‹ ArchiloqueChapitre 115 sur 258 · Athenae.,XIV, p. 628 a · texte numérisé non relu

Athenae.,XIV, p. 628 a

1. Hom., lliad., 11, v. 35, et la note de Bergk au fr. 77 d"Archiloque.

firmer une théorie générale, est appuyée cependant par l'auteur sur des considérations linguistiques, dont nous sommes incapable d'apprécier la valeur1. Mais, en supposant parfaite cette démonstration, il reste que cette forme prétendue ionienne a totalement disparu du dialecte ionien le plus archaïque; on n'en trouve pas trace dans les inscriptions ioniennes du vne et du vi siècle, et M. Fickest forcé de convenir qu'elle était déjà tombée en désuétude au début du vu" siècle : Archiloque a dû l'aller chercher dans un vieux fonds poétique, antérieur à ses propres essais, et que M. Fick, ne voulant pas entendre parler d'Homère, appelle la langue primitive de l'élégie. Mais c'est là une hypothèse contestable, et l'existence d'une élégie ionienne, antérieure à notre poète, n'a guère d'autre fondement que la théorie même qu'il s'agit d'édifier. C'est un cercle vicieux. En outre, pour éviter d'avoir à reconnaître l'influence épique dans ces génitifs en -oio, MM. Fick et 0. Hoffmann ont recours, ici encore, à une conjecture qui ne nous paraît pas justifiée. Ils acceptent Âkovucoi' à'vr/.::.;. comme une forme propre au dialecte ionien, parce que le dïgamma n'existe pas dans ce dialecte, et que les inscriptions n'en révèlent aucune trace3. Mais, pour la même raison, ils rejettent, au fragment 1, les mots 'EvuaXioio ïvoxtoç, qui trahissent le souvenir encore vivant du digamma. Si, comme nous le pensons, cette dernière locution vient d'Homère, tout s'explique sans peine, puisque chez Homère le mot à'var s'emploie indifféremment avec ou sans digamma; mais la théorie

i. Fick (G.), Die Sprachform der altionischen und altaltischen Lyrik (dans le tome XI 1SS6 des Beitriige zv.r Kunde der Indogermanischen Sprachen , p. 247 et suivantes.

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