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LE PATRIOTISME d'aRCHILOQUE 187
Nous avons interprété autrement la conduite d'Archiloque ', et les mêmes vers qui nous l'ont montré bataillant à Thasos et en Thrace attestent, avec son humeur guerrière, son attachement durable aux destinées de sa patrie. Mais ce patriotisme est celui d'un Ionien du vne siècle, jeté par les circonstances dans une vie d'aventures. De sa ville natale elle-même, de Paros, je ne sache pas qu'il ait jamais médit ; il l'appelait quelque part une cité. rcaXiç2, et il n'y renia jamais sans doute son titre de citoyen, puisqu'il y reçut après sa mort des honneurs exceptionnels. Un seul fragment semble associer au nom de celte ville le souvenir d'une existence misérable3; mais ce vers évoque surtout l'appel qu'entendit Archiloque quand il alla chercher fortune à Thasos. A cette seconde patrie, exposée aux attaques des Thraces et des colons grecs du voisinage, le poète consacra toute son activité; ses iambes, ses. tétramètres surtout, portent la trace des batailles livrées pour elle, des péripéties, des misères d'une guerre longue et difficile. Il voit venir avec inquiétude l'orage qui gronde à l'horizon 4 ; mais son appréhension n'a rien d'égoïste ; c'est pour Thasos qu'il craint5, pour l'île trois fois malheureuse'5, menacée comme Tantale d'un danger qui l'opprime7. Avec sa franchise habi-