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L ACCOMPAGNEMENT MUSICAL

différence devrait paraître assez claire, ce semble; mais la mention d'un accompagnement musical a fait croire à Godefroy Hermann qu'il s'agissait, par opposition à un chant véritable, régulièrement rythmé, d'un « récitatif » proprement dit, c'est-à-dire encore d'un chant,, mais d'un chant dégagé de toute mesure fixe'. Westphal, au contraire, a soutenu que la ïcapaxaTaXo-^ correspondait à ce que nous appelons aujourd'hui le débit ou la déclamation « mélodramatique »'2 : par une convention analogue à celle qui se produit encore quelquefois de nos jours, la parole de l'acteur ou du poète se donnait librement carrière, soutenue seulement parles accords et les accents d'un instrument de musique. M. Zielinski3, approuvé d'ailleurs par M. 0. Crusius4, a cru devoir revenir à l'explication de G. Hermann. Sonargumentation se fonde avant tout sur la raison suivante : il prétend découvrir dans les textes le nom que les anciens donnaient à l'accompagnement mélodramatique, et, comme ce nom diffère de ~xpr/.y-y~Kzyrn il en conclut que ce dernier mot désignait en réalité autre chose. Hésychius donne, en effet, cette définition : jta-aXcy^j to -y. y.z\j.y-.y. \j.rt îwcb \).ï/.v. "kéyew. « Débiter des morceaux de chant (acr^axa) sans tenir compte de la mélodie {[xrt j-b péXei) », voilà le sens qu'Hésychius donne au mot y.y-xho^r,, et c'est en quoi M. Zielinski reconnaît le débit « mélodramatique ». Mais, pour admettre cette interprétation, il faut supposer dans Hésychius l'omission d'un détail essentiel, qui est

1. Hermann (G.), Elem. doclr. metr., p. 151 : Epit. dactr. metr., I 53, l 268.

2. Westphal, Griechische Rythmik, 3e édit., p. 55 et suiv. — Griecltische Musik, 3e édit., p. 32 et suivantes.

3. Zielinski, Die Gliederung der altattischen Komôdie, p. 313.

4. Crusius (0.), art. Archilochos, dans Pauly-Wissowa, Real-Encyclopaedie, t. II, p. 502.

160 II. LES POÉSIES d'aRCHILOQLE

l'accompagnement musical. Or cette omission est d'autant moins vraisemblable que le mot xa-aXoY^,par luimême, n'implique en aucune façon l'idée d'un accompagnement. KaTaXéysiv, c'est « débiter » en général, et, si on ajoute à ce verbe les mots r.pïq xcv aiXév1 ou r.zpx tyjv xpcumv, c'est « débiter avec un accompagnement de musique», autrement dit, c'est exécuter une « zapor/.a- -ocLoyr, ». La signification du mot r><xpxy.<z-(x\z~rq est donc conforme à l'étymologie : ce n'est pas un chant, puisque le verbe y.aTaXéysr.v exclut précisément cette idée (;rr, ô-l jjisXsi); mais c'est un débit accompagné de musique (r.xpâ), comme le dit Plutarque ?, et comme l'entend Westpbal. Quant au « récitatif», on ne sait s'il était en usage dans l'exécution des vers d'Archiloque ; mais si la réponse à cette question devait être affirmative, nous dirions que, chez Plutarque, ce mode d'exécution était compris, non sans raison, dans la catégorie générale des chants {-t. ce aSecôat).

La même distinction que fait Plutarque entre le chant et l'accompagnement mélodramatique des iambes reparaît dans un auteur dont la source semble être aussi Aristoxène. Le Délien Phillis, dans son second livre sur la Musique, énumérant les différentes sortes d'instruments à cordes, nous apprend qu'on appelait layijy.Y) l'instrument destiné à l'accompagnement des iambes chantés, et vXvbiz\j.6c: celui qui servait à la r.ocpav.aza/^rr, : ïy clç ce TCap[axa*c]sXoYt'ÇoVTO Sx ht -zïz \j.i~poiq '/~hvbii.\j.r6zuzÀ. La correction que nous indiquons dans ce texte par des crochets, et qui est due à G. Hermann, nous semble

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