Archil.. fr
3. Hippou.. fr. SS Bergk. Poetae lyrici graeci, 4° éd., t. II, p. 490).
5. Cf. Hom., Iliad.. 9, v. 639 : 2-j 8' tXaov Ivôeo &u|K$v, et 19. v. 178 :
132 II. LES POÉSIES d'aRCHILOQUE
formes épiques, il ne les a pas toutes accueillies, tant s'en faut; et cellesqu'ilaécartées étaient si usuelles dans l'épopée, si commodes aussi pour la versification, que nous devons en attribuer le rejet à une volonté consciente et réfléchie du poète. Ce n'est pas un effet du hasard que l'absence complète dans Archiloque des infinitifs en -jaev, -i&svài, des génitifs en -ao et en -awv, enfin de cette particule •/.£, si alerte et si vive dans Homère, si bonne pour remplacer laparticule ôv ou pour se glisser à côté d'elle, voire même pour se répéter plusieurs fois dans la même phrase. Telle autre alliance de mots, 8s re, fréquente dans Homère, n'apparaît pas une fois dans Archiloque, et tout cela prouve bien la nouveauté, l'originalité du dialecte écrit par le poète de Paros. En inaugurant une poésie nouvelle, dont nous allons maintenant étudier la forme métrique, il a voulu se distinguer, par sa langue même, des aèdes épiques, ses devanciers ; il ne les a ni ignorés ni méconnus; il leur a emprunté çà et là quelques formes ; mais, avant tout, il a écrit dans une langue toute voisine du langage vivant de ses concitoyens, dans un dialecte sinon pur de tout alliage, du moins proprement ionien au fond, et certainement aussi, à bien des égards, parien.