aisément explicable qu'Heraclite, répondant au poète de Paros, ait donné aux mots qu'il citait la forme de son propre dialecte; ainsi la leçon ôxoisi;, pour être fort ancienne, pourrait bien ne provenir, malgré tout, que d'une erreur.
Convient-il donc, d'après cette observation, de rétablir partout dans Archiloque la forme rèo-, au lieu de xo-? En prenant ce parti, nous aurions l'avantage de