‹ ArchiloqueChapitre 176 sur 258 · LES IDÉES POLITIQUES D ARCUILOQUE · texte numérisé non relu

LES IDÉES POLITIQUES D ARCUILOQUE

moustache rasée, aux boucles abondantes '. » A qui ressemble ce portrait, sinon aux nobles de Samos qu'a décrits le vieux poète Asios, et « dont les boucles bien peignées llottaient au vent2», ou encore à ces chefs des grandes familles de Colophon que Xénophane a dépeints en des vers célèbres : « Ils se rendaient à l'agora, vêtus de pourpre, au nombre de plus de mille, tout fiers de leurs gracieuses chevelures, couverts des parfums les plus délicats3 ? » Et si Archiloque repousse cette élégance de parade, il semble bien donner la définition d'un chef populaire, quand il ajoute : « Il me faut un général petit, trapu, aux jambes arquées, solide sur sa base, et plein de cœur4 !» Mais, en réalité, ce n'est pas un démocrate qu'il a décrit en ces termes, c'est un vrai soldat, ni plus, ni moins, un bon général dans toute l'acception du mot, et voilà, si je ne me trompe, toute la politique d'Archiloque. Si donc il ne. partage pas les préjugés et les modes de l'aristocratie, il n'a pas davantage les sentiments d'un révolté, d'un ennemi de l'ordre établi; ses adversaires ont pu appartenir à toutes les classes de la société; aucune de ces satires ne tend à rendre les institutions ou les lois responsables de ses mécomptes ou de ses déceptions : la satire qu'il a répandue à profusion dans ses vers n'a aucun caractère politique ou social; elle est avant tout personnelle.

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