‹ ArchiloqueChapitre 143 sur 258 · Athenae., XIV, p. 63G b · texte numérisé non relu

Athenae., XIV, p. 63G b

l'accompagnement musical 161

nécessaire, bien que Kaibel ne Tait pas introduite dans son édition d'Athénée : le verbe lapeXoriÇovcâ n'aurait aucun sens.

La dernière phrase de Plutarque, avons-nous dit, se rapporte, non plus seulement aux iambes, mais à tous les mètres et à tous les rythmes. L'accompagnement divergent, à l'aigu du chant, est conforme à l'usage de la musique grecque !, et l'expression lhco -rtv onor.v appartient à la terminologie la plus ancienne, d'après laquelle, comme dans le jeu de la lyre, les notes les plus aiguës sont dites les plus « basses » (ûtcotyjv Jh§tqv), tandis que les plus « hautes » (j-£p) sont celles que nous appelons les plus « graves ». La justesse de ces termes ajoute à la valeur du témoignage de Plutarque, et Archiloque nous apparaît une fois de plus comme un novateur, comme le créateur de l'accompagnement hétérophone, c'est-à-dire d'un mode d'exécution qui ne pénétra jamais chez les Grecs dans la musique vocale, mais qui se développa dans la musique concertante de flûte et de cithare.

L'origine de cette invention dérive de l'usage qu'avait fait Archiloque de la flûte, en particulier de la flûte double, instrument à deux tuyaux, dont l'un servait à l'exécution de la mélodie, l'autre à l'accompagnement2. Ainsi se marque, par un progrès décisif, l'influence de laflûtesur le développementde la musique grecque. Archiloque a connu et pratiqué le jeu delà cithare (icpbç XipavT aefôetv, dit Théocrite) ; mais ce quelui-mèmeil se vante surtout de savoir faire, c'est de chanter au son delà

1. Voir les textes recueillis par M. Th. Reinach (g 285 de l'édition Weil-Reinach), et le commentaire qu'il en a donné.

2. Plut., De musica, 19, et la note de M. Th. Reinach (g 173) sur la Qùte à deux tuyaux.

162 II. — LES POÉSIES d'aRCHILOQIE

flûte, à'co)vJ-'aJA-r;TY;p:;1, t't encore aj-rbç irscpywv TCpsçaùXbv Aéscicv -aiVjova 2. Grâce à la flûte, les sons tenus et prolongés prirent chaque jour plus d'importance dans la musique vocale et dans la poésie chantée : de là découlèrent tous les progrès ultérieurs du lyrisme. Ainsi les innovations métriques d'Archiloque tiennent étroitement aux transformations simultanées de la musique ; mais les unes et les autres s'expliquent par le génie du poète qui sut trouver de nouvelles formes pour l'expression d'une inspiration nouvelle.

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