‹ ArchiloqueChapitre 171 sur 258 · Arehil., fr. G · texte numérisé non relu

Arehil., fr. G

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Au vers 2. nous avons adopté la correction indiquée en note par Bergk, au lieu de la leçon èvâSeu, qui n"a pas de sens.

o. Plut., De aud.poet., 12.

tanée et toute réaliste de la vie, le prépare bien à s'emporter d'autant plus contre les hommes, qu'il ne songe pas même à incriminer les dieux.

Avec de tels sentiments, l'idée de la mort ne peut guère prendre d'autre forme que celle-ci : ce terme fatal, inévitable, il faut le plus possible en retarder la venue ; si la lâcheté n'est pas le moyen de rencontrer le bonheur1, une fausse honte seule nous fait affronter un danger inutile. « Mon bouclier, s'écrie Archiloque2, je l'ai, bien malgré moi, laissé dans un buisson, et quelque Saïen se pare maintenant de ma belle arme ! Mais moi, j'aiévité la mort ! Tant pis pour mon ancien bouclier ! J'en aurai un neuf qui le vaudra bien! » Le soldat qui se console aussi aisément n'a pas connu les lois de Sparte, les préceptes sévères d'une discipline qui attache au devoir militaire un sentiment imprescriptible, l'honneur. Mais c'est un brave, que la lutte ne lasse jamais, qui se console d'un malheur passé, ou d'une faute, par l'espoir d'un meilleur avenir : bien d'autres se sont trompés comme lui3.

C'est donc à tort qu'on a voulu excuser par de spécieuses raisons cette prétendue insouciance du poète : un mercenaire, a-t-on dit, n'embrasse que par intérêt, et à contré-cœur, une cause qui n'est pas la sienne.

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