LES PEINTURES SATIRIQUES DANS HOMÈRE
lerie : elles visent a faire rire l'assistance1, et c'est à la fois contre ces insultes et contre les coups que Télémaque protège son père2. A la cour même d'Alcinoos, le héros entend, de la bouche des jeunes Phéaciens. des propos qui le piquent au vif ; il leur reproche leurs moqueries,
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auxquelles succèdent bientôt des attaques plus directes encore4.
Mais des mots, des apostrophes, des provocations ironiques ne sont que des traits épars dans Homère, et l'on a pu dire, non sans raison, que l'auteur de l'Odyssée, dans la seconde moitié du poème, avait manqué de force satirique : la figure des prétendants, entre autres, ne se détache pas toujours en un relief assez ferme5. Deux peintures cependant, d'un dessin plus achevé et d'une couleur plus haute, semblent déjà tout à fait dignes de la verve d'Archiloque : c'est dans Ylliade le portrait de Thersite, et celui du mendiant Iros dans YOdyssée.
Thersite nous appartient à un double titre : orateur populaire et railleur infatigable, il représente bien dans la société homérique cet esprit de satire et de dénigrement qui animera la poésie iambique; et,