Cf. ci-dessus, p. .'JS et suiv
à nos yeux, des fragments de notre poète, et le seul texte formel qui lui prête une participation directe à des luttes « politiques » s'appuie si évidemment sur le distique fameux où il se proclame le servant d'Enyalios, qu'une correction s'impose irrésistiblement à notre esprit (-cXs|j.r/.ô)v àfwviov au lieu de tco>»itixS>v) *. Aussi bien les tendances aristocratiques d'Archiloque, s'il s'en trouve quelques traces dans ses poèmes, tiennent-elles sans doute à l'atmosphère où il avait vécu : son idéal guerrier, par exemple, et cette admiration qu'il professe pour les Abantes de l'Eubée répondent bien aux mœurs de son temps. Mais, dans ce sens même, il ne faut pas exagérer, et c'est par une interprétation abusive des mots qu'on a voulu voir dans le nom d'un de ses adversaires un sobriquet démocratique 2 : si le nom de Léophilos trahit un démagogue, et si, d'après la môme méthode, l'ami du poète, Périclès, appartient au contraire à une famille illustre de l'aristocratie, pourquoi ne chercherions-nous pas aussi dans le nom d'Archiloque une signification du même genre? A vrai dire, une des attaques les plus claires que nous trouvions dirigées contre un homme public paraît bien viser un aristocrate : « Je n'aime pas un général fier de sa haute taille et qui marche d'un pas relevé, un élégant à la
i. Athenae., XIV, p. 627 c : 'Ap^D.o^o; ovjv àya6bc ûv tcou]T7)Ç 7ipGàTov ly.x-jy^TOL-o 70 S-jvaTÔai [j.E.-éyj.v/ tûv noXiTixâv àywvwv, BeuTEpov 8' èfxvr,gHt^ Tfov 7i£pi tt|V 7totirjTtXT|V •JTcapyôvTwv a-JTfj), Xéywv ■ Eljxi S' èfia ô=pà- 7rwv ... (Archil., fr. 1). La correction tcoXejuxSv, au lieu de 7tokiriy.&y, proposée par M. Piccolomini [Hermès, t. XVIII (1883), p. 270] est excellente. M. H. Jurenka l'approuve (Archilochos von Paros, p. 5. n. 1), bien qu'elle aille à rencontre de la thèse qui fait d'Archiloque un homme politique.