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Crusius (0.), art. cité, p

ARCHILOQLE ET GYGÈS 19

de parenthèse. Mais, si notre sentiment moderne, si notre logique même semble exiger en effet une proposition intermédiaire, comment expliquer les nombreux passages où, sans contestation possible, le texte d'Hérodote présente des répétitions du même genre sans la moindre parenthèse ? Ne serait-ce pas que l'écrivain ionien avait à cet égard d'autres habitudes d'esprit que nous-mêmes, d'autres procédés de style? Or ces exemples ne laissent place à aucun doute, et l'éditeur Stein en a recueilli un si grand nombre ' qu'il faut bien y voir l'application d'une sorte de règle : il y a là une tournure qu'affecte le chroniqueur, parce qu'elle répond à la marche encore un peu naïve de sa pensée. « Les Perses, dit-il quelque part2, après avoir franchi l'Heilespont, marchaient à travers l'Europe, et ils marchaient contre Erétrie et Athènes. » « Ariston de Sparte épouse une troisième femme, et il l'épouse de la façon suivante3. » C'est une répétition analogue qu'offre la phrase relative à Gygès, si nous en supprimons l'allusion à Archiloque : « Après avoir tué Candaule, Gygès eut à la fois la femme du roi et la royauté; il eut la royauté et fut confirmé dans ce pouvoir par l'oracle de Delphes. » Ainsi le membre de phrase que Bahr jugeait indispensable peut être sans inconvénient supprimé ; mais ce n'est pas une raison encore pour le condamner. Une raison plus positive consiste à remarquer que la locution èv -piy.é-pM ;.x;j.6w n'appartient pas à la langue de notre auteur : dans le même livre 4, Hérodote désigne un vers iambique par les mots èv xpijjtiTpw

1. Herod., I, 64, l. 10 (édition classique avec notes en allemand).

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