LES PEINTURES SATIRIQUES DANS H031ÈRE
que tu m'as fait, aussi vrai que rien au monde n'écartera de ta tète les chiens dévorants ! » Jamais la vengeance et la haine ne sVxprimeront, dans Archiloque même, en un langage plus violent et plus effréné.
Ce sont là propos d'ennemis irréconciliables : plus mordante peut-être, plus sarcastique, est la raillerie qui éclate dans des querelles de famille ou de ménage. Paris, le beau Paris, n'échappe pas plus aux reproches amers de son frère Hector qu'aux outrages de Diomède. Quand il s'enfuit à la vue de Ménélas, c'est Hectorqui invente contre lui ce sobriquet pittoresque et ces épithètes ironiques ' : « Paris de malheur (Aûcicapi), toi le plus beau, le plus efféminé des hommes, vil séducteur!... Tu n'as dans le cœur ni force ni courage?... Tu n'oses pas tenir tête au vaillant Ménélas? Tu sais bien que, si tu l'affrontais, tu apprendrais vite quel est l'homme de qui tu as pris la femme. A quoi te serviraient ta cithare et les présents d'Aphrodite, ta chevelure et ta beauté, quand tu serais gisant dans la poussière? » Diomède, atteint par la flèche du même Paris, lui reproche aussi sa lâcheté, ses mœurs efféminées2 : « Archer méprisable, lier de ta chevelure3, toi qui guettes impudemment les filles..., je m'inquiète aussi peu de tes coups que si j'eusse été frappé par une femme ou par un faible enfant! » Ces heureuses inventions de mots composés, ces alliances et ces accumulations d'épithètes variées, voilà bien les procédés satiriques qu'Archiloque a su emprunter à Homère, et