Arc'hil., fr
(— u -), n'apparaît pas dans nos fragments, et Plutarque, dans le même traité, nous apprend qu'Héraelide du Pont, sur l'autorité de Glaucos de Rhégion, refusait à Archiloque la connaissance de cette mesure1. Mais, plutôt que de prêter à Plutarque une contradiction aussi grave, et de supposer dans l'un des deux passages une erreur grossière, il vaut mieux attribuer ici au mot y.pr-w.z; la valeur que lui donnait précisément Aristoxène, celle d'un ditrochée (— u — u ou — w - a2). Or le ditrochée, sous la forme d'une tétrapodie brachycatalectique (—« — «—.— »), constitue le mètre ithyphallique, fréquent dans les fragments d'Archiloque. L'auteur suivi par Plutarque n'a donc commis, ici encore, aucune erreur.
La question du prosodiaque est plus embarrassante, parce que ce mot s'applique à des combinaisons diverses, dont la scansion demeure incertaine. Toutefois la forme la plus commune est celle que présente ce vers de Sappho :
aj'rx 'À aJ Ka/.À'.ona3,
dans laquelle la première longue peut être remplacée par une brève :
rôv E/./.àoo: àyaôéaç '.
Or cette forme existe dans Archiloque, non pas seule, mais associée à un xôXcv de rythme double (dimètre iambique ou trochaïque), comme dans ce vers:
'EpaattoviSï] \i.y.~/.7.î, xpjj(tec toi ^i'ao'.o'/.
1. Plut., De Musica, 10 (§99 de l'édition Weil-Reinach). i. Sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, dans le commentaire de ce passage, nous adoptons les savantes conclusions de M. Th. Reinach.