Etym. Magn., 152, 50,57, et
138 II. LES POÉSIES D ARCIIlLOQUi:
En résumé, Archiloque, et non Callinos, est bien pour nous le plus ancien représentant de la poésie élégiaque ; niais il n'a pas lui-même créé le mètre de l'éléffie; et c'est, au contraire, l'existence de ce rythme qui l'a mis sur la voie de nouvelles combinaisons métriques.
Deux combinaisons, fort voisines du distique élégiaque, lui sont expressément attribuées par la critique des anciens : c'est la réunion, en un distique, de l'hexamètre dactylique avec la tripodie dactylique catalectique et avec la tétrapodie dactylique acatalectique1. De la première il ne subsiste aucun exemple grec ; seul, Horace, l'imitateur des mètres d'Archiloque, nous en donne un spécimen :
Diffugere nives, redeunt jam gramina campis Avboribusque comae 2.
La seconde ne se présente également sous sa forme complète que dans Horace3; mais c'est à une strophe de ce genre qu'appartient sans doute la tétrapodie dactylique citée par Héphestion, et empruntée aux épodes d'Archiloque :
epaivôuevov xaxov oïxa8' SyscOai *.
Dans cette épode comme dans l'élégie, le poète tirait un effet nouveau, non d'une différence de rythme, mais de l'inégalité des membres (xûX«) réunis dans une même unité slrophique.
1. Rossbach et Westphal, Griechische Metrik, 3» édit. (1889), p. 85-8G.