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LA MÉTRIQUE

C'est aune innovation métrique, d'ailleurs imparfaitement définie, qu'Archiloque doit la plus grande part de sa renommée : il passe pour le « créateur de l'iambe » . Ce titre de gloire, qui le désigne à la fois comme le

MÈTRES DACTYLIQUES 133

créateur d'un genre littéraire et comme l'inventeur d'un mètre, ne représente pourtant qu'une partie de son rôle et de son mérite dans l'histoire de la poésie grecque. Ce n'est pas seulement un mètre nouveau qu'Archiloque a introduit dans la littérature, c'est la combinaison de plusieurs mètres; c'est la construction d'une unité métrique, qui, réunissant des membres de rythme différent, offre déjà les caractères propres de la strophe. Ainsi, même sans parler du fond des idées, Archiloque nous apparaît déjà dans l'étude de sa métrique, comme l'initiateur, disons mieux, le fondateur de la poésie lyrique chez les Grecs.

Voilà ce qu'il nous faut maintenant démontrer dans le détail.

| i. — MÈTRES DACTYLIQUES. — LE DISTIQUE ÉLÉpiAQUE. — TRIPODIE ET TÉTRAPODIE DACTYLIQUES.

Archiloque se sépare nettement de tous les poètes ses prédécesseurs, en renonçant au vers épique, ou du moins à l'emploi qu'avaient fait de ce vers, pendant plusieurs siècles, les représentants de la poésie narrative et didactique. Si Théocrite vante l'adresse de notre poète à composer des e-sa, en même temps qu'à chanter en s'accompagnant de la lyre1, l'expression ïr.iy. désigne, par opposition aux poésies proprement chantées, celles qui comportaient seulement un accompagnement musical de flûte ou de cithare, comme les vers élégiaquesou iambiques : on sait que, dans la langue de la critique littéraire, chez Aristophane par exemple2, le mot&scij

1. Theocrit., Epigr. 21. — Voir le texte de cette épigramme ci-dessus, p. 103.

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