‹ ArchiloqueChapitre 189 sur 258 · Aristot., Rhet., II · texte numérisé non relu

Aristot., Rhet., II

•i04 III. — LES IDÉES ET LES MŒURS

coupables, $kaafrly.ia v.x-x tûv âi&apTavovTUV1 . Et Démoslliène permet de mesurer la distance qui sépare la (5Xa<j?ï}(i,ia du mensonge, lorsqu'il dit de lui-même : cicov/.x \j.rt pXdKjçiQjJwv pèv ehueîv, àXï)6èç c£, ce qui pourrait se traduire ainsi : « Je crains de vous dire une vérité dure à entendre, mais une vérité2. »

La grossièreté du langage, oàaypGKzyix ou aîtr/pcppr^.ccrjvvj, est un autre caractère de la poésie iambique, que relèvent à l'envi les critiques anciens : Elien s'accorde sur ce point avec Clément d'Alexandrie 3 et avec Eusèbe4. C'est aussi le même dévergondage de paroles que vise le mot ày.oXaaia, plusieurs fois employé par Plutarque 5. Mais, tandis que certains auteurs notent cette licence effrénée comme un trait propre au genre cultivé par Archiloque, d'autres l'attribuent au poète lui-même, à son esprit et à ses mœurs « impudiques et impures » (àccAyèç %al ày.âôap-sv) G.

Les poètes, et en particulier les faiseurs d'épigrammes renchérissent encore sur la sévérité de ces jugements. La piqûre de la guêpe ne suflit pas à peindre le venin que distille la langue d'Archiloque ; il faut y joindre la morsure du chien enragé. Et cette double image, due à Callimaque7, reparaît, sous des formes diverses, dans les épigrammes composées pour le tombeau du poète ou de ses victimes : l'insolence, la rage, le cynisme,

1. Platon., De comoedia grae.ca, 14 (p. 6 de l'édition Kaibel, Comicorum Graecorum fragmenta, vol. I, fasc. 1). Berlin, 1899.

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