Stob., Flor., CX
14 I. QUESTIONS CHROINOI.OGIQUES ET BIOGRAPHIQUES
exclut toute chance d'erreur1. Mais c'est justement parce que le sens général du morceau nous est donné par Aristote avec 1 indication de certaines circonstances particulières, que nous ne pouvons pas l'interpréter à notre gré. Si nous possédions le texte seul de Stobée, nous aurions le droit de croire qu'Archiloque, en présence d'un phénomène qui avait effrayé la foule, avait voulu ranimer le courage de ses compagnons d'armes ou de ses compatriotes. Dans cette hypothèse, l'éclipsé même étant l'occasion de la pièce, il nous serait impossible de ne pas conclure que le poète et ses auditeurs en avaient été ensemble les témoins. Mais tout autre est la situation : Aristote dit expressément que ce morceau contenait un blâme, et que, par une sorte de figure de rhétorique, le poète, pour ne pas faire entendre directement ce 'blâme, le mettait dans la bouche d'un père parlant, non pas à sa fille, mais au sujet de sa fille (~tp\ ty;ç Ouyatpîç). Voilà des circonstances nettement formulées, qui sans doute ne nous éclairent pas assez sur l'interprétation du fragment, mais qui suffisent à établir que l'idée de l'éclipsé n'a pas été déterminante dans la pensée d'Archiloque, qu'elle s'est présentée a son esprit comme un exemple des surprises que les dieux réservent parfois à l'homme. Dès lors, cet exemple peut avoir été choisi dans une expérience déjà ancienne, peut-être même traditionnelle, ou dans des souvenirs plus récents, mais qui se rattachaient à un événement dont le poète lui-même n'avait pas été le témoin oculaire. N'avait-on pas
1. Aristote en cite le premier vers dans le passage suivant, Rhet., III, 17 : Kxi toç 'Ap-/f/.o/i; ùéysi ' tcoiec yàp tov rca-repa XÉfovTa rapt r%
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