Juba, ibid., p. 5(i
3. Crusius (0.), art. Archilochos, dans Pauly-Wissowa, Real-Encyclopaedie, t. II, p. 489.
ramener à sa juste valeur, contient une indication qui intéresse la chronologie d'Archiloque, -/.a-à tgv ab-tày •/pivcv Y£v;^.£vcç : cette donnée vient-elle effectivement de l'historien du Ve siècle ? ou ne serait-elle pas due à une interpolation ? Condamnée au siècle dernier par Wesseling, cette phrase figure entre crochets dans presque toutes les éditions modernes d'Hérodote ; mais elle a trouvé de nos jours des défenseurs : MM. E. Rohde l et 0. Crusius- rejettent l'hypothèse d'une interpolation. Le malheur est que ces savants, et en particulier Rohde, ont édifié sur ce texte douteux leur critique des données chronologiques anciennes relatives à Archiloque : raison de plus pour que nous examinions de près la phrase incriminée.
M. 0. Crusius la défend par un argument unique, la citation du grammairien Juba. Mais cet argument, valable pour établir que la phrase existait dans Hérodote au m0 siècle de notre ère, ne suffit pas à en prouver l'authenticité : une interpolation a pu se produire avant cette date, dans le cours de sept ou huit siècles, et se glisser ainsi dans tous les textes ultérieurs. Cette interpolation est-elle probable ? Contre cette hypothèse, un éditeur d'Hérodote, Bàhr, a fait valoir une raison qui ne laisse pas que d'être d'abord séduisante : c'est que, après les mots eV/î xat t»jv yyvar/.a xal tyjv faGCkrw rjyY)ç, la reprise des mêmes expressions (sV/e Se ty;v gauiAr/^v...), à la suite du membre de phrase suspect, se justifie seulement par la présence d'une sorte
1. Rohde (E.), réyovî in den Biof/mphica des Suidas, article publié en 1878 dans le Rfiein. Mus., t. XXXI11, p. 161, sqq., et réédité en 1901 dans les Kleine Schriften, t. 1, p. 114, sqq. Dans cette seconde édition, le passage relatif à la chronologie d'Archiloque s'étend de la page 149 à la page 154.